FAUNE ET FLORE DE LA PÉRIODE TRILOBITIQUE
cambrienne nous parait permeltre de supposer que les i^ertébrés, s'ils ont vécu pendant cette période, appartenaient surtout à la classe des poissons.
La faune paléozoïque a pour caractères principaux : J'absence complète des mammifères eldes oiseaux; ^ la rareté des reptiles; — la prédominance des poissons; — Texistence d'animaux à forme tout à fait anormale, tels que les trilobiles, les graptolites, les céphalaspis et les ganoïdes cuirassés, etc. Les poissons téléostéens et les poissons homocerques manquent encore d'une manière absolue;- tous appartiennent aux ordres des placoïdes et des ganoïdes.
Période trilobitique.
Cette période, qui comprend les quatre systèmes cumbricn, silurien, dévonien et carbonifère , a reçu avec juste raison répilhète de trilobitique. Les premiers Trilobiies, en effet, se trouvent dans les plus anciennes strates fossilifères; les derniers se rencontrent dans le terrain carbonifère. Depuis leur apparition jusqu'à leur anéantissement, ils n'ont pas cessé d'être représentés à la surface du globe. Les trilobiles vivaient en troupes nombreuses; c'étaient des crustacés à forme anormale, quelquefois susceptibles de s'enrouler en boule; on n'est pas encore parvenu à trouver chez eux des traces de pattes, ce qui porte à croire que ces appendices étaient mcn>braneux, comme chez les apus, et servaient tout à la fois d'organes de respiration et de locomotion.
Les poissons présentaient des formes spéciales et caractéristiques; ils constituaient un ensemble assez nombreux et formaient un des traits les plus remarquables de la fauue trilobitique. La famille des cépbalaspides; qui, avec l'esturgeon.
fait partie des ganoïdes cuirassés^ était spéciale à cette période; elle comprenait des poissons à queue nulle ou hétérocerques, et dont la tête et la partie antérieure du corps étaient couvertes de plaques osseuses qui constituaient quelquefois une carapace compliquée et bizarre ; la forme de ces poissons était tellement anormale que les premiers débris que Ton en a connus ont fort embarrassé les naturalistes; quelques uns de ces débris ont été décrits comme se rapportant à la famille des trilobites et d'autres à la classe des insectes.
Les céphalopodes et les brachiopodes étaient bien plus nombreux et plus caractéristiques que les gastéropodes et les lamellibranches. La coquille des céphalopodes était toujours à cloisons simples. Dans la classe des échinodermes , les échinides et les stellérides étaient à peine représentés ^ tandis que les crinoïdes offraient des genres très nombreux et en grande partie caractéristiques. Citons enfin le type des Graptolites qui est spécial à la période silurienne.
Quant à la flore de la période trilobitique^ le tableau ci-joint 0) nous fait voir comment^ d'abord exclusivement marine^ elle est peu à peu devenue terrestre. Ce tableau^ où le nombre des espèces actuellement connues se trouve mentionné, deviendra plus complet à mesure que nos connaissances en botanique fossile seront plus étendues, mais le fait principal qu'il met en évidence n'en persistera pas moins.
(BrongDtart).
[(Gœpperl).
(1) PÉRIODES
Algues.
PI. terrestres.
Total
HoaiUère ....
ft94
Carbonifère ....
Dévonionne supérieare
îiK
Dôvonienne inférieure.
Silartenne sapérieare .
Silarienne inférieure. .
FAUNE ET FLORE DE LÀ PiRIODB PSAMMITIQUE. 309
Période psammitique.
Ce qui, an point de vue de la faune, distingue essentiellement cette période de la période immédiatement antérieure, c'est Tabsence des trilobites. Les autres changements introduits dans la flore et la faune après la période trilobi tique paraissent être surtout en relation avec les modiflcations subies par la constitution topographique du globe et par les conditions biologiques. Pendant la période psammitique , la température s^est abaissée, le climat est devenu pluvieux et de vastes continents ont occupé remplacement des mers préexistantes.
Les reptiles, représentés dans le terrain trilobitique parle seul Telerpeton Elginmse, deviennent plus nombreux; les uns appartiennent à Tordre des sauriens, les autres au groupe des iabyrinthodontes. Les poissons sont moins abondants; ils montrent un type presque spécial, le genre Palœonisctis, qui apparaît avec Tépoque houillère et ne compte dans le trias qu'une seule espèce. Les mollusques sont également moins nombreux que pendant la période trilobitique; mais ils conservent leurs proporlionsj'elatives et rappellent encore par leurs traits principaux les faunes précédentes. Les céphalopodes et les brachiopodes sont toujours plus répandus que les gastéropodes et les lamellibranches. Les échinodermes continuent à être surtout ~ représentés par les crinoïdes.
La flore terrestre qui, depuis le commencement de la période silurii^nne, s'était développée d'une manière lente et graduelle, prend tout à coup une grande extension pendant la période houillère, ainsi que l'on en peut juger par le tableau précédent. Mais son extension subite ne coïncide nullement avec une modification dans ses caractères essentiels, a En effet, dit M. Ad. Brongniart , pendant toute la période comprise entre la pre-
310 PRODROHE DE GÉOLOGIE.
mière apparition des végétaux terrestres et le dépôt du terrain houiller inclusivement, il n'y a aucune différence importante entre les formes végétales : ce sont les mêmes familles, les mêmes genres et souvent les mêmes espèces; et, dans l'état actuel de nos connaissances sur ce sujet, une flore des végétaux du terrain de transition ne différerait pas plus de celle d'un vrai terrain houiller que ne diffèrent entre elles les flores de couches diverses d'un même bassin houiller ou celles de divers bassins houillers très rapprochés. Cette végétation de la grande période carbonifère et houillère (0 disparaît presque complètement avec elle; la période permienne qui lui succède n'en présente qu'une sorte de résidu déjà privé de la plupart de ses genres les plus caractéristiques; et, pendant la période du grès bigarré, nous n'en trouvons aucune trace. » D'après ce qui précède, si l'oo ne consultait que les indications fournies par la flore, l'époque houillère devrait être réunie à l'époque carbonifère et, par suite, à la période irilobiiique.
J'ai indiqué quels étaient les caractères communs à la flore de la période houillère et à celle de la période permienne. Ce qui les distingue surtout l'une-de l'autre, c'est la disparition des sigillaires pendant la période permienne; les végétaux à racine stigmariée ne consistaient plus, pendant cette période, qu'en quelques rares lépidodendrons.
(i)M. Ad. BroDgniart fait à propos de ceUe végétation la remarque suivante que je reproduis parce qu'elle vient à l'appui de la théorie que j'ai exposée pour expliquer la formation de la houille. « La formation houillère est évidemment une formation terrestre et d'eau douce : les couches de charbon qu'elle renferme sont le résultat de l'accumulation sur place de restes de végétaux qui couvraient le sol à la manière des couches de tourbe ou du terreau des grandes forêts ; ce n'est que dans certaines circonstances exceptionnelles que ces couches alternent avec des couches contenant des débris d'animaux marins , et peuvent être considérées comme résultant du transport dans la mer des végétaux terrestres qui s'y trouvent. »
FAUNE ET FLORE DE Lk PERIODE MÉSOZOÏQUE. 3il