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RENDEMENT THERMIQUE PU CYLINDRE

7 novembre 14 novembre 2 décembre

1/2 charge 18,6 0/0 24,8 0/0 18,4 0/0

3/4 charge 23,2 — 23,2 — 23,1 —

Pleine charge 19,5 — 21,9 — 21,3 —

En réalité, ce moteur est très souple et se plie à des conditions de marche très différentes. On a pu faire varier brusquement la pression de 45 à 62 centimètres de mercure à la machine soufflante sans qu'il arrivât autre chose qu'un ralentissement de la vitesse du moteur, conséquence logique de l'augmentation du travail résistant.

La plus grande difficulté que l'on ait rencontrée dans l'utilisation du gaz de haut fourneau dans les moteurs à gaz est venue de la présence des poussières. Il a fallu, pour les éliminer, perfectionner considérablement les appareils d'épuration.

Nous allons maintenant insister sur les procédés employés pour l'épuration.

( x ) H. Hubert, Sur quelques progrès récents des moteurs à gaz de haut fourneau (Revue universelle des Mines et de la Métallurgie, 46* année, 3* série, t. LIX, septembre 1902).

28. Les premiers essais de la Société Cockerill ne nécessitent pas une épuration spéciale des gaz de hauts fourneaux. — Au début de leurs études sur l'alimentation des moteurs à gaz au moyen des gaz de hauts fourneaux, les ingénieurs de la Société Cockerill n'ont pas eu à se préoccuper d'une épuration particulièrement soignée des gaz. Par suite de la nature spéciale des minerais traités, le gaz produit h Seraing ne contient que (^',25 à 0* r ,50 de poussières par mètre cube. Il suffit,, pour le purifier, de lui faire traverser avant d'arriver au moteur :

1° Une chambre de dépôt voisine des hauts fourneaux, du type des chambres silé sienne s, divisée en quatre compartiments par des chicanes et dont les dimensions sont

43 Œ ,50 X 2«,75 X 12 mètres ;

2° Un épurateur de 5 mètres de diamètre et de 6™, 40 de hauteur;

3° Un appareil refroidisseur consistant en une caisse en tôle également divisée par des chicanes où le gaz reçoit des jets d'eau lancés par quatre injecteurs Kœrting de m ,010; lesdimensions de cet appareil sont 5 m X7 m X2 m ,40, et sa capacité est d'environ 70 mètres cubes ( 1 ).

Ces simples appareils épurateurs sont suffisants pour que des moteurs de 600 chevaux à simple effet (type de l'Exposition de 1900) puissent fonctionner pendant plusieurs mois sans qu'aucun inconvénient dû aux poussières vienne à se manifester.

29. Difficultés rencontrées avec les gaz très poussiéreux de Differdange.

— Mais, quand les ingénieurs de Seraing mettent en marche, au mois d'août 1900, la première des neuf machines à gaz de 600 chevaux installées à Differdange (grand-duché de Luxembourg), ils sont obligés, au bout de trois semaines, d'arrêter le moteur dans lequel s'est accumulée une grande quantité de poussière. L'analyse des gaz de Differdange montre l'existence de 4 à 5 grammes de poussières par mètre cube, c'est-à-dire 10 fois plus qu'à Seraing. Les appareils d'épuration employés primitivement aux usines Cockerill sont tout à fait insuffisants pour épurer le gaz destiné à l'alimentation des moteurs.

30. La période de la recherche de l'épuration des gaz dans l'industrie de la fonte. — Les ingénieurs anglais et allemands qui, à cette époque, sont les protagonistes du nouveau mouvement industriel, se heurtent, aux mêmes difficultés d'épuration. L'industrie de la fonte entre alors dans la période dite de recherche de l'épuration des gaz qui conduit à l'invention d'une multitude de systèmes épurateurs. Ces études semblent, à l'heure actuelle, avoir abouti. On sait quelle est la méthode à suivre pour épurer le gaz destiné à l'alimentation des moteurs. On possède quelques appareils d'épuration fonctionnant actuellement dans de bonnes conditions.

Nous allons indiquer ici quels sont les principes à suivre pour aboutir à l'épuration donnant le meilleur emploi des gaz de hauts fourneaux aux Cowper et aux moteurs à gaz.

31. Influence de la nature du minerai sur la teneur en poussière des gaz de hauts fourneaux. — Lorsqu'on dose les poussières contenues dans les gaz de divers hauts fourneaux, on voit que ces gaz sont plus propres (moins chargés de poussières) dans les usines qui font des fontes hématites avec des minerais durs en morceaux ou en mélange avec des purple ores (minerais pourpres) : ces gaz sont d'ailleurs plus faciles à épurer, car leurs

(») Hubert, Utilisation directe des gaz de hauts fourneaux (Congrès de la Métallurgie, 1900).

poussières, toujours lourdes, se déposent dans les premières caisses ou tubes, tout près des hauts fourneaux et ne sont pas entraînées très loin. C'est ce qui arrive à Seraing. Au contraire, à Differdange et généralement dans le Luxembourg, les gaz sont très poussiéreux, parce que les usines traitent des minerais oolilhiques dont la gangue est une sorte d argile que la chaleur dessèche et que le courant gazeux transporte au loin. Les gaz produits dans ces conditions tiennent en suspension des poussières très fines qui ne se déposent ni dans les conduites de plusieurs centaines de mètres, ni dans les scrubbers ordinaires»

Fig. 116. — Plan d'ensemble des épurateurs du Blast Furnace Power Syndicat©.

32. Classification des appareils d'épuration des gaz de hauts fourneaux. —

L.cs appareils d'épuration qui ont été proposés pour arrêter ces poussières appartiennent à deux types, suivant la classiflcation proposée par M. Greiner( 1 ).

1° Les évurateurs statiques, qui consistent en une série de scrubbers ou colonnes en tôle, contenant du coke ou de la paille de bois sur laquelle coule de l'eau ;

2° Les épurateurs dynamiques, basés sur la réaction produite par la force centrifuge sur le mélange du gaz et des poussières en contact avec une pluie d'eau introduite dans l'appareil. Les matières solides et liquides entraînées à la périphérie de l'appareil sont expulsées par des ouvertures placées à la circonférence, tandis que les gaz violemment fouettés sortent purifiés à Tune des extrémités de l'appareil.

33. Appareils statiques. — Épurateur Thvvaite-Gardner. — Les appareils statiques introduits en Angleterre par Thwaite ont été employés en Allemagne à la Georgsmarienhiltte, près d'Osnabruck; à la Gutehoffnungshûtte ; à la Friedenshûtte, en Haute-Silésie.

La figure 116 représente le plan d'ensemble d'un épurateur statique Thwaite-Gardner installé au Blast Furnace Power Syndicate. Le gaz qui sort du haut fourneau 1 est conduit par un tuyau 2 à un collecteur 3 qui l'amène à un séparateur de poussières 4. Ce séparateur, sorte de tamis agissant à sec, se compose de deux chambres semblables, où les gaz

( l ) Grbiher, la Poussière dans les gaz des hauts fourneaux (Génie civil, t. XXX1X, 1901, p. 25),

pénètrent par deux valves B, B' et s'échappent de même en D, D'. Ces quatre valves sont identiques ; elles sont commandées ensemble par un arbre parallèle aux tamiseurs entraînant les deux leviers G et G'. Ces quatre valves sont ainsi solidaires, et, quand celles de l'un des tamis sont levées, celles de l'autre sont fermées. Les tamis sont formés chacun de deux toiles métalliques parallèles montées sur un cadre; ils sont vigoureusement secoués afin d'empêcher que les poussières n'adhèrent et n'obstruent le passage (*).

C'est après cette première épuration à sec que les gaz sont aspirés au ventilateur 6 par la conduite 5.

Ce ventilateur refoule le gaz soit directement dans le refroidisseur 12, soit d'abord dans un laveur 11, puis dans le refroidisseur 12. En sortant du ventilateur, les gaz rencontrent d'abord, en 18, une soupape, dite soupape de sûreté du gazomètre, qui interrompt le passage des gaz dès que celui-ci est plein.

En sortant du refroidisseur 12, le gaz traverse un scrubber à coke 13 qui lui fait subir une filtration grossière parachevée dans les filtres à sciure 14. Les gaz s'accumulent ensuite dans le gazomètre 15, <Toù, par la conduite 16, ils se rendent directement au moteur 17.

La plupart de ces appareils sont en double et des valves de renversement permettent d'envoyer les gaz soit dans une série d'appareils, soit dans l'autre, afin de permettre le nettoyage des divers éléments sans être obligé d'arrêter ou de gêner en quoi que ce soit la marche de l'opération.

34. Inconvénients que présentent les appareils statiques» — Ces appareils statiques ( 2 ) possèdent l'inconvénient d'être un peu encombrants et coûteux d'installation. Ainsi, d'après l'installation de Friedenshutte, pour arriver à n'avoir plus que quelques milligrammes de poussière par mètre cube, il faudrait dépenser environ 615.000 francs pour épurer le gaz produit par un haut fourneau de 100 tonnes. Or, nous le verrons, il est indispensable d'atteindre ce degré d'épuration pour alimenter des moteurs à gaz. On est arrivé à diminuer l'encombrement et le prix de ces installations statiques Thwaite-Gardner. Mais, comme le font remarquer M. A. Bailly ( 3 ) et M. E. Bian( 4 ), ces appareils ne rendent de véritables services que pour l'épuration des gaz de haut fourneau destinés à desservir des installations de 4 à 500 chevaux ; ils deviennent tout à fait impraticables dès qu'il s'agit des installations actuelles de plusieurs milliers de chevaux.

85. Méthode dynamique. — Aussi est-ce à la méthode dynamique que l'on s'adresse aujourd'hui pour épurer le gaz des hauts fourneaux. Mais cette méthode ne peut conduire à un bon résultat que si Von suit certaines règles qui ont été indiquées par la pratique et sur lesquelles il est maintenant nécessaire d'insister.

(!) Il paraît que l'effet de ces tamis est beaucoup plus actif lorsque, entre leurs toiles, passent des décharges électriques. Les poussières, quand elles sont très sèches et dans un milieu non conducteur, sont facilement retenues. C'est l'appareil d'épuration électro-statique qui ne semble pas avoir été adopté. On trouvera des renseignements sur ce mode d'épuration dans le mémoire suivant :

Ch. de Mocomble, De l'utilisation des gaz de haut fourneau, 2* partie, p. 204 (Revue de Métallurgie, 2* année, mars 1905).

( 9 ) On trouvera les détails concernant ces appareils statiques dans les publications suivantes :

De Mocomble, loc. cit. — Ce mémoire contient aussi d'intéressants détails sur les installations allemandes de Friedenshutte, Hœrde, Donnersraarckhùtte, Gutehoffnungshûttc;

J. Deschamps, VEpuration des gaz de haut fourneau (Bévue de Mécanique, t. VI (I, p. 623) ;

Lencauchez, Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, juin 1902 ;

Tessikb, Bulletin technologique, avril 1893;

Gouvy, Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, janvier 1903.

( 8 ) A. Bailly, Congrès de Métailurgie, Liège, séance du 21 juin 1905.

( 4 ) E. Biah, Epuration des gaz de haut fourneau (Congrès de Métallurgie, Liège, 1905).

36. Degré d'épuration des gaz destinés à l'alimentation des moteurs. —

Et d'abord quel est le degré d'épuration auquel on doit parvenir pour les gaz destinés à Falimentation des moteurs? Ce degré d'épuration demandé actuellement par les constructeurs est descendu jusqu'à 0* r ,02 par mètre cube au lieu de 0^,10 et 0* r ,05 dont on se contentait il y a quelque temps ( { ).

37. Nécessité de l'épuration de la totalité des gaz de hauts fourneaux. —

D'autre part, nous l'avons vu plus haut, de grands avantages économiques résultent de l'épuration des gaz distribués aux Cowper et aux chaudières. Aussi remarque-t-on bien vite qu'il est beaucoup trop coûteux d'épurer uniquement les gaz destinés à l'alimentation des moteurs et qu'il vaut mieux réaliser l'épuration de la totalité des gaz produits par les fourneaux.

38. Divers degrés d'épuration des gaz produits par les hauts fourneaux. —

Cette épuration n'a pas besoin d'être poussée au même degré pour cette totalité des gaz produits. La marche à suivre pour aboutir à une épuration donnant le meilleur emploi de ces gaz aux Cowper et aux moteurs à gaz consiste à faire deux épurations successives :

a) Une première opération ayant pour but d épurer la totalité du gaz jusqu'à une teneur en poussière de 0* r ,5 par mètre cube, teneur qui n'est plus nuisible aux Cowper et aux chaudières ;

b) Une deuxième opération ayant pour but d'épurer la quantité de gaz destinée aux moteurs depuis 0* r ,5 jusqu'à une limite maximum de 0* r ,02 par mètre cube.

39. Il est nécessaire de refroidir les gaz sortant du gueulard avant de les soumettre à l'épuration dynamique. — Pour réaliser cette épuration, il importe de refroidir les gaz sortant du gueulard avant de les soumettre à l'épuration dynamique.

C'est en effet, comme on l'a reconnu, la haute température du gaz qui rend son épuration particulièrement difficile. Si on met ce gaz en contact intime avec de l'eau, comme cela arrive dans les épurateurs dynamiques, il se charge d'une grande quantité de vapeur d'eau ; or celle-ci maintient en suspension les poussières les plus rebelles qu'il s'agit de supprimer. En refroidissant le gaz, on provoque en môme temps la précipitation d'une partie de la vapeur d'eau qu'il contient, et cette précipitation entraîne une grande partie des poussières. Le gaz n'est pas suffisamment purifié, mais il se trouve parfaitement préparé pour être complètement purifié par la force centrifuge dans les appareils dynamiques. L'expérience a en effet montré que ceux-ci ne refroidissent pas le gaz soumis à leur action ; ils ne peuvent, par suite, donner de bons résultats qu'avec des gaz froids ayant subi déjà de ce chef un commencement d' épuration.

Un refroidissement suffisamment intense du gaz destiné aux Cowper ou aux moteurs est absolument nécessaire pour d'autres raisons. Les gaz chauds très chargés de vapeur d'eau au sortir des appareils dynamiques brûlent mal ou ne brûlent plus du tout dans les appareils Cowper; si on les envoie dans les moteurs, la vapeur d'eau se condense sur toutes les parois froides, notamment sur les organes internes des moteurs au moment de la mise en route, lorsque les cylindres sont froids. Cela ne présenterait pas un très grand inconvénient s'il n'y avait pas dans les cylindres les pièces isolées des appareils d'allumage ; les isolants, se

(*) 11 est bien entendu que cette teneur de 0«',02 en poussières par mètre cube de gaz n'est qu'une limite maximum ; dans ces conditions, il faut nettoyer les boîtes des soupapes d'admission tous les mois environ; il y a donc intérêt à abaisser cette limite aussi loin que possible,

recouvrant d'humidité, donnent en effet des courts-circuits, et Ton a des ratés d'allumage.

On comprend donc toute l'importance qu'il y a à opérer un refroidissement préalable du gaz avant son entrée dans les épurateurs dynamiques.

40. Refroidissement des gaz sortant du gueulard. — Pour opérer ce refroidissement, les uns ont utilisé la longueur même des conduites de gaz des hauts fourneaux aux appareils d'épuration, d'autres ont installé des cylindres en tôle à injection d'eau avec empilage de coke (scrubbers) ou autres matières telles que le bois par exemple (refroid isseur Zschocke). Nous verrons plus loin quelques-unes de ces installations employées pour l'épuration des gaz de fours à coke.

41. Appareil Bian pour le refroidissement des gaz sortant du gueulard. —

L'appareil Bian( { ), tel qu'il est installé à l'usine de Dommeldange (près Luxembourg), semble répondre parfaitement au but tout spécial du refroidissement du gaz. Cet appareil consiste essentiellement en une carcasse métallique à l'intérieur de laquelle tourne lentement un arbre horizontal muni d'une série de disques verticaux de 3 m ,20 de diamètre constitués par des treillis métalliques. Ces disques plongent jusqu'à la moitié de leur diamètre dans de l'eau qui est constamment renouvelée. Les gaz, entrant à une température très élevée dans l'appareil, se trouvent immédiatement en contact avec de gros treillis métalliques recouverts d'un grand nombre de petites lamelles d'eau très minces, qui sont évaporées instantanément par les gaz chauds. Par ce fait, le gaz se refroidit et en même temps se charge de vapeur d'eau. En continuant sa course dans l'appareil, le gaz se refroidit de plus en plus. A un moment donné, les lamelles d'eau jouent sur le gaz suffisamment froid le rôle de condenseur. La vapeur d'eau contenue dans le gaz se condense au contact des treillis métalliques froids et* recouverts de facettes d'eau froide.

En même temps que s'opère cette condensation de vapeur d'eau, une partie des poussières imbibées d'eau se précipite.

Cet appareil permet de refroidir le gaz depuis la température de 185* à la température de 30°. Il nécessite une faible consommation d'eau de lavage et une dépense minime de force motrice, dépense inférieure à 1/10 de cheval par mètre cube de gaz épuré par minute. Ces deux avantages sont obtenus par le très grand diamètre des disques tournants et par la rotation très lente de ces disques.

Avec cet appareil, on peut épurer la totalité des gaz d'un haut fourneau jusqu'à la teneur maximum de 0* r ,5 de poussières par mètre cube de gaz, en vue de son utilisation dans les appareils Cowper et les chaudières.

La partie du gaz nécessaire pour la production de la force motrice dans les moteurs à gaz doit encore subir une épuration plus parfaite et atteindre une limite supérieure de 0* r ,02 par mètre cube de gaz.

42. Appareils dynamiques employés dans l'épuration des gaz de hauts fourneaux. — Les appareils qui permettent de pousser aussi loin cette épuration sont des appareils dynamiques. Ils appartiennent à deux types :

1° Les épurateurs à tambour du type Theisen; 2° Les ventilateur s-épurateur s.

(*) E, Biah, loc, cit. {Congrès de Métallurgie tenu à Liège en 1905).

43. Épuraleur Theisen. — L'épurateur à tambour Theisen a été l'objet de nombreuses polémiques que Ton trouvera résumées avec beaucoup de soin dans le mémoire de M. de Mocomble( 1 ). H semble que M. Theisen se soit heurté pendant longtemps à des difficultés de construction qui ont fait penser que son appareil était incapable de donner des résultats satisfaisants. L'appareil semble d'ailleurs aujourd'hui se mieux comporter et réaliser les espérances de son invehteur; car, au Congrès de Métallurgie de Liège ( 2 ), M. À. Bailly, l'ingénieur de la Société Cockerill bien connu par ses travaux sur les moteurs à gaz de grande puissance, a soutenu cette opinion que le problème de l'épuration jusqu'à 0*%02 par

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Fio. 117. — Coupe en long de l'épurateur Theisen.

mètre cube des gaz de hauts fourneaux n'a été résolu que par un seul appareil, qui est l'épurateur Theisen. « Aucun autre appareil, dit ce savant ingénieur, ne peut en une fois amener de 0* r ,5 à 0* r ,02 la teneur en poussière de plusieurs centaines de mètres cubes de gaz par minute. »

L'épurateur Theisen est représenté sur les figures 117 à 120.

11 se compose d'un tambour tournant autour d'un axe horizontal (fig. 117). Les paliers sont à billes, dans des boîtes refroidies par circulation d'eau. Les faces extrêmes du tambour sont creusées en cônes, de façon à réduire autant que possible la portée entre les deux paliers. L'appareil doit en effet tourner à la vitesse élevée de 40 mètres par seconde à la périphérie. Le tambour porte des ailettes très courtes presque normales à sa surface et disposées de façon à produire un vif mouvement de rotation du gaz, avec un léger déplacement de droite à gauche.

La coupe en long de la figure 117 montre le détail de la botte dans laquelle tourne ce

(») De Mocomblk, De l'utilisation des gaz de haut fourneau, 2* partie (Revue de Métallurgie, mars 1905, p. 224 à 232).— M. de Mocomble cite les communications de M. Theisen au Stahl vnd Eisen en 1900, les critiques sévères de M. Lùrmann au Congrès des Ingénieurs civils allemands, les opinions défavorables émises par M. Jules Deschamps et par M. Dutreux (Génie civil, 28 juin 1901), les communications de M. Theisen auSlahlund Eisen (1" avril 1902, 5 mars 1 904). M. de Mocomble conclut de la manière suivante : « Il semble résulter que, après de longues et laborieuses études, M. Theisen est arrivé à obtenir des résultats de marche plus satisfaisants de son appareil, mais sans toutefois réaliser les rendements avantageux dont il parle dans sa dernière communication... La meilleure preuve que l'appareil ne doit pas pouvoir se suffire à lui-même se trouve dans ce fait que la Société du Creusot, qui construit ces appareils, a dû, dans son installation personnelle, adjoindre des chambres silésiennes et des pulvérisateurs Kœrting. »

( 2 ) Congrès de Métallurgie tenu à Liège en 1905, séance du mardi 21 juin.

tambour. Cette boîte est divisée en quatre compartiments; les trois premiers épousent la forme du tambour en laissant un léger espace au delà des ailettes. A la partie inférieure de chacun de ces compartiments se trouve un bac, où l'eau sale vient se réunir et d'où les poussières peuvent être évacuées.

TotU Mtàdùfm

AiLtUj

Fio. 118. — Épurateur Theisen. Entrée des gaz.

Fio. 119. — Épurateur Theisen. Coupe transversale.

La forme conique du tambour permet au sol de ces différents compartiments d'aller constamment en montant; il résulte immédiatement de là que, si un engorgement empêchait une vidange opportune, l'eau s'écoulerait naturellement de l'un des compartiments à l'autre et en sens contraire du mouvement des gaz.

La surface interne de la boîte dans laquelle tourne le tambour est recouverte d'une toile métallique qui est figurée enT sur les figures 117 à 119. Cette toile métallique se trouve ainsi tendue au-dessus des bacs où vient tomber l'eau sale et sert à empêcher le retour des impuretés.

Le quatrième compartiment de la boîte dans laquelle tourne le tambour diffère des précédents en ce que la toile métallique est tenue écartée de la paroi de quelques centimètres par des cornières, comme on le voit sur les figures 117 et 119. Ce compartiment joue ainsi le rôle de sécheur, les poussières d'eau étant projetées au delà de la toile métallique qui les retient ainsi.

4eSk

Arritâ d'eau^.

Fio. 120. — Épurateur Theisen. Sortie des gaz.

L'entrée des gaz se fait du côté de la base du tambour conique (fig. 117 et 118); ces gaz aspirés suivent alors jusqu'à l'autre extrémité un chemin en forme de spirale.

L'eau entre par des ouvertures multiples c. Elle suit dans l'appareil un mouvement inverse de celui des gaz.

Grâce à ce dispositif, le battage du gaz chargé de poussières avec de l'eau est bien réalisé. L'eau qui sort de l'appareil chargée de poussières est en contact avec le gaz sale qui entre; ce gaz, en avançant le long du tambour tournant et en s'épurant de plus en plus, rencontre une eau de plus en plus propre ; finalement le gaz propre qui sort de r appareil ne peut entraîner à l'état de vapeur que teau propre avec laquelle il a été en contact en dernier lieu. Comme le fait remarquer M. À. Bailly, ce point est capital ; il y a de nombreux épurateurs dynamiques qui ont V inconvénient <F entraîner de Veau sale dans le gaz, parce que les deux courants de gaz et d'eau sont dans le même sens et non en sens inverse, comme dans Toppareil Theisen.

L'épurateur Theisen absorbe une puissance motrice assez considérable, 1/2 à 2/3 de cheval effectif par mètre cube de gaz épuré par minute ( 4 ). La quantité d'eau nécessaire à l'épuration est assez faible, l m ,5 par mètre cube de gaz épuré. D'après cela, considérons un épurateur Theisen capable d'épurer 100 mètres cubes de gaz par minute. La puissance nécessaire sera de

100 X â = 50 chevaux effectifs

ou

100 x ô = 67 chevaux effectifs environ.

L'appareil en question peut traiter par heure

100 X 60 = 6000 mètres cubes de gaz

et, par suite, alimenter un moteur h gaz de

—r— = 1500 chevaux effectifs.

La puissance absorbée par l'épuration varie donc

de ïi§5 = ' 03 ou 3 °/°

à .^ = 0,045 ou 4,5 0/0

de la puissance produite par le moteur.

La quantité d'eau dépensée est, pour cet épurateur, de 9 h 10 mètres cubes à l'heure.

Mais une condition indispensable pour que l'appareil Theisen ait toute sa valeur pratique, c'est que les gaz y pénètrent à une température qui ne soit jamais supérieure à 30° environ.

(!) D'après Reinhardt, on construit des Theisen tournant à 300 et 450 tours par minute et qui sont capables de traiter de 100 à 500 mètres cubes de gaz par minute (6.000 à 30.000 mètres cubes à l'heure) en consommant de 50 & 250 che- Taux; ils nécessitent une consommation d'eau de ll, ,8 à i m ,5 par mètre cube de gaz.

L appareil de Theisen doit donc être toujours précédé d'un appareil de refroidissement des gaz. Comme Ta fait remarquer M. Greiner au Congrès de Métallurgie de Liège, c'est faute d'avoir tenu compte de cette condition que M. Theisen a eu tant de déboires avec son appareil. La pratique a en effet montré que, si on envoie les gaz sortant du fourneau dans l'appareil Theisen, les palettes de celui-ci se recouvrent au bout d'un temps très court d'une matière très dure semblable à de l'ardoise, qui ne tarde pas à rendre impossible le fonctionnement de l'appareil .

M. A. Bailly a obtenu de bons résultats en combinant l'appareil Theisen avec l'appareil Bian que nous avons décrit plus haut.

44. Ventilateur-épurateur ou ventilateur-laveur. — Au lieu d'envoyer les gaz refroidis dans un appareil centrifuge à tambour du type Theisen, on peut se servir (Tun ventilateur ordinaire dans lequel on injecte de Veau par les ouïes ( , ). Un tel ventilateur reçoit le nom de ventilateur-épurateur ou de ventilateur-laveur. Les gaz entrant au centre sont mélangés à l'eau qui est pulvérisée par les chocs des ailes en mouvement. Cette eau pulvérisée entoure chaque grain de poussière, augmente sa masse ; la force vive dont est animé ce grain humecté lors de son arrivée à la périphérie l'applique violemment contre la paroi où l'eau s'écoule en entraînant les poussières.

Fio. 121. — Ventilateur-épurateur.

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