‹ Prodrome de géologieChapitre 54 sur 170 · HOUILLE FORMÉE SUR PLACE ET NON PAR CHARRIAGE · texte numérisé non relu

HOUILLE FORMÉE SUR PLACE ET NON PAR CHARRIAGE

une couche de houille épaisse d'.un mètre supposerait un radeau de 6^^,16 d'épaisseur; une couche de houille de 2 mètres supposerait un radeau de IT'^.SS; une couche de houille de 30 mètres supposerait un radeau de 263 mètres. Il faut, en outre, remarquer que la houille provient de végétaux d'une faible densité, et, pour tenir compte de cette différence, il faudrait tripler les épaisseurs, et supposer des radeaux de 26,52, et 788 mètres, ce qui dépasse les limitas du possible. D

On pourrait supposer que le transport des arbres a eu lieu d'uRe manière lente et continue, ainsi que cela se passe à Tembouchure du Mississigi. Mais comment concilier une pareille hypothèse avec la stratification régulière des bancs de houille qui s'étendent sur des surfaces de plusieurs lieues sans varier d'épaisseur? Ck)mment admettre que les courants qui auraient transporté les radeaux n'auraient pas en même temps charrié du sable et du limon pour les déposer pêle-mêle avec les débris de végétaux, et, dans ce cas, comment expliquer la pureté de la houille ? Si les arbres ainsi transportés ont été reçus dans des eaux douces ou salées, comment se fait-il que les strates avec lesquelles le combustible alterne, soient généralement dépourvues de fossiles ? Toutes ces objections rendent inadmissible l'hypothèse d'une formation de la houille par voie de charriage. Le lecteur aura d'autant mois de peine à rejeter cette hypothèse qu'il existe, pour expliquer l'origine de la houille, une théorie que je vais développer ; cette théorie, que des idées récemment émises nous mettent à même d'exposer d'une manière complète, est basée sur l'assimilation des houillères aux tourbières actuelles.

La houille s'est donc formée sur place. Mais la présence de l'eau est une condition essentielle pour qu'il y ait production

de combustible. D'un autre côté, cette eau n'a pu être celle de Focéan puisque les arbres qui ont constitué la houille n'appartenaient certainement pas à une végétation sous marine. Par conséquent, la houille, de même que la tourbe, n'a pu se former que dans les lacs peu profonds ou dans des dépressions marécageuses.

▼«fétatton de u période feouuière. — La flore de la période houillère ne possédait aucune dicotylédonée angiosperme et ne comprenait qu'un nombre insignifiant de monocotylédonées. Quelques unes des formes végétales dont elle se composait appartenaient à la famille des conifères ; c'étaient surtout des Walchia qui, par leur port et leur aspect général, devaient se rapprocher beaucoup des Araucaria de l'époque actuelle , et surtout des Araucaria excelsa et Cunninghami , qui croissent l'un dans l'île de Norfolk, et Tautre en Australie. Aux conifères se mêlaient quelques Nœggeratkia, plantes dont les affinités sont douteuses, mais qui, d'après M. Ad. Brongniart, paraissent participer des conifères et des cycadées.

Les arbi'es, qui constituaient avec ces conifères les forêts de la période houillère, étaient tous des cryptogames que leurs caractères permettent de ranger dans une des trois familles des fougères, des équisétacées et des lycopodiacées, encore représentées à la surface du globe, quoique ayant bien perdu de leur ancienne importance.

ipottttrM- — Les Fougères, qui forment une famille si naturelle, jouaient un rôle très important dans la flore de la période houillère ; elles avaient dès lors les caractères organographiques que nous leur reconnaissons aujourd'hui.

Les fougères se montrent surtout très abondantes et très

ÉQUISÉTACÉES; CALAMITES. il!

Tariées sous les tropiques^ et c'est daos la zone intertropicale que se trouvent celles qui sont arborescentes; les plus grandes espèces sont les Alsophila des Indes Orientales et de Tile Bourbon qui ont jusqu'à 15 et 20 mètres de haut; quelques fougères en arbre croissetit dans la terre de Diémen et la Nouvelle Zélande. Les fougères aiment les lieux humides, frais et ombragés ; les climats insulaires leur sont surtout très favorables. La tige des fougères donne naissance à un grand nombre de racines adventives qui^ dans les espèces arborescentes, naissent jusqu'à trois et quatre mètres de hauteur, et forment une masse conique Qbrilleuse. Les feuilles, dans ces fougères en arbres, constituent, en général, des séries longitudinales très régulières, ou quelquefois des verticilles assez espacés; elles ont des pétioles arrondis ou elliptiques à leur base et laissent, après leur chute, des cicatrices de celte même forme. Quoique dépourvues de bourgeons axillaires, les fougères peuvent quelquefois se ramifier, mais seulement par bifurcation ou dédoublement de leur bourgeon terminal. Les organes reproducteurs des fougères sont renfermés dans des capsules placées au dessous des feuilles.

■laitéiacéc»; caunitM. — Les Equisétocées , vulgairement appelées />r^/e5 ou queues de cheval (equus, cheval; seta, soie) , croissent dans les marais ou sur les sols humides et argileux. Leur tige est cylindrique, striée longitudinalement, creuse, formée d'articles munis, à leur point de jonction, d'une gaine membraneuse, dentée, qui parait être le rudiment des feuilles. Les rameaux, toujours verticilles, prennent naissance à la base des gaines et présentent la même structure que la tige. Les organes reproducteurs sont disposés en cercle au dessus d'écaillés qui forment un épi terminal. Les équisétacées

ne comprennent actuellement que le seul genre Equisetum^ qui existait déjà lors de la période houillère et qui se montre, à divers intervalles, dans la série des terrains. VEquisettim infundibuliforme était beaucoup plus grand qu'aucune des équisétacées actuelles; pourtant, VEquisettim gigantetan, espèce de l'Amérique du sud, atteint environ 1°*,50 et, d'après Meyer, YEquisetum Bogotense s'élève à 4 ou 6 mètres.

Sous le nom de Calamités [calamus, roseau) , on a désigné depuis longtemps des tiges qui se rencontrent très fréquemment dans le terrain houiller et qu'on avait anciennement considérées comme de grands roseaux ou bambous. C'étaient des arbres à lige cylindrique ou à peu près creuse, articulée, à articles fermés par un diaphragme se dénotant au dehors par des anneaux transversaux; cette tige était régulièrement sillonnée dans le sens de la longueur, et ces sillons se continuaient à travers les articulations ou alternaient entre eux. Ces tiges s'atténuaient vers leur base, les feuilles étaient verticillées et réunies pour former une gaîne cylindrique ou étalée, plus ou moins profondément dentée; quelquefois ces feuilles étaient nulles et remplacées par des tubercules que l'on a considérés comme des feuilles très caduques ou rudimcnlaires.

La surface extérieure des calamités est quelquefois constituée par une couche de charbon très mince qui suit toutes les modifications de forme du noyau argileux ou arénacé sur lequel elle est appliquée ; dans ce cas, les caractères de la plante sont à peu près les mêmes soit lorsqu'elle est dans son état d'intégrité et pourvue de son écorce, soit lorsqu'elle ne présente plus que le moule ou noyau intérieur. Dans d'autres cas , au contraire, l'écorce n'offre plus à l'extérieur les mêmes formes que le noyau qu'elle recouvre ; elle est quelquefois parfaitement lisse ou à peine marquée de quelques légères ondulations, et

ÉQDI8ÉTACÉES ; CALAMITES. 479

n'offre aucune trace d'articulation^ tandis que le noyau ^ qui nous représente la portion intérieure de la tige détruite et sur laquelle était appliquée Técorce charbonnée , montre des arti* culations très nettes et des sillons longitudinaux plus ou moins r^uliers. Les tiges, ayant les caractères qui i^iennent d'être signalés^ ont été désignées sous le nom de Calamitea ; mais plusieurs savants ont pensé que ces calamitea n'étaient rien autre chose que Taxe ligneux intérieur de certaines espèces de calamités^ axe ligneux qui ^ dans les équisétacées herbacées actuelles^ est réduit à de petits faisceaux vasculaires. Cette opinion a été mise hors de doute par la découverte de divers échantillons et notamment par celle d'un fragment montrant à rintéricur une calamitea et à l'extérieur un autre cylindre vertical^ cannelé sur sa surface externe^ de sorte que^ dans la même tige^ deux calamités s'enveloppent l'une l'autre; l'examen de ce fragment a parfaitement établi que les deux cylindres ne constituaient qu'une seule et même plante. On a été également conduit à reconnaître que le Calamités arenacetis n'était que la partie interne de VEquisetum columnare.

On appelle Asterophyllites (à(rd)p, étoile; (puXXov, feuille) des végétaux à tiges articulées, rameuses, portant des feuilles verlicillées, étalées perpendiculairement aux rameaux, ordinairement redressées vers leurs extrémités, égales entre elles, aiguës, uninerviées, libres ou très légèrement unies entre elles par leur base. On s'accorde actuellement à voir dans les asterophyllites les feuilles et les rameaux de certaines espèces de calamités. Le Calamités radiatus, notamment, possède une gatne qui, d'après M. Schimper, dont l'opinion fait autorité en pareille matière,, rappelle le vcrticille des asterophyllites par son expansion horizontale et sa division profonde. Sous le nom (le Sphenophylhtm ou a désigné des feuilles également verli*-

cillées^ cunéiformes, tronquées, entières ou dentées ou profondément lobées. Les spbenopbyllums devaient se rapprocher beaucoup des ûstéropby Dites; peut-être même appartenaientils quelquefois au même individu W,

Les Annularia se lient d'une manière presque insensible aux astérophyllites; quelques espèces, telles que les Anmdaria Iongifolia et brevtYolia, paraissent former un genre à part. Celles-ci semblent avoir été des plantes berbacées, constituées par des rameaux portant des verticilles de feuilles linéaires^ toutes étalées dans le même plan et au nombre de 24 à 30. M. Ad. Brongniart pense que ces Annularia flottaient à la surface des eaux à la manière des Callitriche.

Les plantes décrites sous le nom de Volkmannia n'étaient^ d'après M. Ad. Brongniart, que des individus en fructification de divers astéropbyllites et, par conséquent, de calamités.

t.yeopodlac«et; lepldodendroas, ■Icfliaiia, ftlviiiarla ; véféuu à i ■uvniariM. — De uos jours, les lycopodiacécs sont des plantes à tiges rampantes, étalées sur le sol ou s'élevant perpendiculairement à une faible hauteur; le Lycopodium densum, de la Nouvelle Zélande, qui a un mètre de haut, paraît être l'espèce la plus élevée de cette famille. La tige, chez les lycopodiacées, est

(!) c Le docteur Newberry, de l'Ohio, a découvert dans la hoailtede oe pays des tiges fossiles munies vers le sommet de feuilles cunéiformes semblables i celles du sphenophyllum , tandis que. plus bas, les feuilles étaient tubaleuses et capillaireK, et auraient certainement reçu le nom d'astérophyllitas si on les avait trouvées détachées. De ce fait, le docteur a conclu que le sphenophyllum était une plante aquatique dont les feuilles supérieures flottantes étaient larges et offraient une disposition complexe dans leurs nervures, tandis que les feuilles inférieures ou submergées étaient linéaires et munies d'ane seule nervure. Une pareille supposition^ ajoutait-il, acquiert beaucoup de probabilité par la longueur extrême et la ténuité des branches de cette plante, dont la nature herbacée semble avoir exigé pour milieu un élément plus dense que Tair. » (Lyell.)

LTCOPODIACÉES, LÉPIDODBNDRONS^ SIGILLARIA^ STIGMARIA. I8i

presque toujours rameuse, sans bojLirgeons axiliaires, à ramificalion s'opérant toujours par bifurcation de l'extrémité, d'où résulte une dichotomie dans laquelle les deux bt^anches sont tantôt égales, tantôt inégales. Tune d'elles prenant alors l'apparence d'un simple rameau latéral; intérieurement, cette tigeprér sente, plongée dans une masse cellulaire, un axe formé de vais* seaux scalariformes. Les racines, toujours adventives, sortent des points de bifurcation de la tige et se divisent également par dichotomie régulière; elles ont une structure semblable à celle de la tige. Les feuilles sont nombreuses, petites, verticillées ou en spirale, à structure cellulaire. Les capsules renfermant les spores sont insérées à la base des feuilles et à leur surface supérieure ; elles sont disséminées sur la tige ou ramassées vers l'extrémité des branches en forme de chatons.

Les lycopodiacées abondent principalement sous la zone équatoriale. Les plantes réellement analogues aux lycopodes actuels, et ayant vécu pendant les temps géologiques, sont très peu nombreuses. Mais, autour du type actuel des lycopodiacées, viennent se placer plusieurs formes végétales dont l'histoire géologique est à peu près la même que celle des calamités. Je viens d'indiquer les principaux caractères de l'organisation des lycopodiacées parce qu'on les retrouve dans les lépidodendrons, les sigillaires, etc., types qui atteignaient jadis une bien plus grande taille que les lycopodiacées actuelles.

Les savants, qui se sont occupés de botanique fossile, ont établi un grand nombre de genres parmi les végétaux qui se rattachaient au type des lycopodiacées ; je me bornerai à mentionner les genres Lepidodendron et Sigillaria.

On donne le nom de Lepidodendron ( >c7c\ç, écaille ; Sry^pov, arbre), à des tiges arborescentes, terminées par un faisceau

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de branches résultant d'une dichotomie plus ou moins régulière. Intérieurement, ces tiges présentent un cercle continu de gros vaisseaux autour d'un cylindre central de tissu médullaire^ ce qui établit une différence entre leur structure et celle des lycopodiacées actuelles. A leur surface^ elles montrent des cicatrices foliaires, régulièrement disposées en spirale^de forme rhomboidale, ovale ou lancéolée, contigues ou presque contigues^ séparées par des sillons qui dessinent un réseau très régulier. Les lépidodendrons avaient des feuilles (LepidophyU lum ) linéaires-lancéolées, souvent très longues, décurrentes, très nombreuses. Ils avaient pour fruits les Lepîdosirobm (Xcmç, écaille; (rrpo&x, strobile, cône) formés d'un axe conique autour duquel naissaient des écailles très serrées.

Les Sigillaria ( sigillum, sceau ) se présentent sous la forme de tiges cylindriques, régulières, non ramifiées, rarement dichotomes et seulement vers le sommet. Leur structure intérieure montre une moelle centrale, entourée d'un cercle ligneux séparé en faisceaux par des rayons médullaires; cet axe ligneux offre un diamètre très faible par rapport à celui de la tige qui varie entre 0",30 et 1"*,50 ; Técorce paraît avoir été dure et résistante ; la partie intérieure de la tige se décomposait plus rapidement que la partie extérieure et le tronc finissait par devenir creux tout en conservant sa position verticale. A sa surface, la tige était cannelée longiludinalement, non articulée et présentait des cicatrices foliai res disposées en quinconce; ce sont ces cicatrices qui ont valu au genre Sigillaria le nom qu'il porte. La tige des sigillaires s'élargit en forme de cône vers la base et, en s'implantant quelquefois sur les couches de houille, constitue ces sortes de bornes coniques que les mineurs désignent sous le nom de cloches. On ne connaît pas encore les feuilles et le fruit des sigillaires, mais on sait main-

LYCOPODIACÉES; LÉ1>ID0DBNDR0NS^ SIGILLARIA^ STIGMAHIA. 183

tenant que les Stigmaria dont il va être question n'étaient rien antre chose que leurs racines.

H. Ad. Brongniart plaçait^ en 1849, les sigillaires parmi les dicotylédonées gymnospermes; mais on s'accorde actuellement à les ranger dans la famille des lycopodiacées ; elles semblent, par leur aspect général, être intermédiaires entre les équisétacées dont elles ont les cannelures et les fougères dont elles se rapprochent par leurs ticatrices foliaires.

On a longtemps méconnu la véritable nature des Stigmaria, Pour Lindiey, c'étaient des végétaux tout spéciaux dont les tiges, rampantes sur le sol ou au fond de l'eau, sortaient d'une tige centrale en forme de dôme. M. Ad. Brongniart pensait, an contraire, que les Stigmaria étaient des racines développées dans l'eau ou le sable et partant de la base conique des tiges de sigillaires. De nombreuses observations faites en Allemagne, en France, en Angleterre et en Amérique, ont mis cette opinion hors de doute ; mais, ainsi que le fait observer M. Scbimper, < elles sont loin de fixer d'une manière incontestable les espèces 00 même le genre de végétaux auxquels il faut définitivement les rapporter. Il est vrai que L. W. Binney a trouvé le Sigillaria rmformis Té\xm à sa souche garnie de racines' et qui porte tous les caractères du Stigmaria ficoîdes^ mais Rie. Brown a rencontré, de son côté, le même Stigmariéêt^nsiiiumi la racine du Sigillaria altemans; il existe, au musée de Bonn, une magnifique souche de Stigmaria avec ses racines, se continuant eu un Ironc de sigillaire qui pourrait bien appartenir à une troisième espèce. Les Stigmaria, unis à leurs troncs de sigillaires, ODt tous été trouvés, jusqu'à présent, dans les formations houilières, où abondent les espèces de ce dernier genre. Mais que fera-l-on des innombrables restes de Stigmaria rencontrés dans lagraawacke vosgienne qui n'a jamais révélé la moindre trace

d'une sigiflaire quelconque^ tandis qu'il abonde en troncs de lépidodendrons ? Pourquoi les troncs de a;s végétaux problématiques, qui doivent avoir eu des dimensions plus considérables que leurs racines, n'auraient-ils laissé au moins une trace quelconque de leur existence, tandis que ces dernières se montrent souvent d'une conservation admirable, et que de nombreux fragments d'autres végétaux arborescents, qui étaient associés aux Stigmaria dans une flore commune, sont parvenus jusqu'à nous? Cela ne prouverait-il pas qu'il faudrait aussi attribuer des racines stigmariées aux lépidodendrons? i>

M. Ad. Brongniart avait été conduit à soupçonner la nature des Stigmaria en tenant compte de leur situation par rapport aux couches de houille; \es Stigmaria se trouvent toujours au mur de ces couches, c'est à dire au dessous d'elles, dans le? grès qui leur servent de base, tandis que la plupart des autres débris de végétaux se rencontrent dans le toit, c'est à dire immédiatement au dessus des couches de houille. Les falaises de South Joggins ( Nouvelle Ecosse ) ont fait voir à sir Lycll des sigillaires en position verticale; de leur extrémité inférieure partaient) comme racines, des Stigmaria W.

Les Stigmaria {rcfYfjLa, tache, cicatrice) constituent des corp^ cylindriques, qui se divisent plusieurs fois par dichotomie: leur structure intéllfcure est la même que celle des sigillaires. Leur surface est parsemée de tubercules mamelonnés disposés en quinconces réguliers; on voit quelquefois ces tubercules servir de point de dépari à des filaments allongés, cylindriques, qui étaient les radicelles des stigmaria et que l'on considérait jadis comme en étant les feuilles.

Pour compléter celte étude de l'organisation des sigillaires

(1) D'après M. Gœppert, les Stigmaria sont tellement abondants dans les baitint booillors de l'Allenoagne, qu'ils forment la masse du combnatibie.

MARAIS AVEC FOKÊTS DE SIGILLATRE8. 185

eldesiS/tî^iTuim, je rappellerai que M. Gœppert, ayant vu^ en contact immédiat avec les extrémités des Stigmaria dont ils n'étaient séparés que par un étranglement^ des tubercules couYerts de cicatrices stigmatiformes j s'est cru autorisé à les lODsidérer comme des organes multiplicateurs de cette plante, lualogues aux tubercules de beaucoup de nos plantes vivaces.

\ «Tcc férêu de tlsnuilrM ; HMe de» tUtniaHa. ^ En tenant compte de la structure et du mode de végétation des arbres à racine stigmariée^ on peut se faire une idée de l'aspect général d'une forêt de sigillaires et de lépidodendrons. A la surface des eaux, les Stigmaria irradiaient dans tous les sens autour des arbres dont ils dépendaient; ils s'entrelaçaient et for* maient un sol mouvant ou radeau au dessus d'un marais ou «l'un lac peu profond ; leur tissu spongieux rendait ce radeau très léger et lui permettait de supporter toute une végétation luxuriante. Sur ce sol mobile des sigillaires se dressaient jusqu'à une hauteur de 15 à 20 mètres; leurs tiges droites, dun diamètre uniforme^ dépourvues de feuilles, semblables à des colonnesrse pressaient les unes à côté des autres. Entre les sigillaires, des fougères non arborescentes et d'autres plantes pouvant vivre dans l'obscurité ou à l'abri des rayons solaires, fonnaient un fourré impénétrable. A mesure que les sigillaires «levenaient plus hautes et plus nombreuses, le radeau de Stig* maria, obligé de supporter un poids sans cesse croissant, s'enfonçait dans l'eau, cessait de constituer une masse vivante et commençait à se transformer en combustible. Mais, au dessus de lui, d'autres Stigmaria naissaient soit des spores ou nr^nes reproducteurs tombés des sigillaires, soit des tubercules appartenant aux racines préexistantes. Ces Stigmaria déterminaient un second radeau qui se superposait au radeau

primitif en se soudant à lui ; en même temps^ elles donnaient naissance à une deuxième génération de sigillaires; une nouvelle forêt remplaçait insensiblement celle qui tendait à disparaître. Les tiges des sigillaires^ à mesure qu'elles tombaient de vétusté^ se joignaient aux débris de végétaux qui croissaient à côté d'elles^ pour augmenter la masse des Stigmaria dont la partie inférieure était essentiellement le siège de la formation de la bouille. Le mode de végétation des Stigmaria montre comment la superposition de générations de sigillaires, en se répétant plusieurs fois^ a pu^ dans un temps moins long qu'on ne Tavait cru^ donner origine à des bancs de combustible. ÇSoiT posteà ^ page 211.) Les sigillaires étaient organisées pour empiéter insensiblement sur le domaine des eaux^ pour vivre dans un sol humide et même à la surface des lacs peu profonds ; à cause de leur mode de développement y leur croissance et, par suite^ la formation du combustible n'avaient, sur un point donné, d'autre limite qu'un changement dans la constitution topographique on dans la nature du sol (0.

note des calamlff B, des fonrères et des conifères. — On VOit que le

rôle des Stigmaria est tout à fait comparable à celui des spbaignes. Mais pouvons-nous trouver dans les bassins bouillers la trace d'une végétation rappelant, par son rôle^ les plantes aquatiques qui ont |)Our mission de transformer les lacs en marais et, par suite, en dépôts de combustible ? Je ne sais si, dans l'état actuel de nos connaissances , il est possible de répondre à cette question d'une manière satisfaisante. J^ me bornerai à faire remarquer que cette végétation était sans doute

(i) Je dois rappeler que c'est M. G. BrooD^ professeur à Heidelberg et récemment enlevé à la science^ qui, le premier, a eu Tidée d'établir une rdation directe entre les Stigmaria et la formation de la bouille.

ASPECT GÉNÉRAL d'UN BASSIN HOUILLER. 487

l'omposée de calamités et surtout des équisétacées ayant pour feuilles les astérophyllites et les Annularia.

Quant à la végétation représentée^ dans les tourbières^ par le bouleau et le pin sylvestre^ il est probable que/ dans les houillères, c'étaient les fougères qui en tenaient la place. Les fougères^ en effets aiment les climats humides^ mais non les marais. Elles ne devaient prendre possession du terrain que lorsque les dépressions marécageuses où se formait la houille étaient complètement mises à sec et par conséquent lorsque la régétation des sigillaires avait cessé. Â la suite d'un nouveau changement dans la constitution du sol^ les conifères succé^ daient aux fougères exactement comme les forêts de chênes et de hêtres succèdent, dans les tourbières, aux bouleaux et aux pins sylvestres.

Aipcd ff«Mrai d*aii testia boauier. — Afln de nous rendre compte de la structure et de la disposition des bassins houillers, reportons-nous à l'époque où s'effectuait leur comblement.

Pendant la première partie de la période paléozoïque, le sol d'un grand nombre de contrées n'a pas cessé d'obéir à une impulsion de bas en haut; mais, dès le commencement de la période houillère, une impulsion en sens contraire a commencé à se produire pour persister jusque vers le commencement de la période triasique. Alors, en vertu d'un mouvement de bascule qui exhaussait les montagnes pour abaisser les vallées, se sont établies ces dépressions plus ou moins vastes que leur configuration et le combustible qu'on y trouve nous font désigner sous le noms de bassins houillers.

L'apparition de ces bassins a été accompagnée d'une accumulation de débris de roches provenant, ainsi que l'indiquent leur fort TQlume et leurs angles quelquefois peu émoussés, des

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montagnes voisines. Ces débris constituent le substratum de chaque bassin; ils forment une sorte de base sur laquelle les bancs de combustible et les roches d'origine inorganique se superposent Ces roches d'origine inorganique sont des schistes et des grès ; elles possèdent presque toujours une coloration noirâtre qui leur imprime un caractère spécial.

Tous les bassins houillers n'offinaient pas la même configuration et la même étendue ; leur remplissage ne s'effectuait pas noii plus dans les mêmes conditions.

Certains bassins houillers étaient occupés, sur toute leur étendue, par un seul et même marais ; la formation de la bouille y avait lieu, ainsi que la croissance desStigmaria, d'une manière non interrompue dans le sens horizontal. De nos jours, les solutions de continuité que Ton constate dans un pareil bassin ne sont qu'apparentes; elles sont l'œuvre exclusive des failles ou des phénomènes d'érosion. A divers intervalles, le marais était mis à sec par suite soit du soulèvement du sol, soit de tout autre accident ; d'autres fois, au contraire, les eaux s'exhaussaient tellement que la végétation des Stigh maria n'était plus possible. Dans un cas et dans l'autre, la for* mation du combustible était suspendue. Des roches détritiques venaient continuer le comblement du bassin et les schistes, en voie de se déposer, recevaient les empreintes des feuilles des fougères qui étaient entraînées des montagnes voisines ou qui croissaient à la place des sigillaires momentanément disparues. Plus tard les eaux revenaient à un niveau favorable à la végétation des Stigmaria et la formation du combustible reprenait son cours. Les mêmes événements, en se répétant, déterminaient ces alternances de houille , de grès et de schistes que l'on observe âans tous les bassins houillers.

Supposons maintenant une dépression marécageuse plus ou

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