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CHAPITRE XL

DU DEVOIE DBS JBONES AVOCATS.

Oir compte TaDcienneté des avocats par celle de leur ma- •tricule, et oon pas par celle de leur âge ;'de sorte que celui qui est le moios Agé se trouve quelquefois l'ancien. ' Cette profession est si difficile , que ceux qui s'y destinent fie penyeot la commencer trop tôt.

Les avocats nouvellement reçus ont toujours été distingués des anciens y non-seulement par rapport à la différence d*âge qui se trouve ordinairement entre eux , et la date de leur^matrîcule ; mais aussi par rapport au rang qu'ils doivent tenir entre eux , et pour Texçrcice de la profession , qui appartient plus pleinement aux anciens avocats qu'aux jeunes.

L'ordonnance du parlement, du 11 mars i344> distingue trois classes d'avocats. La première est celle des anciens avocats ou avocats consul tans , qu'elle appelle adpocad consî-liani, avocats-conseillers, parce que la cour leur demandait quelquefois epnseil sur les affaires difficiles. La seconde classe est celle des avocats plaidans , que l'ordonnance appelle propanantes, parce qu'ils proposent le fait et la question qui est à juger. La troisième classe est celle, des avocats nouvellement reçus, qui sont aussi appelés ailleurs avocats écoutans, nudientes,

Il est dit par rapporf à ces derniers , que comme l'expérlenoe de fait et la pratique du style de la cour sert beaucoup dans l'exercice de la profession d'avocat , ceux qui sont nouvellement reçus en cette qualité ne doivent point s'inr gérer témérairement de faire aussitôt les fonctions- d'avocat ; qu'ils doivent s'en abstenir pour leur honneur, et pour ne pas exposer les parties à quelque dommage qui pourrait leur arriver par la négligence de tels avocats ; qu'ils doivent pendant un temps suffisant écouter avec attention les anciens ayocats qui sont expérimentés , afîn qu'en s'instruisant -ainsi

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du style de la cour et de la manière d'evei*cer leurs fonctions, ils puissent un jour les remplir ^vec élc^e et utlléiilèbt pour le public.

Cette même ordonnance ajoute que les avocats nouvelleinent reçus doivent défërfsr ai}x anciens , tant pour Tordra de la séance qu'en toute autre chose ( qu'ils ne doiyent point se placer sur le premier banc, où les gens du mi ^ les baillift et sénéchaux , \^^ personne de considération i e| les oOblct ont contume de s'asseoir.

On voit 9 par cette ordonnance , que le premier baoo dlil barreau , qui est couvert de fleui*s de lis , était pour les geui du roi et les anciens avocats » le second banc pour les avocats plaidans ; et l^ troisième pour les jeunes avocats ëoontaos t pe qui s'observe encore présentement , en ce que le premier banc y couvert de fleurs de lis , est la séance marquée que les anciens avocats ont aux grandes audiences \ les avooata piair dans se placent derrière ce premier banp , et les autres fivor cats occupent le surplus des autres bancs*

Le 1 8 janvier 1607» M. Godefroi, ancien avocat , eotranf au matin en l'audience , et voulant prendra place sur la premier banc des i|vocats 1 qui est couvert de fleui*s de lis t il trouva le siège rempli de jeunes avocats qui ne voulurent point lui faire place. M. l'avpcat général Servin en fit sa remontrance à la cour, qui lit défense aqx jeunes avocats de pi*endre séance sur les fleurs c)e lis.

Le 28 avril 1699 , en la remontriincç que fit M. Le Brett avocat général , et après lui M. le président de llai*lay, aus avocats et procureurs , chacun d'eqx fit mention d'un ancien arr^t de 1 523 , qui défend aux jeiines avocats de s'asseoir ai| barreau et bancs des anciens , et des avocats plaidans ^ enjoint aux huissiers d'y tenir la main. Ces faits sont rapportés par fiouchel , en sa Bibliothèque du Droit français , au mot i^éancc. Cet ordre est présentement mai observé » soit parce que la cour n'est plus dans l'usage de nommer ceux qui doi-. vent siéger sur les fleurs de lis , soit à cause du grand nouibre des avocats, et que les anciens viennent rarement ai|i( 8udic|ices.

JBistoire abrégée de f Ordre des ylvocats. 7^

Méaoi|M>ÎD8 il ]r H des eiemples que clans les causes ntajeuré^^ te bâtonnier et les anciens sont venus en corps occuper les frfaces qu'ils ont dans Teiiceinte du pai*quet , sur les bas sièges couverts de (leurs de lis (1). Je l'ai vu pratiquer entre autres en 1 9^8, dans la cause de M. le duc de Luxembourg , contre M. le ooœte d*£vi*elit , au sujet du i*etrait de la terre de Tancarville.

Le temps au bout duquel un atocat petit commencer à ' plaider n'est point limité } deoMrlf qu'un avocat pqut plaider âussîtAt qir'il est reçu ; mais la prudence veut qu'il s'en abstienne petidaiit quelque temps ^ jusqu'à ce qu'il soit un peu instruit des usages du barveau.

Le décte Pasquier^ dans ses Reeherehes, liv. lY, chap. 27, loue la discrétion de Jacques Mangot i l'un des plus célèbres avooata *v parlement » lequel , après le retour des Universités , ^ voua, pour finsi dire , au silence, pendant quatre années entières» -^uployant ce temps à s'instruire par un travail assidu » pais tout à coup parut au barreau avec éclat , et 7 0||patt|ire en lui le feu d'une jeunesse admirable. tPierraPIUMHi , non moins oélèbre que le premier, est loué de la méae chose par Loisel t dans ses Opusccfles. Étant revenu à Paris, dit Loiêpl , il se mit au palais vers le commenoement de l^an lâjOo^ mais d'une autre façon que le commun ; car au lieu que les autres Cruda adhuc studia in Jorum deferunt, se jetant incontinent au*ban*eau; celui-ci a« contraire, continuant tes études^ se Comniandait comme utf aiknot prjflbagorique » sCf rendant assidu aux audiences , remarquant soigneusement les arrêts qui s'f donnaient, et preosnt gÊrée ailx plus petites particularités et formalités. Il y attrait aussi quelquefois de l'inconvénient d'attendre

(i) Cti« sa voit encore sak audiences seleanelltt àea Inadis et SMUsdiSf l/fppelaqt plaide 4^^ Ia pisce qn'occitpe Favocat général anK petites audiences , e^ toute cette banquette ilenrdelitée , simi que tcois autres banquettes de Tenceinte , sont occupées par les afo* €ats , la quatrième est réservée aux g^n« du roi , et la cour se plactf sur les hauts-sièges.

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trop ioDg-temps sans commencer à s'exercer à la plaidoirie. Il faut s'accoutumer de boone heure à parler éh public^ dé peur de contracter, une certaine timidité qui augmente ordinairement avec l'âge. On écoute un jeune homme avec plus d'indulgence , et l'on n'exige pas de lui qu'il soit aussi parfiiit qu'un avocat déjà avancé en âge, et qui doit avoir plus d'expérience.

On ne peut donc pas blâmer un jeune homme, lorsqu'après avoir fi'équenté pendant quelque temps le l>arreau , il pro^ f itc d'une occasion favorable qui se présente pour essayer sea forces , et commencer à se faire connaîtra des magistrats , de ses confrères et du public.

Ce serait une grande présomption et une témérité bien dangereuse pour un jeune homme, qui va se présenter au ban*eau pour la première fois, si, se confiant -en ses proprea idées, il hasardait de produire au jour ses premiers essala, sans les avoir auparavant soumis à la critique de quelque an* cien, homme judicieux et expérimenté. Il est bien plus doux pour lui d'être ainsi instruit en particulier , que de s'exposMà la censure et quelquefois k la risée du public. Il doit donc recevoir a^ec docilité les avis qu'un ancien voudra lui dooDer; et réformer, sans hésiter, tout ce qui aura paru puérile -on déplacé , et les autres défauts dans lesquels on tombe communément , faute d'expérience.

Il serait flatteill* pour un jeune homme de commencer par quelqu'une de ces causes d'éclat qui excitent la curiosité du public ; mais l'entreprise serait bien délicate et bien périlleuse t. ces causes brillantes demandent d'autant plus de talent» qu*elles sont plus difficiles à traiter, et que le gi*and concoura qu'elles attirent fait faire plus d'attention au plaidoyer de l'avocat.

Un jeune homme qui n'est point encore familiarisé avec le public, peut être intimidé par la majesté de l'audience, par î'affluence et le murmure des auditeurs , qui ont tous les yeux filés sur lui. Ses premiers essais peuvent être trop faibles pour des sujets qui demandent beaucoup d'érudition et d'éloquence. S'il se trouble dans cette première action, ou si son

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plaidoyer n'est pas goûté du public , ce mauvais succès peut iufluer sur la suite de sa carrière ; car beaucoup de gens jugent souvent des talens de l'orateur par le succès de ses commeni^emensy^quoique le bon ou le mauvais succès d'une première action ne décide pas toujours des talens d'un avocat.

Il est donc plus convenable pour les intérêts d'un jeune homme y et afin de ne pas compromettre la réputation qu'il cherche à acquéiir, de commencer par quelque cause légère. Que ce soit , s'il se peut , une question intéressante par ellemême y mais qu'elle soit simple , et non pas chargée de faits ni de procédures.

Il De convient pas non plus à un jeune homme qui anûve au barreau d'y débuter par des causes graves, qui atta* quent rhonneiir des personnes puissantes t son ministèi*e ^anodant n'imposerait point asseï dans ces matières :.il faut , pour les traiter» avoir déjà la confiance des magistrats et du public y et une certaine autorité que donne cette confiance, qui ne s'acquiert qu'avec Tâge et l'expérience.

Un jeune homme doit cependant se présenter avec une honnête assnrance, et plaider avec fermeté; mais que son maintien et son discours soient modestes.

Que son ezoïde soit noble » mais simple et sans emphase 1 qu'il n'affecte point de repi*endre les choses de trop loin : il ne doit point s'écarter de son objet.

S'il demande aux juges. une attention favorable , que ce sott toujours avec dignité, et non pas d'un ton rampant : il ne doit ni s'humilier trop » ni s'élever; et le moins qu'il puisse parler de lui-même est toujours le mieux.

Si la mémoire lui manque en quelque endroit de son plai-* doyer , quoique son amour-propre en souffre , il ne doit pas pour cela se décourager; il en peut arriver autant aux plus grands hommes : il ne faut pour cela qu'une distraction causée par l'objet le plus l^er : c'est une faute excusable , pourvu .qu'on évite d'y i*etomber. Un jeune homme doit donc redoubler d'application , pour être plus sûr de sa mémoire.

Mais quand il lui échapperait quelque chose dans le style ou dans le fond du discours qui donnerait lieu à la cintique »

bo Profession davoéai.

il doit la supporter patiemment. Les meilîeaiii cfdVrflget y sont exposés , et un jeune homme surtout né doit pas te flaf fei' d*âtre tout d'un coup au-dessus de ce tribut , tand^ que ceux même qui ont vieilli dans la carrière n'en sont pn$ exempts. Il ne doit donc pas se raidir contre la critique , mais la recevoir avec soumission et docilité. Il doit même après sa plaidoirie prier des a :i)is judicieux » qui font entendu , de lui dire sincèrement en quoi il peut avoir manqué , toit dans la prononciation , soit pour le ton de la voix , et pour le geste 4 soit pour le style et pour Tordre et la discussion de sa cause. Quelques-uns , en demandant ainsi des conseils , cberdient à s'attirer des éloges , car on ne manque pat de faux amb et de fades adulateurs : ou s'ils trouvent des gens assea fermes pour ne leur point déguiser la vérité , ils feignent de les écoU' ter, tandis qu'intérieurement ils ci^ient seuls avoir raison : ils s'applaudissent de ce qu'ils ont fait , et sont résolus de ne point déférer aux avis qu'on leur donne.

Celui qui demande des conseils » doit se dépouiller de tout amour-propre et de toute prévention. Loin de regarder comme censeui*8 fôcheux i^ux qui ^t la fermeté de lui fiiire observer ses défauts, il doit les regarder comme de vérHablés amis ; recevoir leurs avis avec soumission et reconnaissance , et en profiter, pour ne pas retomber dans les mêmes défauts que l'on a repris en lui.

Le premier témoignage que reçoit un avocat sur le mérite de sa plaidoirie , c'ese la disposition de ceux qui f'écoutent. Il doit lire dans les yeux et la contenance des juges et des antres auditeurs , s'ils sont satisfaits de l'entendre ; et les différens murmures lui font connaître ce que l'on applaudit et ce que l'on improuve.

Il en est de même de ceux aux lumières desquels On a recours : s'ils n'osent dire en face leur véritable sentiment » dans la crainte de chagriner celui qui leur marque quelque confiance , l'air embarrassé de leur visage , la froideur avee laquelle ils s'expliquent, les applaudissemens même qu'ils donnent mollement , font sentir ce qu'ils n'osent dire ou^ tertementrf

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Un jeune homme trop prévenu en sa faveur ne se rendrait peut-être pas à la critique d'une ou deux personnes ; elle pourrait être mai fondée : quelques particulier » même entre les plus habiles, peuvent se tromper; mais le public se trompe rarement, et surtout un public éclairé , tel que celui qui compose ordinairement l'auditoire du barreau. .

Lors donc que la voix publique du palais approuve ou condamne quelqu'un , on doit croire que c'est avec justice y et déférer à. ce jugen^ent.

C'est ainsi qu'un jeune homme doit éprouver ses talens » consulter ses dispositions , et déterminer la route qu'il doit prendre.

. Si après avoir plaidé quelques causes » il ne peut surmonter sa timidité \ s'il a peine à s'énoncer librement , ou si ses forces ne lui permettent pas de soutenii* ce pénible exercice y qu'il renonce à la plaidoirie : il vaut mieux s'en abstenir, que de ne pas s'en acquitter avec honneur.

Tous les talens ne sont pas donnés à tous paiement. L'un a celui de la parole; l'autre celui d'écrire avec délicatesse; un autre a la judicîaii*e en partage : il est rare de voir ces difierens talens tous réunis au même degré dans un même sujet.

Tel s'est rendu fameux dans la plaidoirie , dont les écrits ne soutiennent pas de même sa réputation. Tel au contraire s'est acquis un nom célèbre par ses écrits , qui n'eût pas réussi dans la plaidoirie : tel enfin qui. n'a ni le talent de la parole » ni celui d'écrire , est cherché pour la j ustesse de son discernement y et la sagesse de ses conseils; mais ce dernier emploi est un fruit tardif , et qu'on ne peut espérer de cueillir de bonne heure.

Quelque parti que prenne un jeune homme , ou de s'attacher à la plaidoirie , ou de se consacrer à l'emploi du cabinet , il serait pernideux pour lui d'être trop chargé d'un grand nombre d'affah*es ; il n'aurait pas le loisir d'étudier, n^ d'acquérir un fond de principes , et ne ferait jamais qu'ui^ médiocre praticien. faut qu'un avocat travaille pour lui pendant dix années , afin d'être ensuite en état de travailler pour le public.

83 Profession tFaifOcai.

Il ne snffirait pourtant pas à un avocat d'ëtndier pen laiit dixaps dans son cabinet ; il n'acquerrait que la théorie^ Pour y joindre la connaissance de la pratique des affiiires » il doit frëquenter assidûment le palais , assister aux audiences : on y apprend mille usages difiérens qui ne sont point écrits. Il doit fréquenter les audiences du Ghfttelet et des requêtes du palais , pour y apprendre la procédure que Ton tic»it en première instance ; celle de la grand*chambre , pour y ap-> prendre la procédure que l'on tient en cause d'appel , et la jurispi*udence qui s'obsei*ve sur les questions majeures que Ton y traite.

Après l'audience, il doit converser avec ses confrères» profiter des observations qu'ils font y sur ce qu'ils ont entendu, leur proposer ses doutes et recueillir en rentriint chet lui ce qu'il a appris de nouveau; marquer les arrêts qui ont fixé quelque point de jurisprudence, et ranger toutes ses notes, mémoires et recueib, par ot*dre alphabétique, afin de retrouver sans peine le point dont il voudrm s'éclaircir.

Les conférences sont encore' un des meilleurs moyens de s'instruire pour un jeune homme. 11 doit chercher à s'associer dans quelques-unes de celles qui sont le mieux choisies , et composées de gens laborieux et sensés , avec lesquels on puisée raisonner paisiblement. G est un grand avantage , èurtout ai quelque ancien avocat, homme judicieux et éclairé , veut bien prendre la peine de diriger ceux qui entreprennent ce tra* vail; car souvent sans ce secours , de jeunes gens qui sont encore tous sans expérience, coui*ent risque de s'égarer^ de donner dans de fausses idées, et de s'induire mutuellement en erreur sur des choses dont ils n'ont pas connaissance , et que l'on ne n'apprend que par l'usage des affaires.

Le principal objet des conférences doit être d'abord l'étude du Droit romain, que Ton a vu rapidement dans les écoles , et qui mérite d'être plus approfondi , étant la base de toute la jurisprudence.

La Coutume de Paris , qui forme le Di*oit commun du paya coutumier, doit faire l'objet d'une autre conférence.

Hiêtoîrû abrégée ie (Ordre de$ Avocaî^, Û

Il est bon <d*en fiûre une troisième snr les ordonnance^ , pour bien apprendre les règles de la procédure.

On peut dans la suite en faire encore sur d'autres matières , telles que les matières béné&iales , sur les matières criminelles , ou sur quelque partie de ces différentes matières que l'on a dessein d'approfondir. .

On doit surtout dans ces oonrérences chercher à slnstruire de bonne foi; éviter tout ce qui sent l'entêtement et Taltercation ; s'attacher aux matières qui sont d'un usage le plus jonmalieFr et aux principes généraux les plus certains. On ne doit pas se jeter dans les questions contro^'ersées , ni dans une multitude d'espèces singulières : il o'en resterait dans l'esprit que du doute et de la confusion.

Ontre les conférences particulières, il est bon d'aller aussi à celle qui se tient dans la bibliothèque que feu M. Riparfends à l^iée en 1704 à l'Ordre des Avocats; elle a depuis été augmentée, et contient actuellement plus de dix mille volumes, dont b majeure partie est de iivres^d*histoire et^de jurisprudence (1)»

Qndqncs personnes ont enrichi cette bibliothèque de leurs ouvrages. Feo M. Claude Joseph Prévôt lui a Iq^ué tous ses rcoueils, qui sont considérables, et dans lesquds il 7 a beaucoup de choses curieuses.

Couverture de cette bibliothèque se fit au mois de mai 1 708, par une messe solennelle du Saint-Esprit » célébrée par M. le cardinal de Noailks , archevêque de Paris. Elle ne commença à devenir vraiment publique pour toutes sortes qu'au commencement de l'année 1710.

Les oonCérenoes de doctrines y furent commencées dans la même année, conformément aux intentions de M. de Riparfonds , et depub interrompues en 171a et 1713 , pendant toute l'année 17179 et depuis le mois de mai 1719, jusqu'au 10 janvier 17)3.

Cette conCérence a toujours été célèbre , par Témulation que les jeunes gens 7 font paraître , et par la bienvcillaoee

(1) Voycs la chap. xzii, intitalé BibUoihiqti^ tUi Avoemti.

des anciens qni viennent pour y communiquer leUn lumières.

Quoique les jeunes avocats soient moins consultés que les anciens , ils peuvent néanmoins donner des consultations de " vive voix ou par écrit , lorsqu'on leur en demande ; mais , avant de répondre , ils doivent se souvenir qu'ils font sXon en quelque sorte l'office de juge ^ que leur eonsultation peut déterminer à entreprenflre ou abandonner mal à propos une affaire : c'est pourquoi ils doivent bien prendre garde de n'en pas donner légèrement, pour leur honneur, aussi-bien que pour l'intérêt de leurs cliens , surtout s'ils font seuls leurs cou» sultation , et sans le concours de quelque ancien ; ils doivent , avant de la donner, examiner avec soin l'affaire et consulter eui-mémes , pour leur instruction , quelqu'un qui ait pins d'expérience qu'eux , afin de ne pas tomber dans quelque erreur grossière.

Les jeunes avocats ne sont point admis sur te tableau , qu'ils n'aient fréquenté pendant un certain temps le palais et les audiences. Deux années de cette iespèce de stage suffisait nt ci-devant pour être mis sur le tableau ; mais, suivant la dernière discipline , il faut quatre années de fréquentation du palais. Ceux qui ont ainsi suivi le palais pendant ce temps requis, sont mis ensuite. sur le premier tableau , qui se fait depuis qu'ils ont acquis les quatre années d'exei*ctce.

On a fait quelquefois au tableau un ajouté ou liste partii;u1ière , dans laquelle on a mis les jeunes avocats connus pour faire la profession , quoiqu'ils n'eussent pas encore deux années de palais; mais, pai* le dernier règlement, il ne doit plus y avoir d'ajouté.

Les écritures des avocats qui ne sont pas sur le tableau , ne passant pas en taxe , les jeunes avocats qui ne sont pas encore sur le tableau ne doivent point eu faire ; puisqu'eUes seraient en pure perte pour leur partie.

Il est cependant d'usage , quand on est long-temps sans faire de nouveau tableau, que ceux qui ont suivi le palais pendant le temps requis prennent un certificat de quatre andeiis de leur banc , pour être en état de signer les écritures qu'ils font, et afin qu'elles passent en taxe.

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