‹ Prodrome de géologieChapitre 58 sur 170 · FORMATION DBS COMBUSTIBLES SUR PLACE · texte numérisé non relu

FORMATION DBS COMBUSTIBLES SUR PLACE

aient pu se former sur place, ainsi que nous Tindiquerons en parlant des phénomènes dont les anciennes forêts de Taxo- Hum ont pu être le siège ; Tidée du rôle que ces forêts ont peut-être jadis rempli nous sera suggérée par Tobseryation de ce qui se passe ^ns le delta actuel du Mississipi.

C'est en accumulant sur place les débris de végétaux que la nature opère lorsqu'elle veut créer de puissants amas de combustible. Les amas de combustible ainsi formés présentent des caractères généraux c^e j'ai déjà signalés en partie lorsque j ai décrit les tourbières et les houillères et que je vais résumer.

Les combustibles constitués sur place offrent une plus grande pureté que ceux qui résultent d'un charriage ; les agents de transport tendent, en effet, à charrier pêle-mêle des matières terreuses avec les troncs d'arbres. D'ailleurs, les eaux limoneuses qui pénétraient dans une forêt, siège de la formation du combustible, étaient soumises à une sorte de Oltration à travers les plantes qui formaient au pied des arbres un fourré impénétrable. Les roseaux et les plantes qui couvrent les bords des eaux stagnantes, dans la vallée et le delta du Mississipi, forment une végétation tellement luxuriante, que les eaux de ce fleuve, en passant au travers des massifs, deviennent tout à fait limpides avant d'atteindre les points où croissent les forêts de Taxodhim dont je vais parler dans le paragraphe suivant. Les combustibles produits sur place constituent des bancs très étendus, d'une épaisseur uniforme et d'une allure régulière. Presque toujours, ils se sont accumulés dans des eaux douces ; aussi sont-ils ordinairement recouverts et supportés par des roches d'origine terrestre et lacustre. La stagnation des eaux où le combustible se forme sur place suppose un sol imperméable, aussi les bancs de houille sont-ils généralement superposés à des strates schisteuses^ tandis que les bancs de tourbe ont pour substra-

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tum un ut de limon argileux. Enfin, il est un dernier carac^* tère commun aux phénomènes qui ont accompagné la formation sur place d'un combustible quelconque ; c'est que, dans les dépressions où s'est efiTectuée la formation de ce combustible, trois végétations distinctes se sont succédées à plusieurs reprises, pendant que le sol était alternativement abandonné ou recouvert par des eaux plus ou moins profondes.

Bsemple pris éaau le «elu do HlMlMlpI. — Le Mississipi , qui

tout à rheure nous fournira un exemple d'une accumulation de débris de végétaux à la suite d'un charriage, va nous montrer, dans son delta , un ensemble de phénomènes qui , après ce que nous avons dit sur les tourbières et les houillères , achèveront de faire comprendre quelles sont les conditions essentielles pour qu'il y ait formation de combustible sur place.

J'ai déjà donné une idée sommaire du delta du Mississipi (tom. I , pag. 384 et suivantes) ; j'ai dit comment les rives de chacune de ses branches et de ses bayous constituent les points les plus élevés de tout le pays et laissent entre elles des espaces recouverts de marécages. Mais ces marécages tendent à se combler par l'accumulation soit des débris de végétaux croissant sur place , soit des matériaux charriés par le fleuve. Ces changements dans la nature du sol en amènent d'autres dans la végétation. Le delta du Mississipi montre : i^ des fondrières occupées par de grandes herbes et des roseaux formant des prairies ondoyantes; ^'^ des forêts de cyprès chauve {Cupressus disticha , Un. Taxodium distichum, Rie. )^ dont les racines pénètrent et persistent dans le fond argileux ; 3<» des forêts de chênes verts ou chênes vivaces. Des sondages, poussés jusqu'à une profondeur de 600 pieds, ont montré que > sur lo

EZEMPLB PRIS DANS LE DBLTA DQ MIS8ISSIPI. tOI

même points ces trois végétations sont superposées dans l'ordre où elles viennent d'être indiquées, c'est à dire que la ' même localité avait d'abord éié occupée par un marais avec roseaux , puis par un sol plus ou moins humide où croissaient les cyprès chauves, et enfin par un sol complètement desséché où se montraient alors les chênes vivaces. Ces superpositions se répètent dix fois, ce qui indique un affaissement du sol agissant en sens inverse de l'exhaussement occasionné par le dépôt des matériaux que le fleuve charrie. Quelques uns des cyprès rencontrés dans les profondeurs du sol accusent, d'après le nombre de leurs cercles d'accroissement, un fige de 5700 ans. Admettons maintenant qu'au lieu de ces cyprès chauves le sol eût été couvert de végétaux propres à la formation du combustible; les sondages pratiqués dans le delta auraieni rencontré dix hauts de lignite , au lieu d'amas plus ou moins réguliers de troncs d'arbre fossilisés; chacun de ces bancs serait superposé à un lit formé de débris de plantes marécageuses et recouvert de débris d'arbres se développant dans un sol moins humide que celui où auraient vécu les arbres ayant déterminé la formation du combustible.

L'idée que je viens d'exposer pour expliquer la production du combustible est en partie théorique puisque les troncs de cyprès chauve ne paraissent pas s'être accumulés en assez grande abondance pour déterminer la formation d'un véritable lignite. Mais nous avons vu que cette idée se trouve parfaitement réalisée dans les tourbières et les houillères; pour les unes et les autres , nous avons montré que chaque banc de combustible est presque toujours le résultat de trois végétations successives.

Ce qui s'observe dans le delta du Mississipi peut aussi nous aider à comprendre comment des bancs de combustible pa»-

tn P&OBROMS DB 6iOL06IB.

sent dans le sens borîiootal à des grès et à des argiles ou alternent avec ces roches dans le sens vertical. Sur les points déprimés du delta, là où se trouvent les fondrières de roseaux et où croissent les forôts de cyprès chauve , il pourra se produire des amas de combustible ; mais, à côté, près des rives de chaque branche du fleuve, il se déposera du sable et du limon. Par conséquent , pendant le même moment et dans la même région, il se produira des amas de combustible et des dépôts de sable et d'argile; les uns et les autres se trouveront sur le même niveau; il existera entre eux une transition insensible de sorte que te combustible passera à Tétat d'argile ou de sablé en se pénétrant d'une quantité croissante de matières terreuses. Maintenant, supposons que les diverses branches du fleuve changent de place, et envahissent Tespace primitivement occupé par une dépression marécageuse , cette dépression se comblera de limon , de sable et de gravier, qui formei^nt une assise placée au dessus d'un banc de combustible primitivement établi ; sur les points désertés par le fleuve et peu après changés en marais, un banc de combustible viendra recouvrir le sable et le limon antérieurement accumulés. C'est ainsi que se sont produites les dix alternances dont Texistencc a été démontrée par les sondnges. Supposons , en dernier lieu , que le delta s'affaisse et soit envahi par les eaux de Tocéan. La formation du combustible pourra persister sur le même point, mais alors ce sera par voie de charriage; elle pourra aussi , selon les circonstances , être totalement suspendue. Un dépôt effectué au fond de l'océan viendra recouvrir tous les bancs de combustible et les lits d'argile et de sable constitués Immédiatement avaut l'affaissement du sol. Un phénoifiène inverse pourra expulser. les eaux salées et ramener les fondrières-dé roseaux eties forets de cyprès^ chauve. Ces phé-

GARlCTÈRBd 6tMtHkïtï, tÉA dÔStttSTIBLES. 90$

uomèncs, eli éffrépSIMA, àtfWtffpOûr f&iilttt la «u(Wlflto«Hf6n de fûrmatiotis nïârttfes et de formations tert estres , avec on sans cotebustitile.

iëééiê éé ièiiMiàtti. — Dans le del(a du Mî^sân5i , le 90l est sujet à dbaitgei^ ftnsquemment de niveau ; ia Configuration est eïic^re rendue plus Tariable par le déplacement incessant des branches du tieuve. Aussi ^ les forêts de cyptès chauve ne peuvent pas croître longtemps sur le même point et donner origine^ par raccumuTation dur place des tlgés et des racines d'arbres, à des lits de combustible puissants et continus. Mais ce résultat pourrait être atteint dans le cas où ces forais de cyprès cbadve croîtraient dans dés dépressions marfr^ cageuses semblables à celtes où la houille s'est formée. De ùos jours, on M oénnatl pas de forêts de cyprès chauve se déve^ loppant dans ces conditions : mais il est probdble qu'il en etis^ tait antérieurement à Tépoqtie actuelle. Je sDië porté à cnoirs que quelques dépôts dé lignite se sont constitués sur place et doi^^nt leur existen<ie à d'anciennes forêts de Taxodium. Un bit signalé par M. Go^pert mei semble venir à l'appui de crtte opinion ; le Taxodiufn dUtichum du defta du Mississlpi est Tune des trois espèces dont l'existence se laisse poursuivre, sur le sol de l'Europe , depuis la période miocène sui)érieure jus* qu'à l'époque aehiell^^ sous le nom de TassoiUies dubim, Slern. (0.

(I) Le Taxodiufn âiitfchum croU dans les parties tetnpérées dti Mexique, I me baotenr de 9000 à 7000 pieds; il abondé dans les endroits hQmtde3,1êf long des cotfi^ d*e)ia de la portion orféDtalA dèf l'Ainériqoï) du Nord, sans dépaa-^lioiais le i3« de^é de latitude. C'est un des arbres qui ac(tnfôredt 1^ dimensions les plus colossales; ainM le tronc de celui qui existe dans les Jardins de ChapuHepec, au-BlMique, et qui est connu sous le nom de cyprès de Montéuuna, a 11 mètres de circonféreoce.. et Pou en cite méine nin/iiiiié près

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Si le transport des éléments qui entrent dans la composition d'un amas de combustible formé par charriage a été violent, ces éléments seront dis|K)sés sans ordre. Si .ce transport s'est effectué d'une manière plus tranquille, le dépôt présentera dans son ensemble une allure moins tourmentée^ mais le combustible sera plus ou moins terreux à cause de son mélange avec le limon qui était charrié en même temps que les arbres. Enfin ^ si le transporta eu lieu d'une manière lente , régulière et continue^ il se sera opéré entre les éléments charriés une sorte de triage, en vertu des principes déjà mentionnés (tome I, page 355). A la suite de ce triage, le bois, plus ou moins séparé du sable et du limon avec lequel il était d*abord entraîné, se déposera sur des points distincts et pourra donner origine à un combustible d'une certaine pureté. Mais on reconnaîli*a encore que ce combustible est la conséquence d'un charriage, parce qu'il formera des bancs peu étendus dans le sens horizontal, et très variables d'épaisseur à des distances très rapprochées. Dans tous les cas, on devra considérer, comme s'étant formés à la suite d'un transport, tout amas de combustible intercalé entre des strates marines et lacustres, lorsque, dans l'histoire du pays où cet amas existe, rien ne démontrera qu'il y ait eu

d'OaJaca, qai mesure 39 mètres de circonrérenoe, et est entouré de cinq oo SIX autres de la dimension de celui ^de Chapultepec. Cette espèce se reconnaît à ses rameaux et rsmules étalés et à ses feuilles linéaires et distiques. H est connu vulgairement sous le nom de cyprèi chauve. i> ( Dict. {PhisL nat, de d*Orblgny.) Le genre Taxodium, qui ne comprend que des espèces américaines et à feuilles caduques, a été formé aux dépens du genre Cupregsus. Plus tard, on a détaché des Taxodium les espèces spéciales à l'Asie orientale et à feuilles persistantes, pour en former le genre Glyptostrobus; ce dernier genre comprend un asses grand nombre d'espèces fossiles de l'Europe : c^est 4 lui qu'il bat reporter k Taxodium Suropœum.

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