FAUNE 'DE LÀ PÉRIODE HOMOZOÏQUE
Evidemment^ sa présence rend impossible le déyeloppement des êtres qui pourraient être nouvellement créés; il y a pour ainsi dire incompatibilité entre son existence et le fonctionnement du pouvoir créateur. Mais Thomme favorise^ dans une large mesure^ la propagation des plantes et des animaux qui lui sont utiles : il détermine aussi Tapparition de races nouvelles^ ou, comme le disait Lamarck^ de a commencements d'espèces^ » et , si la théorie de Darwin était fondée ^ il serait même en possession de la puissaijce créatrice (aniêf page 266). Son intelligence lui permet de se transporter partout, comme les reptiles le faisaient jadis grâce à leur variété d'organisation ; il habite de préférence le sol émergé, mais il sait aussi s'élever dans les airs, pénétrer dans les mines profondes, sillonner les mers dans tous les sens. Enfin, la nature inorganique ne peut pas se dérober complètement à son .action ; les phénomènes qui ont leur siège dans les profondeui*s de Técorce terrestre se dérobent seuls à son influence ; mais par les dé* boisements il peut modifier l'aspect du sol et les climats; certains phénomènes prennent par suite de son intervention un cours différent; les deltas acquièrent un accroissement plus rapide, et Tenvahissement des terres par les dunes se trouve interrompu ou ralenti. L'ère jovienne est donc bien le « règne de rhomme » et la fin de ce règne ne viendra qu'avec celle de l'homme lui même.
noBc de u périadc feomoioiqae. — La dénomination de période homozoïque, employée comme synonyme de celle d'ère jovienne, trouve sa justification dans le caractère même de cette période. Les plantes et les animaux dont se composent les faunes et les flores de l'époque actuelle et des diverses époques de l'ère jovienne appartiennent constamment aux
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mêmes genres et très souvent aux mêmes espèces; ce fait est surtout exact pour les végétaux et les mollusques. L'énumératioQ des espèces recueillies par sir Lyell dans les strates marines qui, en Sicile ^ représentent le terrain quaternaire^ lui a montré que 95 ""/o d'entre elles vivaient encore. Dans une liste dressée par M. Pictet, et comprenant 90 espèces environ de mammifères et de reptiles faisant partie de la faune quaternaire j 57 sont inscrites comme étant encore vivantes. Enfin, ce qui achève d'imprimer à toute la faune quaternaire un certain caractère d'identité avec celle de Tépoque actuelle, ce qui nous permet de dire que ces 'deux faunes sont presque semblables, (d'où le nom de période homozoïque donné à rère jovienne) , c'est la présence constante de l'homme à la surface du globe depuis le commencement de l'ère jovienne. Les espèce? différentes sont pourtant en nombre suffisant pour caractériser les époques dont la réunion constitue l'ère jovienne ; c'est ainsi que nous voyons à VElephas meridiofialis succéder VElephas primigenius et celui-ci céder la place aux Elephas africanus et indictis actuellement vivants.
Tous les genres et presque toutes les espèces de l'époque actuelle non seulement existaient déjà presque dès le commencement de l'ère jovienne, mais, en outre, avaient la même distribution géographique que de nos jours; dès lors, les édentés étaient presque spéciaux à l'Amérique méridionale et les marsupiaux à l'Australie.
C'est surtout pendant l'ère jovienne que les carnassiers ont pris un développement excessif, et ont dû singulièrement limiter l'extension des races herbivores. L'Europe, qui, de nos jours^ ne compte qu'un petit nombre de grands animanx de proie , était alors livlrée aux déprédations de deux ou trois espèces d'hyènes, de nombreux ours bien plus grands et bien
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plus forts que les nôtres^ de loups, et d'au moins cinq espèces de chats , dont une plus grande que le lion , et une autre au moins aussi redoutable que le grand tigre du Bengale. Pendant l'ère jovienne, les pachydermes conservent à peu près la même importance que pendant la période précédente , mais les ruminants prennent; comme les carnassiers^ une plus grande extension ; le genre Bos ne parait dater que du commencement de rère jovienne. L'ordre des proboscidiens est repré* sente par deux genres : le genre Mastodon , qui disparait peu après le commencement de Tère jovienne, et le genre JEfcphaSf qui existe encore, et dont les débris se rencontrent si fréquemment dans les dépôts de la période dilu\ienne.
Citons, parmi les types remarquables de la période jovienne, les oiseaux gigantesques de la famille des autruches dont les débris se rencontrent dans les dépôts diluviens et dont la dis- [tarition est sans doute l'œuvre de Thonmie. Ces oiseaux, dont quelques espèces avaient quatre mètres de hauteur, appartiennent aux genres Epiomis, de Madagascar, Dinomis et Mapteryx^ de la Nouvelle Zélande.
norc 4e la période bomoioiqae. — J'emprunte à un travail de M. 0. Heer les deux passages suivants qui donneront une idée (le ce qu'était la flore jovienne avant l'époque actuelle. Cette flore ne différait pas de celle qui existe aujourd'hui. Souvent les espèces dont elle se composait habitent encore les pays où elles se rencontrent à l'état fossile; d'autres fois, elles ont émigré et se retrouvent dans des régions plus ou moins éloignées de leur point d'origine; rarement, elles ont complètement disparu de la surface du globe.
Les débris de végétaux recueillis dans la tourbe dlJtznach (aruè^ page 171) permettent de se faire une idée de la flore du
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commencement de Tère jOYienne. a Cette tourbe a fourni le sapin {Pintis abies) ^ le pin (Pinus sylvestris) y et le bouleau (Betidus albà) , qui se confondent avec ceux de notre épofque^ du moins pour ce qui concerne les espèces. On en peut dire autant des joncs {Scîrpus lacustris) , des roseaux (Phragmites communis) et du trèfle des marais {MeniarUhes trifoliata), auxquels nous pouvons encore ajouter le mélèze {Pinus larix). Il est cependant quelques espèces^ entre autres un noisetier, dont je n*ai pu trouver Tanalogue parmi les noisetiers vivants. Ajoutons que tous les marais tourbeux ont une flore très monotone et qu'à n'en pas douter les collines et les montagnes voisines dIJtznach étaient revêtues d'une végétation plus riche, et qu'elles possédaient probablement plusieurs espèces qui se sont perdues depuis ou du moins ne sont point parvenues à notre connaissance. »
La vallée de Stuttgart et de Kannstadt présente un tuf où de nombreux ossements du mammouth et du rhinocéros velus sont enfouis avec des débris de plantes dont l'étude peut nous fournir des renseignements sur la flore de la période interglaciaire. « La flore avait alors à peu près le même caractère qu'elle a maintenant dans le pays. On y trouve des sapins rouges et des sapins blancs, le hêtre, le chêne pédoncule , le tremble et le peuplier blanc; des bouleaux et des ormeaux, et, parmi les arbustes, des saules, des noisetiers , des nerpruns et des coroouillicrs. On y rencontre cependant quelques espèces qui manquent aujourd'hui à cette contrée : tels sont l'érable de montagne, ïe buis et f airelle des marais, puis deux espèces perdues, savoir un peuplier {Populiis Frasii) à feuilles très grandtjs et rappelant par sa forme le peuplier baume d'Amérique et un chêne très remarquable {Quercus mammouthi) portait des feuilles magnifiques et de gros glands. »