A DROITE DU PISTON
Explosion, détente, évacuation des gaz brûlés par les orifices a, introduction de mélange tonnant. — Course motrice.
Fin de l'évacuation des çaz brûlés et de l'introduction du mélange neuf. Com- .
pression.
2 e temps : Le piston P se meut de droite à gauche.
Fin de l'évacuation des gaz brûlés et de l'introduction du mélange neuf. Compression.
Explosion, détente, évacuation des gaz brûlés, introduction de mélange tonnant. — Course motrice.
Il y a donc une course motrice par course du piston ou deux courses motrices par tour de f arbre.
9. Le développement des grands moteurs à gaz. — Le moteur Simplex de Delamare-Deboutteville et Malandin. — Le premier moteur monocylindrique à simple effet de 100 chevaux est dû à deux ingénieurs français, Delamare-Deboutteville et Malandin( [ ). Ce moteur, dénommé le Simplex, fut exposé à Paris à l'Exposition universelle de 1889. Son cylindre a 575 millimètres d'alésage et 950 millimètres de course ; l'arbre h manivelle a 240 millimètres de diamètre; les deux volants ont chacun 3 m ,60 de diamètre et un poids de 3.900 kilogrammes ; la vitesse de rotation est de 107 tours par minute. L'allumage est électrique ; il est effectué par une étincelle jaillissant d'une manière continue dans une chambre de combustion placée à l'arrière du cylindre et communiquant avec lui en temps voulu par un orifice percé dans le tiroir de distribution. Le mélange de l'air avec le gaz combustible s'opère dans un réservoir sphérique fixé contre le chapeau du tiroir. L'admission, opérée d'après le principe du Tout ou Rien, est réglée par un régulateurpendule d'un ingénieux modèle. Enfin, la mise en marche est obtenue par un dispositif de mise en train permettant à un seul homme de faire tourner un moteur de 100 chevaux.
En 1890, MM. Matter et C le montent à Pantin, aux moulins Abel Leblanc, un moteur Simplex de 200 chevaux. Ce moteur, qui reste pendant longtemps le plus puissant moteur à gaz monocylindrique, présente les dimensions suivantes :
Alésage 870 millimètres
Course du piston 1 .000 —
Nombre de tours par minute 100 tours
Ce moteur est alimenté par du gaz pauvre produit par un gazogène ; la dépense de charbon d'Anzin n'atteint pas 500 grammes par cheval-heure effectif en marche industrielle.
Mais le grand succès et la renommée des moteurs Simplex datent de la collaboration de Delamare-Deboutteville et des ingénieurs de la Société Cockerill à Seraing, près Liège.
10. Moteur Cockerill & simple effet. — Ceux-ci, frappés des avantages que peut présenter le moteur Simplex au point de vue de l'utilisation des gaz de hauts fourneaux, font un premier essai avec un petit moteur de ce type. La mise en marche a lieu le
(!) Voir pour la description de ce premier moteur Simplex : Witz, Moteurs à gaz et à pétrole, t. II, p. 613; Hubert, Annales des Mines de Belgique, t. II, février 1897 ; Bulletin de la Société de Vindustrie minérale, 3« série, t. XIV, 1900; Ççmmuniçation au Congrès de Mécanique tenu à Liège en juin 1905.
20 décembre 1895 ; pendant dix-huit mois, le moteur, développant une puissance de 4 chevaux effectifs, actionne quelques machines-outils, en fournissant un travail journalier d'environ seize heures.
Cette marche excellente permet de se rendre compte de ce qu'il convient de faire pour la réussite des gros moteurs. Une première modification du petit moteur le met en état de développer 8 chevaux au frein et, sous la direction de M. Delamare-Deboutteville, les ateliers de Seraing établissent en 1897 un moteur Simplex ayant m ,800 de diamètre et 1 mètre de course ; ce moteur développe 200 chevaux effectifs en tournant à 105 tours par minute.
Ce moteur est une copie perfectionnée du moteur de Pantin ; il a fallu changer les
Fig. 152. — Moteur Cockerill de 600 chevaux à simple effet.
dimensions relatives des soupapes d'air et de gaz pour adapter le moteur à la pauvreté des gaz fournis par les hauts fourneaux et, de plus, prendre des précautions spéciales pour évacuer les poussières amenées par ces gaz dans le cylindre. Après quelques tâtonnements, les essais de juillet 1898 mettent en lumière les qualités du moteur et montrent la possibilité d'employer le gaz des hauts fourneaux pour son alimentation.
Encouragée par ce succès, la Société Cockerill établit, en 1899, un moteur monocylindrique de 600 chevaux, commandant directement une machine soufflante par le prolongement arrière de la tige du piston. Cette machine est exposée à Paris en 1900 dans la galerie du Champ de Mars : elle est représentée sur la figure 152. Les dimensions vraiment colossales de ce moteur sont les suivantes :
Diamètre du cylindre moteur l m ,300
Course du piston 1 ,400
Diamètre de la tige du piston ,244
Longueur de la bielle 4 ,600
Diamètre de l'arbre ,460
Dimensions de l'espace total occupé par le moteur :
Hauteur au-dessus du sol 4 ,000
Longueur 11 ,000
Largeur 6 ,000
Compression normale par centimètre carré 9 kR ,500
Diamètre du volant 5 m ,000
Poids du volant 33 tonnes
Poids total de la machine (y compris le volant) , 127 tonnes
LES GRANDS MOTEURS A GAZ