ASPECT GÉNÉRAL D'UN BASSIN HOUILLBR
moins vaste et traversée par un ou plusieurs cours d'eau. Outre les alternances qui viennent d'être décrites et qui se produiront dans le sens vertical, il s'en établira d'autres dans le sens horizontal. La formation du combustible sera, en effet, suspendue dans les zones traver-sées par les cours d'eau. Une même assise pourra être composée de houille sur certains points et de schiste ou de grès sur d'autres. Le déplacement des cours d'eau d'un point à un autre accroîtra d'ailleurs cette irrégularité dans la distribution des matériaux remplissant un même bassin. Les bancs de combustible, dans un bassin tel que celui que nous avons actuellement en vue, se trouvent fréquemment interrompus et ces^ interruptions résultent de causes, les unes, contemporaines du comblement de ce bassin, les autres^ postérieures.
Accordons une étendue encore plus vaste à la dépression
recouverte de marais de Stigmaria, et représentons-nous dans
sa partie centrale un lac plus ou moins profond. Les alternances
dans le sens vertical conserveront leur raison d'être; il en sera
de même pour les alternances dans le sens horizontal, mais
œlles-ci deviendront plus prononcées. En effet, la végétation
des sigillaires et la production du combustible seront reléguées
Ters les bords du bassin, tandis que dans la partie centrale de
ce bassin s'accumuleront des bancs puissants et nombreux de
grès et de schistes. On conçoit que, dans ce cas, les bancs de
houille exploités sur les bords d'un bassin devront cesser à une
certaine distance. Il est des cas où des sondages peuvent seuls
indiquer à un ingénieur si les couches de combustible sont
continues sur toute l'étendue de son exploitation.
Je mentionnerai, en dernier lieu, une catégorie spéciale de marais de Stigmaria. Ce sont ceux qui occupaient les deltas ou étaient situés le long du littoral maritime. Dans ce cas, les
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mouTemenls du sol amenaient non seulement un mélange de bancs de combustible et de roches détritiques , mais aussi des alternances de formations terrestres et de formations marines.
RérlodM de la bonllle et de randmclie : drcoMianees qol oui fiivorto* la formaiion de eet eonboitiMee. — La houilIe proprement dite ne s'est constituée que pendant une seule période , celle que Ton nomme, à juste titre, la période houillère. Pourquoi, pendant cette période, la houille s'est-elle accumulée en amas si puissants, tandis que plus tard il ne s'en est plus formé à la surface du globe ? Pour répondre à cette question , Ton a invoqué et Ton invoque encore la présence dans l'atmosphère d'une énorme quantité d'acide carbonique qui aurait favorisé le développement d'une végétation exubérante. Mais c'est là une hypothèse gratuite et qu'il est temps de faire disparaître de la science. Je démontrerai (livre XII, chapitre i) que la proportion d acide carbonique contenue jadis dans l'atmosphère n'était pas plus considérable que de nos jours.
Parmi les causes qui, à divers degrés, ont exercé une influence favorable sur la formation de la houille, je mentionnerai : i* une végétation luxuriante ; S» l'abaissement de la température ; 3» rapparilion d'un climat pluvieux ; 4"" l'affaissement lent et progressif du sol. ( Woirposteà, page 21 i). Mais ces causes ont pu agir à d'autres époques et ne. suffisent pas pour expliquer pourquoi la houille est spéciale à une période déterminée. En dernière analyse, pour retrouver la raison d'être du phénomène que nous avons en vue, il faut donc avoir recours à une cause spéciale et cette cause nous la trouvons dans cette circonstance que les sigillaires, l'agent essentiel de la formation de la houille^ n'ont plus fait partie de la flore de notre planète dès le commencement de la période permieniie.
PiRIODES DE LÀ HOUILLE ET DE l'ANTHRACITE. 491
Dès que les diverses espèces de sigillaires et de végétaux analogues ont été détruites^ le phénomène de la formation des combustibles^ et surtout des combustibles constitués sur place, s'est développé sur une échelle plus restreinte. Il n'a pu reprendre une allure semblable à celle qu'il avait pendant la ])ériode houillère que lorsque les mousses , et peut-être aussi \esTaxo€Utim, ont ramené à la surface du globe une végétation pouvant jouer un râle semblable à celui des sigillaires.
Mais les sigillaires sont les premiers végétaux qui se soient montrés à la surface du globe ; elles existaient dès le commencement de la période dévonienne et il est probable que de nouvelles découvertes permettront de reporter à une date plus ancienne le momentde leur première apparition. Ce fait admis^ deux questions/que nous allons essayer de résoudre, se présentent à notre examen. Pourquoi, pendant les périodes dévonienne et carbonifère, ne s'est-il formé que des amas de combustible d'une faible importance? Pourquoi ce combustible possède-t-il les caractères de rantbracife et non de la houille?
Les circonstances qui ont été énumérées tout à l'heure comme ayant favorisé la formation de la houille n'existaient pas antérieurement à la période houillère. Le climat était beaucoup plus chaud et moins pluvieux ; au lieu de continents avec des dépressions marécageuses la terre ferme présentait des iles de peu d'étendue; le sol, au lieu de s'afiEaisser, s'exhaussait à chaque instant et les débris de végétaux se trouvaient ainsi abandonnés à l'action décomposante de l'atmosphère. Peut-être aussi la température était-elle trop élevée pour que les sigillaires pussent croître en abondance et des dépressions marécageuses se constituer.
En taisant abstraction des cas de métamorphisme de contact,
on peut dire que l'anthracite a été considéré à tort comme une
houille débituminisée : c'est une roche stti generis, qui doit à son origine et aux circonstances qui ont accompagné sa formation les caractères qu'elle présente aujourd'hui. Quelles sont les causes qui , jusque vers le commencement de la période houillère^ ont imprimé au phénomène de la formation des combustibles une allure telle qu'au lieu de se terminer par la formation d'une houille jilus ou moins grasse, il a abouti à la création d'un anthracite ou d'une houille sans bitume? Ces causes me paraissent assez nombreuses; chacune d'elles a pu exercer séparément une influence très faible^ mais leur action simultanée a suppléé à leur faible énergie.
Si nous comparons ce qui a dû se passer lors de la période de l'anthracile et celle de la houille^ nous voyons d'abord que, pendant la première^ l'écorce terrestre ofihrait moins d'épaisseur; elle était^ en outre, moins refroidie , et, à conditions égales, la température intérieure pour un point donné était plus élevée qu'elle devait l'être plus tard. Remarquons encore que la plupart des régions où se trouvent les gisements d'anthracite, les Alpes et les Alleghanys, par exemple, étaient le siège de phénomènes éruptifs qui ont aussi contribué à élever la température. Rappelons-nous enfin que les causes, en partie indéterminées, qui ont subitement abaissé la température lors de la période houillère, ne fonctionnaient pas encore lors de la période de l'anthracite. On ne doit donc pas hésiter à admetti'e que le milieu dans lequel l'antbracite s'est constitué avait une plus haute température que celui où s'est opérée la formation de la houille. Or, nous avons posé en principe qu'un combustible, les autres circonstances de sa production restant les mêmes, est d'autant plus pauvre en oxygène et en hydrogène que, pendant sa carbonisation naturelle, il a été soumis à une température plus élevée.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES BASSINS UOUILLERS. i93
Les circonstances topo^raphiques et climatologiques que j'ai mentionnées comme s ebnt opposées à la formation de puissants amas de combustible ont dû également contribuer à donnera Tanthracite les caractères qui le distinguent. L'absence de castes continents et la sécheresse du climat s'opposaient à raccumulation de ces puissantes assises de grès et de schiste qui, iors de la période houillère, devaient recouvrir complètement et rapidement les débris de végétaux destinés à se carboniser. Les mouvements du sol, qui s'exhaussait au lieu de s'afiaisser, avaient aussi pour effet d'exposer pendant plus longtemps à l'action décomposante de l'atmosphère les débris de végétaux qui, au moment de leur enfouissement définitif , avaient déjà subi un commencement de carbonisation.
Mtcrlkntlmi féotrapMque des busln» koanicn. — Si noUS recherchons quel est, au point de vue géographique, le mode de distribution des bassins houillers, nous voyons d'abord qu'il n'en existe pas en Afrique. Les premiers qui se présentent, dans l'ancien monde, lorsqu'on se dirige de l'équateur vers les pôles, sont ceux de l'Andalousie qui offrent d'ailleurs peu d'importance. On peut donc placer la limite méridionale de la zone des gisements de houille vers le 37« degré de latitude. A mesure que Ton se dirige vers le nord , les bassins houillers se montrent de plus en plus nombreux et étendus; ils atteignent leur maximum d'extension entre le 49* et le 54» degré de latitude : on n'eu rencontre plus, en Europe, au delà du 56« degré de latitude. L'Amérique septentrionale est la région la plus riche en gisements de houille; la zone où ces gisements existent est comprise entre le 3-2* et le 50' degré de latitude ; on voit qu'elle oflre à peu près la même largeur qu'en Europe, mais elle est plus rapprochée de l'équateur de
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8 degrés environ. Il est remarquable que cette lone subisse en Améri(|ue une inOexion semblable à celle que les lignes isothermes y présentent de nos jours. L'Amérique méridionale ne possède pas de gisements bouillers; les combustibles qu'on y a rencontrés ont été considérés à tort comme de la bouille ; ce sont de vrais lîgnites d'une époque relativement moderne. Il existe des gisements de houille dans rAustralie, la Nouvelle Zélande et la Chine; ceux de ce dernier pays sont, à ce qu'il parait, d'une grande richesse.
Sur toute la surface du globe, on observe la même tendance dans les dépôts de houille à s'éloigner tout à la fais de l'équateur et des pèles pour se concentrer dans une zone dont la largeur est.de 20 degrés environ et qui oscille entre les 31* et 56' degrés de latitude sud et nord. Ce mode de distribution nous parait ne pouvoir s'expliquer que d'une senle manière: il est probable que les sigillaires, de même que les mousses actuelles, ne pouvaient se développer avec abondance que dans les régions a température peu élevée.
La zone, qui a été exclusivement le siège de la formation de la houille, occupe à peu près le cinquième de la surface totale du globe; mais la houille n'a pu se constituer sur toute l'étendue de celte zone qui devait être en partie recouverte par les eaux de la mer. En supposant que les deux tiers de cette zone fussent émergés, il en résulte que l'espace où la houille a pu se produire égalait a peine les 2M5 de la surface du globe. Mais cet espace n'a pas été en totalité envahi par la houille. Le terrain houiller occupe 1/10 du territoire de l'Angleterre^ l/iâ de celui de la Belgique et l/iOO de celui de la France (t).
(1) riofcris ici^ pour représenter rexlension da terrain hooillnr en Angleterre, en France et en Belgique, ôe» nombres plus forts da double que ceux que Ton donne habituellement Cette dilCârenoe tient à œ que j'ai dû tanir