PRINCIPALES LOIS QUI ONT PRÉSIDÉ AUX RENOVATIONS ORGANIQUES
Changements successivement apportés dans les faunes et les flores. — Evolution terripélale. — Dépendance mutuelle des organismes; influence des milieux. — Passage insensible entre les faunes. — Intermittence apparente dans la vie des espèces. — Théorie des colonies de H. Barrande. — Loi de la spécialité des fossiles; exceptions apparentes observées dans les Alpes et la Bohême. — Accroissement dans la variété des formes organiques. — Continuité des types; espèces prophétiques. — Théorie du développement progressif. — Tendance vers les types actuels. — Variations dans la quantité de vie à la surface du globe.
ininMialls dans les ftinacs et les florti.
— Je me propose, dans ce chapitre, d'énumérer quelques unes des lois générales qui ont présidé aux évolutions de Torganisme pendant les temps passés. Ces lois ont fonctionné simultanément. Tantôt elles ont tendu yers des buts différents et leurs effets se sont alors trouvés annihilés ou amoindris; tantôt, au contraire, elles ont exercé une action concomittante et leurs effets se sont manifestés dans de plus larges propor* tions ; dans tous les cas, elles ont été soumises à d'assez nombreuses exceptions.
Une partie des changements successivement introduits dans les faunes et les flores est en relation avec les modiûcations apportées dans le relief de chaque contrée et, par suite, dans son climat. Oh conçoit qu'aux périodes alternativement marines et continentales que présente l'histoire géologique d'un
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pays correspondent des flores et des faunes altematiTement marines et lacustres. C'est en tenant compte de cette influence du milieu sur les manifestations organiques que G. Bronn a établi sa loi de TéTolution terripétale.
Une autre partie de ces changements est en rapport avec des lois spéciales et indépendantes des milieux où la vie se développe. Quelques unes de ces lois nous sont complètement inconnues; d'autres ont pu être signalées ou entrevues; mais leur raison d'être^ ou^ en d'autres termes^ leur essence , se dérobe à nos recherches.
Presque toutes les lois qui ont présidé aux transformations de la flore et de la faune reconnaissent donc deux causes; mais il est toujours difficile de faire la part d'influence qui revient à chacune d'elles. Ces deux causes sont: l'une, l'action toujours plus ou moins appréciable exercée sur les êtres organisés par le milieu où ils vivent; l'autre^ la nature plus ou moins mystérieuse ou, si l'on veut, l'essence même des forces qui déterminent les rénovations organiques. Il est permis de penser que l'accord le plus complet a toujours existé entre ces deux causes, et que^ par exemple^ à chaque renouvellement des faunes et des flores^ les êtres organisés, au moment de leur création, se sont trouvés par leur nature en harmonie avec le milieu où ils étaient appelés à vivre.
L'étude des circonstances dans lesquelles les rénovations organiques se sont efTectuées est basée sur l'axiome suivant : pendant toute la durée des temps géologiques et pendant l'époque actuelle, la vie a toujours été soumise j sotis les rapports anatomiqite, physiologique et climatologique , aux mêmes conditions de développement.
— «Les modifications principales qu'eurent