‹ Prodrome de géologieChapitre 93 sur 170 · TRAVAUX DE M. BOUCHER DE PERTHES · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE M. BOUCHER DE PERTHES

decéderàun sentiment antireligieux^ espérait trouver un témoignage en faveur de la tradition biblique; les restes des hommes anéantis par le déluge et des débris de leur industrie devaient, selon lui, se rencontrer dans le sol que les eaux avaient subitement envahi et remanié. Toutefois, ce ne fut qu'en 1841 que M. Boucher de Perthes se trouva en possession de débris de Tindustrie humaine antérieurs à Tépoquc celtique; ces débris étaient des haches en pierre trouvées dans les sables diluviens de Uenchecourt, un des faubourgs d'Abbeville; c'est dans ces sables que l'on avait déjà rencontré des ossements A'Elephas primigeninSj de IthinocerosticIiorhiniiSy etc. En 1844, M. Boucher de Perthes recueillit lui même, dans les sablières de l'Hôpital et de Moulin Quignon , à Àbbeville, des pierres travaillées de main d'homme. A dater de cette époque, son musée ne cessa de s'enrichir de haches et de couteaux fournis par le terrain diluvien. En 1846, il communiqua les résultats de ses recherches à l'Académie des sciences, mais la cause soutenue par l'auteur des Antiquités celtiques et antédiluviewies avait si peu d'adhérents que la commission nommée par l'Académie des sciences jugea inutile de faire un rapport sur le travail soumis à son * eiamen. Pourtant, en 1847, MM. Jomard et C. Prévost venaient à Abbeville; ils visitaient les bancs explorés par M. Boucher de Perthes, le$ reconnaissaient pour diluviens, et après avoir admis que les silex étaient bien t;*availlés de main d'homme, ils acquéraient la certitude qu'ils provenaient de ces bancs diluviens. En 1854, feu le docteur Rigolot, d'abord un des principaux opposants à l'opinion soutenue par M. Boucher de Perthes, publiait un mémoire, pour démontrer l'authenticité des découvertes faites par ce dernier. Enfin, en 1859, Falconer, Prestwich, et M. Gaudry se rendaient à Abbeville, et, après des fouilles pratiquées sous leurs yeux, acquéraient

la conviction que les silex taillés se trouvaient dans un terrain vierge, associés à des ossements de mamnnifères d'espèces anéanties. Depuis lors, de nonibreux géologues ont visité les environs d'Abbeville et la vallée de la Somme ; tous, à Texception de M. Se. Gras, qui a vainement essayé de démontrer que les silex avaient été introduits dans les sables diluviens après le dépôt de ces derniers, tous, dis-je, ont reconnu Texactitude des faits avancés par M. Boucher de Perthes. Enfin, en 1863, la rencontre d'un maxillaire inférieur au dessous du terrain diluvien de Moulin Quignon a fourni une dernière preuve à Tappui de l'ancienne existence de l'homme dans la vallée de la Somme.

Lorsqu'on suit les diverses péripéties par où la question de l'homme fossile esl passée, on est amené à répéter avec sir Lyell la sentence formulée par M. Agassiz de la manière suivante : « Toutes les fois qu'un fait nouveau et saillant se produit dans la science, les gens disent d'abord : t Ce n'est pas vrai ; » ensuite : a C'est contraire à la religion ; » et à la fin : « Il y a longtemps que tout le monde le savait. » Désormais, la découverte d'un silex taillé, dans le terrain diluvien, ne surprendra pas plus que celle d'une ammonite dans le terrain jurassique.

Témoïgnagtê de ranelenne exlttence de momme. — LeS indiceS et

les documents sur lesquels l'existence de l'homme fossile a été établie, sont : 1«> les ossements humains; 2^» les traces du travail de l'homme sur les ossements des divers animaux ; 3*» les débris de l'industrie humaine.

Divers petiples des régions polaires, les Lapons, les Esquimaux, les Samoyèdes, etc., ont l'habitude de casser les os longs pour se nourrir de la moelle ou bien pour faire avec la moelle et la cervelle un mélange destiné à la préparation des

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