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CHAPITRE III

HISTOIRE GiOLOGlOUK DES PRINCIPAUX GROUPES d' ANIMAUX ET DE VÉGÉTAUX.

Epoques où les principaux groupes de végétaux et d^animaux ont apparu, où ils ont acquis leur maximum d'extension et où ils ont cessé d'exister. — Thallophytes et acrogènes; sigillaires; calamités; etc. — Gymnospermes; conifères, cycadées. — Angiospermes, gamopétales. — Monocotylédonées. — Rhizopodes, polypiers, échinodermes, bryozoaires, num'mulites, grapColites. — Gastéropodes , lamellibranches.

- -*- Brachiopodes , céphalopodes ; rudistes ; ammonites, bélcmnites. — Annélides , crustacés , insectes , etc,; trilobites. — Vertébrés. — Poissons; placoïdes, ganoïdes^ téléosléens; poissons hétérocerques et homocerques. — Reptiles; batraciens, ophidiens, sauriens, ichthyosauriens, labyrinthodontes, ptérodactyles, etc. — Oiseaux. — Mammifères et leurs principaux ordres.

Je vais , dans ce chapitre , esquisser rapidement Thistoire géologique des principaux groupes d'animaux et de végétaux. J'indiquerai le moment où chacun d'eux s'est montré pour la première fois à la surface du globe et celui où il a cessé d'exister; je dirai également quelle est la période pendant laquelle il a atteint son maximum de développement et a été représenté par le plus grand nombre d'espèces et d'individus.

Parmi les faits que j'aurai à rappeler , il en est un grand nombre qui paraissent déflnitivement acquis à la science. Je citerai notamment ceux qui sont relatifs à l'absence complète ou à l'existence de certaines formes organiques pendant une ou plusieurs périodes. Ne peut-on pas affirmer, par exemple, que

tSO PRODROME DE GÉOLOGIE.

les ammonites et les bélemnites n'ont pas cessé de faire partie de la faune jurassique^ tandis qu'il n'en exist^iil plus pendant la période tertiaire? Le géologue est conyaincu de rab§ence de certaines espèces dans certains terrains non seulement parce qu'il n'y rencontre jamais leurs débris, mais aussi parce qu'il sait que de nouveaux types ont remplacé ceux dont il connaît la disparition. D'autres faits n'ont ^ pour ainsi dire, qu'une certitude provisoire. Il est évident, par exemple, que de futures découvertes auront pour résultat de faire remonter de plus en plus dans la série des âges géologiques les dates que nous donnons actuellement conmie marquant la première apparition d'un grand nombre de types. Mais, quelles que soient les nouvelles acquisitions de la science, on peut entrevoir déjà les principales lois qui ont présidé aux transforma* tions successives des faunes et des flores.

ciTptoffUBct iiuiiiepfeytct ce à iimi eeiioiaire. — Les cryptogames thallophytes i tels que les algues, les champignons et les lichens, sont ceux dont l'organisation présente le plus de simplicité. Ces végétaux, exclusivement formés de tissu cellulaire, sont entièrement constitués par un thallus ou expansion membraneuse n'offrant pas d'axe proprement dit. Les mousses, pourvues d'un axe et de feuilles, mais ne présentant pas dans leurs tissus de véritables vaisseaux , se joignent aux thallophytes pour composer avec elles l'avant-garde que l'organisme envoie lorsqu'il veut prendre possession d'un point qui vient ilVln: ^uuîfiis à son influence. Sans doute aussi ces végétaux ont été ceux que la force organique créa , après s'être pour ainsi dire essayée en mettant au monde les microphytes. Les premiers végétaux qui se montrèrent dans les eaux de l'océan vers la flo de l'ère neptunienne furent des algues et la pre-

CRYPTOGAMES AGROGÈNES. fSi

mière lie qui surgit à la surface de notre planète se couvrit , dès son apparition^ de végétaux semblables par leur organisation aux cryptogames cellulaires de Tépoque actuelle. Les empreintes végétales rencontrées dans le terrain cumbrien^ c'est à dire dans le terrain fossilifère le plus ancien^ sont des fucoîdes. Depuis lors, les thallophytes ont sans doute toujours occupé une place dans les flores qui se sont succédées, et, si leurs débris fossiles sont très rares, surtout pour les thallo* phytes terrestres, il faut attribuer cette circonstance à la délicatesse de leurs tissus et aux conditions défavorables de leur fossilisation.

€nvt«t«Bicfl acrofènes. — La flore des périodes cumbrienne et silurienne est jusqu'à présent exclusivement marine; le terrain silurien possède pourtant des gisements d'anthracite qui témoignent indirectement en faveur de l'existence de végétaux terrestres pendant que ce terrain se déposait. Le terrain dévonien nous montre , dans la Sigillaria Batismanni, la plus ancienne plante terrestre connue. Cette plante appartient à un groupe qui prend rapidement une telle importance que la période paléozoïque est considérée avec raison comme étant le < règne des acrogènes. » A dater du commencement de la période triasique, les acrogènes ne jouent plus qu'un rôle secondaire dans les flores qui se succèdent.

Je viens de dire que la Sigillaria Hausmanni^ découverte dans le terrain dévonien inférieur de la Norwège , constitue le témoignage le plus ancien de l'existence des plantes terrestres à la surface du globe. C'est vers la fln de la période dévonienne et pendant la période carbonifère qu'apparaissent les formes végétales dont se compose la flore houillère ; mais toutes n'ont pas la même durée. Si lesprêles et les fougères persistent sans

interruption jusqu'à l'époque actuelle , les sigillaires cessent de faire partie de la flore de notre planète dès le commencement de la période permienne ; les lépidodendrom disparaissent avant la période triasique et les calamités ayant celle du lias.

DicoiyiMonées fymiiospemieii. -— Ce groupe Comprend la famille des cycadées, spéciale aux régions chaudes, et celle dt s conifères j qui ades représentants dans toutes les régions du glol c et ^us toutes les latitudes. C'est dans le grès bigarré que 1 eu trouve les premiers débris appartenant incontestablement a des cycadées; cette famille persiste pendant les périodes jurassique et crétacée , mais elle disparait, du moins en Europe^ a dater du commencement de la période tertiaire. Quant a*u\ conifères, leur première apparition remonte à la période dév nienne supérieure; depuis lors, ils n'ont pas cessé de faire partie de toutes les flores qui se sont succédées. C'est pendant K période mésozoïque que les conifères ont atteint leur maximum de développement ; c'est seulement pendant cette période que les cycadées ont vécu, du moins en Europe. Aussi la période mésozoïque est-elle considérée avec raison comme ayan' été le a règne des gymnospermes. »

Dieotyiédonéci ansiospermei. — Les angiospermes, qui constituent plus des trois quarts de la flore actuelle, manquent complètement dans tous les terrains antérieurs à la période crétacée. Les premiers débris, ayant appartenu à des végétaux d: ce groupe , ont été rencontrés dans la craie chloritée de 1 1 Scanie; ces débris, d'ailleurs peu nombreux , accusent Texis tence de végétaux semblables au noyer, au chêne , à Taulne , au bouleau , c'est à dire à des arbres de la famille des amen-

MONOCOTYLÉDONftES. 283

tacées^ caractérisée en partie par des fleurs peu apparentes ou , du moins ^ non colorées. C'est à la période néozoïque que correspond le « règne des angiospermes. »

Les diverses familles dont se compose le groupe des angiospermes n'ont pas eu toutes la même destinée; celles du groupe des gamopétales , par exemple , n'existaient pas encore pendant la période éocène ou nummulitique; elles n'ont apparu qu'à partir de la période miocène et ce n'est que pendant l'ère jovienne qu'elles ont acquis l'importance qu'elles offrent actuellement.

MoiioeoiyiMdBées.— Dans les formations antérieures au terrain crétacé , les monocotylédonées ne comptent que des représentants excessivement rares et d'un caractère très douteux , tels que les antholites du terrain houillcr de Newcastle. Pour Lindley, ces antholites seraient des fleurs en épis munies de calices et de pétales linéaires; M. Hooker, qui avait d'abord pensé que les antholites étaient peut-être des touffes de jeunes feuilles semblables à celles du Larix y a été plus, tard conduit à adopter l'opinion de Lindiey ; mais il fait observer que les monocotylédonées et les dicoty lédonées comprennent des genres auxquels les an thoU tes peuvent être comparés.

C'est dans les lignites de l'île d'Aix (Charente) que l'on rencontre les plus anciens débris pouvant être rattachés d'une manière incontestable aux monocotylédonées; ce sont des Zo%tera. Il est donc permis de faire remonter la première apparition de cet embranchement au commencement de la période crétacée. A dater de ce moment , les monocotylédonées pren« nent une extension toujours croissante , sans atteindre toute-fois l'importance des dicotylédonées angiospermes.

Les plus anciennes traces de palmiers ont été aperçues dans

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le terrain crétacé supérieur de la Bohème et de la Silésie. Ctb végétaux ont été très ifombreux pendant les périodes éocèiic c[ n>iocène^ mais^ pendant la période pliocène^ ils n'existai^.' pliis^ du moins en Europe; l'abaissement de la températup. ne leur permettait plus alors de croître dans un grand nonilrr de régions trop éloignées de la zone équatoriale.

imigopodM, polypiers, échlnodcrmet 9 Hryoïoalrcs. — L'histoiiv

géologique de ces classes^ considérées dans leur ensemble, n^^ montre rien de bien saillant à signaler. Ces diverses clasf< ^ étaient représentées à la surface du globe dès la fin de la période cumbrienne ; depuis lors^ elles n'ont pas cessé de faii. partie des faunes qui sont venues les unes après les autres: les genres et les familles de chacune d'elles se succèdent et Si remplacent en persistant pendant un temps tantôt très lon^^ , tantôt très court. Quelques familles sont spéciales à certaine^ périodes et caractérisent les terrains qui leur corresponcUri! Les nummulites commencent et cessent avec la période éocôi • qui^ par conséquent, peut parfaitement bien recevoir 1 q ithète de nummuUlique. Les graptoliles sont spéciales au Iltrain silurien proprement dit, c'est à dire amoindri de toiit<^^ les strates qu'on réunit sous le nom de terrain cumbrien.

CMstéropodM, lamciiibraBciies. — Les gastéropodes et les lamil libranches ont presque la même histoire géologique. Les un^ et les autres ne font pas partie de la faune première ou cui::brienne; ils se montrent pendant la période silurienne; à dater de leur première apparition, ils prennent une extensiiiî de plus en plus grande jusqu'à l'époque actuelle où ils pitsentent leur maximum de développement.

Les gastéropodes pidmonés existaient déjà au moins dès la

BRACHIOPOiOES ET CÉPHALOPODES. 285

fio de la période jurassique ^ mais ce n'est qu'à dater du commencement de la période tertiaire qu'ils ont vécu en grand nombre.

Brachiepddet et céphalopodes — C'est à desseio que je réunis ici ces deux classes do mollusques ; leur histoire géologique est^ en effet; la même. Elles acquièrent, dès la période paléozoîque^ leur maximum de développement ^ conserrent une grande partie de leur importance pendant la période jurassique, puis décroissent rapidement pour présenter leur minimum d'extension pendant la période actuelle. On Yoit que les brachiopodes et les céphalopodes ont eu une destinée inverse de celle des gastéropodes et des lamellibranches.

Les nidistes, que Ton s'accorde maintenant à placer parmi les brachiopodcS; sont spéciaux à la période crétacée.

Parmi les céphalopodes, ce sont les tentacidifères qui , toujours pourvus d'une coquille externe^ ont surtout laissé leurs débris dans les strates sédimentaires ; ce sont eux, par conséquent, qui se prêtent le mieux aux remarques que Ton peut faire sur le mode de répartition géologique des animaux. Les céphalopodes tentaculifères de la période paléozoîque ont une coquille à cloisons simples, tandis que ceux de la période mésozoique ont une coquille à cloison présentant dc^ sinuosités nombreuses. Ckîux de la période crétacée sont en outre remarquables par le grand nombre de formes qui résultent des divers modes d'enroulement de leurs coquilles (genres 5capUtes, Crioceras, Bactdites, etc.).

Les ammonites, qui appartiennent au groupe des tentaculifères , et les bélemnites , qui font partie des acétabulifères, doivent être comptées au nombre des formes les plus caractéristiques de la période mésozoïque.

Aimeiés à rcspirauon aqiiauqve. — Les onnélides Ont laissé des traces de leur ancienne existence sous forme de tubes ou de perforations. Ces traces existent dans tous les terrains fossilifères depuis les plus anciens jusqu'aux plus récents.

Le fait le plus remarquable dans Tbistoire géologique des crustacés nous est fourni par les trilobites ; ces animaux se montrent dans le terrain cumbrfen .inférieur, et disparaissent d'une manière- absolue immédiatement après le dépôt du terrain carbonifère proprement dit; ils caractérisent la période trilobitique. Les crustacés décapodes, qui ont pour types le crabe et Técrevisse^ manquent pendant la période paléozoique; les espèces de cet ordre apparaissent pour la première fois pendant la période du trias et deviennent de plus en plus nombreuses jusque vers le milieu de la période jurassique ; à dater de ce moment, le groupe des crustacés décapodes perd de son importance pour reprendre une nouvelle extension pendant la période quaternaire.

Les cirrhipèdes datent de la période carbonifère ; ils sont de plus en plus abondants à mesure que Ton se rapproche de la période actuelle.

Anndéfl à retptrauon aértcniic. — Les animaux Compris sous cette désignation, les itisectes par exemple, sont très nombreux de nos jours, mais ont peu de représentants à Tétat fossile. Celte rareté ne doit pas nous faire supposer qu'ils entraient pour une faible part dans les faunes anciennes ; elle provient de la délicatesse des organes de ces animaux, de la fragilité de leurs téguments et des conditions défavorables de leur fossilisation.

Les strates les plus anciennes où Ton ait trouvé des débris d'annelés à respiration aérienne appartiennent au terrain

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