PRÉFACE V
L'élimination des matières volatiles par des lavages méthodiques permet la récupération de sous-produits. Cette méthode a été employée en Angleterre par Mond pour recueillir les produits ammoniacaux qui prennent naissance dans Faction à basse température de la vapeur d'eau sur des charbons riches en azote. D'immenses installations ont été construites ; certaines gazéifient jusqu'à 200 tonnes de charbon par jour et fournissent du gaz à des fours et à des moteurs à gaz de 500 à i.000 chevaux.
Mais le développement des moteurs à gaz de grande puissance ne s'est produit qu'à partir du moment où il a été possible d'alimenter ces moteurs au moyen des gaz sortant du gueulard des hauts fourneaux. On sait que ces gaz contiennent encore environ 35 0/0 d'éléments combustibles formés principalement d'oxyde de carbone.
La chaleur dégagée par la combustion de ces gaz peut être utilement employée soit pour le réchauffage des Cowper, soit pour la production d'une certaine quantité d'énergie mécanique. Pendant longtemps on s'est contenté de brûler ces gaz sous des chaudières fournissant delà vapeur à des machines actionnant les appareils du service du haut fourneau; on obtenait ainsi un excédent de puissance de 4 à 5 chevaux environ par tonne de coke consommée par vingt-quatre heures. Si, au lieu de passer par l'intermédiaire chaudière et moteur dont le rendement est très faible, on produit l'énergie mécanique en alimentant directement un moteur à gaz au moyen des gaz du gueulard, on est conduit à réaliser un excédent de puissance près de 4 fois plus considérable que dans le cas précédent. Cette puissance disponible de 20 chevaux par tonne de charbon consommée en vingt-quatre heures permet d'assurer le service d'une usine métallurgique et même de produire un transport de force à des prix très rémunérateurs. C'est ainsi qu'aux usines Cockerill la station centrale, composée uniquement de moteurs à gaz alimentés par du gaz de haut fourneau, fournit de la lumière et de l'énergie à d'immenses ateliers.
Les hauts fourneaux ne sont pas les seuls appareils sidérurgiques capables de produire de l'énergie utilisée dans des moteurs à gaz. Les fours à coke métallurgique, si répandus dans tout le district rhénan-wesphalien, commencent aussi à être employés à ce point de vue comme gazogènes.
L'épuration de ces gaz est la plus grande difficulté que l'on ait rencontrée dans leur utilisation. Les poussières très fines et très denses qui se maintiennent en suspension dans les gaz des hauts fourneaux doivent être éliminées avec le plus grand soin ; on est parvenu actuellement, par un refroidissement suffisant et par une sorte de turbination en présence de l'eau, à réduire la proportion de ces poussières à être de 2 centigrammes par mètre cube. Les gaz de fours à coke ne contiennent pas de telles poussières, mais la proportion assez grande des goudrons, des composés sulfurés et cyanés nécessite des appareils d'épuration extrêmement développés.
Les moteurs de dimensions colossales qui utilisent les gaz des hauts fourneaux et des fours à coke appartiennent soit au type à quatre temps (moteurs Cockerill, de la Société de Nuremberg, Otto-Deutz, etc.), soit au type à deux temps (moteurs QEchel-