FAUNE ET FLORE DE LA PÉRIODE NUMMULITIQUE
Période nummulitique.
Deux caractères, Tun positif, 1 autre négatif, distinguent parfaitement entre elles la faune de la période nummulitique et celle de la période proboscidicnne : c'est, pendant la période nummulitique, rabsence des proboscidiens et Texistence des nummulitcs. Les faunes de ces deux périodes offrent d'ailleurs de nombreux rapports.
D'après M. P. Gervais, on retrouve en France les restes d'au n)oins sept populations de mammifères, toutes distinctes les unes des autres. Trois de ces populations ont vécu pendant la période nummulitique; ce sont celles i° des sables du Soissonnais; 2« du calcaire grossier de Paris; 3* du gypse de Montmartre. Les débris recueillis dans, les dépôts correspondant à l'époque des sables du Soissonnais n'ont permis de reconstituer avec certitude que les trois genres Corj/phodon/Palœonictis et Arctocyon, représentés le premier par deux espèces et chacun des deux autres par une seule. Li population mastozoïque qui a occupe le sol de la France pendant l'époque du calcaire grossier est surtout caractérisée par des Lophiodon , pachydermes voisins des Corypiiodon et des tapirs. La population de l'époque du gypse de Montmartre est surtout riche en Paloiotherium, pachydermes de l'ordre des jumentés.
Les mammifères carnassiers étaient peu abondants et d'une taille médiocre pendant la période nummulitique. La nombreuse population des mammifères herbivores était moins inquiétée par les grands animaux destructeurs, que ne devait l'être celle de la période suivante. Cette population se composait presque exclusivement de pachydermes, dont un assez grand nombre de genres, tels que les Coryphodon , Lophiodon , Palœotherium , Anoplotherium , sont spéciaux à la période
nummulitique. Les primates, les chéiroptères, les insectivores les rongeurs , les édentés, n'existaient pas encore ou éiaienl peine représentés.
Parmi les caractères de la flore nummulitique citons : la db parition des cycadées, du moins en Europe ; — la persislan. des conifères, appartenant à des genres des régions tempérui .^ et non tropicales; — Tabondancc des palmiers; — la [»r mière apparition des plantes à fleurs très apparentes (légiinaneuses, malvacées); — Timportance de plus en plus gran: prise par les angiospermes. Toutefois, ces dernières appartii!. nent encore, pour la plupart, aux espèces à feuilles persitantes. D'après M. G. de Saporta, qui a étudié avec sr la flore du gypse d'Aix, les végétaux à feuilles caduques i: jouaient qu'un rôle très secondaire dans la flore éocène ; i étaient distribués en individus isolés et de petite taille; c'élaii plutôt des arbustes que des arbres véritables. M. G. de Sapoi pense, en outre, que la chute des feuilles, dans ces espèce loin d'entraîner l'existence d'une saison froide, est un pbtn» mène très conciliable avec la température élevée que jusir. la profusion des formes tropicales pendant la période raiocL:. Parmi les familles d'angiospermes à feuilles persistantes, cc: des protéacées était une des plus répandues. Les protéacées, t;' : pendant la période pliocène, ont persisté en Europe, n'y exisl . plus aujourd'hui ; elles sont abondamment représentées d a ^ rhémisphère austral en Amérique, mais surtout au Cap c dans l'Australie, où elles forment un des traits caractéristiijML de la végétation. Cc sont des arbres de taille médiocre on ù arbrisseaux à feuilles toujours vertes, ù fleurs apétales av calice coriace et coloré.