COQUILLES ET PARTIES DURES DES MOLLUSQUES
La coquille des mollusques est très rarement cornée, comme dans les lingules et les ptéropodes. Presque toujours elle est calcaire et présente, sur cent parties, la composition suivante : matière animale, i à 3; eau, i à H/,; phosphate de chaux, I à 2; carbonate de chaux, 94 à 98. La substance de la coquille se compose de trois parties : le test proprement dit, qui paraît être ordinairement formé de fibres perpendiculaires; la nacre, qui occupe l'intérieur de la coquille et qui doit ses nuances irisées au phénomène d'optique connu sous le nom d'interférence; Vépiderme, substance cornée, brunâtre, qui, dans la plupart des mollusques marins et dans les moules d'eau douce recouvre les coquilles et voile leur éclat. Ces trois parties n'atteignent pas dans toutes les espèces le même dévelop*pement relatif. Le test très mince du nautile actuel se com^ pose presque exclusivement de nacre; il en était probablement de même pour les ammonites et les anciens céphalopodes à coquille externe. Le test proprement dit ou tissu fibreux est surtout très abondant dans le genre Pinna,. et les genres voisins (antê,p;k^c 15). Quelques gastéropodes ont un opercule adhérent au pied et destiné à fermer la coquille lorsque l'animal s'y est retiré; cette pièce est tantôt calcaire, tantôt cornée.
Les céphalopodes dépourvus d'une coquille externe possèdent ordinairement dans Tintérieur de leur corps un osselet de forme déprimée , destiné à soutenir et à protéger les organes. Cet osselet varie beaucoup, dans sa structure, d'une famille à l'autre. Lorsqu'il atteint son plus haut degré de complication , ainsi que cela avait lieu pour l'animal auquel appartenait la bélemnite , il se compose de trois parties : V une lame, plus ou moins étendue, de forme et de consistance très variables ; 2** une cavité divisée par des cloisons en
loges régulières et constituant ce que Ton appelle , dans la bélemnite^ le godet; 3® le rostre, prolongement placé en arrière de Tosselet. Ces trois parties offrent un développement relatif et une composition qui varient pour chaque famille. Les spirules ont une coquille interne cloisonnée ^ sans lame ni rostre; cette coquille est nacrée, blanche^ partiellement contournée en spirale discoïde. L'osselet du calmar (Loltgo) ou y comme on l'appelle vulgairement^ sa plume, est d'aspect corné ; il est composé de chitine et de matière terreuse ; il ne possède ni rostre ni loges aériennes et sa forme rappelle celle d'une plume ou d'une spatule. L'osselet interne de la seiche, vulgairement désigné sous le nom d'os de seiche, est de nature teslacée; il renferme 85 ^/^ de carbonate de chaux et 11 % de matière animale ; il se termine postérieurement par une petite pointe calcaire, constituant le rostre. Dans les bélemniles, la lame ou osselet était de nature cornée, ainsi que la partie extérieure du godet; les cloisons, placées dans l'intérieur de Celui-ci, et le rostre étaient de nature calcaire; c'est pour cela qu'ils se rencontrent seuls à l'état fossile ; le rostre , que l'on désigne plus spécialement sous le nom de bélemnite (^sXepvov, trait, dard) , correspond à la petite pointe placée à l'extrémité de l'os de la seiche. Enfin , le poulpe, Octopus, est entièrement dépourvu d'osselet interne.
Les autres parties solides que les céphalopodes possèdent et que l'on peut, par conséquent, rencontrer à l'état fossile, sont les organes de la manducation consistant en deux mandibules calcaires ou cornées^ Des becs analogues à ceux des céphalopodes vivants ont été recueillis à l'état fossile. Les uns ressemblent complètement à ceux des nautiles actuels ; les autres ne se rapportent à aucun genre connu et peuvent avoir appartenu à des céphalopodes acétabulifères ; ceux-ci se partagent en trois