‹ Profession de foi du dix-neuvième siècleChapitre 10 sur 33 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le peuple indou flotte confuàéibeùt, au lever de Thistoire, à moitié submergé dans la nature. La nature Tenveloppe et le voile de tous côtés. Elle pénètre en lui par tous les pores, et occupe toute la plaôe vacante de la pensée. Elle peûse , elle crée avec lui en participation. Llndou l'appelle et l'associe à ses travaux, comme si elle était pour lui une seconde flme extérieure; sa religion est la nature formulée en théologie ; son architecture est encore la nature transformée en pagode.

Pour donner à la divinité multiple fragmentée eu légions de divinités en sous ordre une hospitalité à sa mesure, il ouvrit le flanc de la montagne et quelquefois même, comme à Ellora, le flanc de toute une chaîne de montagnes. Il creusa, de sommet en sommet, une nef dans le granit, et il aiguisa ensuite chaque âommet en pyramide. Cette nef souterraine était soutenue tdntOt par trois, tantôt par six piliers massifs, taillés en forme de tortues et d'éléphants. La colonnade monstrueuse portait pour plafond le poids accumulé des rochers. Sur les chapiteaux et les architraves,^

le brahmanisme avait semé les innombrables symboles de sa mythologie. Il avait sculpté des lotus , des palmiers, des singes, des serpents, des lions, des crocodiles. On eût dit qu'il avait entratné sous ses pas, au sortir du paradis, toutes les races de la création, pour les replacer immobiles et pétriBées dans un nouvel Eden.

Sur cette première crypte, il creusait une seconde caverne, et, de pagode en pagode ainsi étagées Tune sur l'autre, il escaladait toute la hauteur de la pyramide. Nonseulement il évidait le centre de la montagne, mais encore il en sculptait le contour : et l'immense ascension des dieux, aussi nombreux que les mots de la langue, débordant des péristyles, remontait infatigablement la spirale infinie du môme bas-relief.

Aujourd'hui encore, lorsque le voyageur regarde, de la vallée, cette longue avenue d'obélisques noyés dans le brouillard, cette frise ondoyante de rochers chargée de cariatides, et ces rochers eux-mêmes brodés à jour sur toute leur élévation, extérieurement et intérieurement, il sent son esprit fléchir sous le poids terrible de ce problème. Il demande avec effroi, en comptant de la pensée ces, multitudes muettes de figures tirées du flanc même de la montagne, durant combien d'années les mains des générations ont dû sécher sur le granit.

Des sources vives recueillies dans le roc dormaient en sombres étangs au milieu du parvis. Des troupeaux de taureaux et de génisses, lâchés dans la nef, erraient nuit et jour à travers les carrefours de piliers. Ils remplissaient l'ombre du sanctuaire de leurs mugissements, et célébraient au fond des grottes le drame sacré de la génération.

. Sur le flanc de ces vulves profondes vouées au culte du

lingam, la nature jetait la végétation luxuriante de la forêt, et semait le bambou et le figuier religieux, qui dans son apostolat fécond à travers l'espace, crée sans cesse do chaque branche tirée do son écorce un nouveau figuier. La rivière tombait en cataracte de la corniche de la montagne, et ébranlait du bruit de sa chute les dieux immobiles, assis dans le granit. Les ibis et les tourterelles, attirés par la fraîcheur de l'eau et de l'ombre, venaient sous l'ogive flottante des rameaux moduler leur cantique et cacher leur couvée. Pendant que la pagode mugissante, couronnée de palmes et de fleurs, frissonnait dans le nuage et secouait au vent ses parfums, les brahmanes, cachés dans les galeries souterraines du rocher, conduisaient au bruit des cymbales, devant des idoles couvertes de lampes et ruisselantes d'huile, les rondes amoureuses et voluptueuses des prétresses, et après les avoir invitées à glorifier le dieu générateur par l'hymne brûlant et la pose lascive, ils soufflaient les lampes et prostituaient les danseuses aux fidèles.

Mais la vie religieuse, ou, ce qui était alors la même idée, la vie intellectuelle, ne pouvait toucher aucune créature sans la relever aussitôt d*une déchéance. L'intelligence est la première eau du baptême mystérieux qui prépare toute rédemption. La bayadère mariée au dieu, dès l'enfance, et réfugiée dans la pagode, échappe à l'ignorance de la domesticité. Elle monte par le loisir à la pensée; elle apprend la musique, la poésie; elle réhabilite l'&me de la femme, dans l'orgie du corps, sur le fumier des guirlandes éparses au milieu du sanctuaire.

Mais pendant qu'elle tentait la pensée comme une révolte contre nature, iqui ne pouvait être expiée que par la débauche, l'autre femme suivait, le front bas, dans la nuit de son

intelligence. Tordre rigoureux de la destinée. Excommuniée à jamais de la vie de TintelUgence, elle n'avait pas même le droit de savoir. L'étude semblait être pour elle une flétrissure, une prostitution, en quelque sorte, de sou esprit. Elle était née uniquement, disait la loi de Manou, pour servir son mari et balayer la pierre du foyer.

Lorsqu'un Indou avait une jeane fille à marier, il suspendait une branche d'arbre à la porte de sa maison. Le passant entrait et débattait avec le père l'acquisition d'une femme qu'il ne voyait jamais avant le contrat. La fiancée, cachée au regard, ignorait lemarcbé jusqu'au jour du mariage. Souvent cette vente à forfait de sa personne, sans son consentement, précédait de plusieurs années l'époque de sa nubilité.

Ainsi mariée d'avance, la femme était la propriété réservée d'un mari, qui venait au jour fixé pour la noce la réclamer à prix d'argent. Lorsque après le mariage le débiteur n'avait pas intégralement acquitté le prix de sa femme, le père pouvait reprendre jusque dans le lit nuptial le gage vivant de sa créance.

Mais lorsque la fiancée payée e^ emmenée de la maison paternelle avait fait trois fois le tour de la flamme de son nouveau foyer, elle passait irrévocablement sous la domination du mari. Rejetée de tout temps de la table du mattre par raison d'indignité, elle mangeait à l'écart, après lui, les miettes du repas.

Manou ne lui accordait ni raison ni volonté ; il ne voyait pas, il ne semblait pas voir en elle la mystérieuse Psyché intérieure endormie dans sa beauté. Elle avait un corps, voilà tout, et la grftce de ce corps était sa seule vertu. Prends une femme harmonieuse dans sa forme, disait le code sacré, qui ait la souplesse du cygne et le regard du lotus.

La femme n'était donc qu'une machine i régénération, sans volonté» comme sans dignité. Le mari pouvait l'associer dans son afiection à d'autres complices de sa volupté, la répudier, la renvoyer, la châtier, l'exiler temporairement de la maison, la condamner, sur un soupçon, à l'épreuve de la poix bouillante, la livrer aux chiens, en cas d'adultère, et en cas de stérilité aux plus proches parents. Lorsque après quelques années de mariage elle n'avait pu avoir encore d'enfanty'le frère du mari, mari substitué d'une heure, allait près d'elle, la nuit, en silence, le corps arrosé d'huile, comme pour le sacrifice, payer ce que l'Inde appelait la dette de l'ancêtre.

Ombre vivante de l'homme, elle devait le suivre partout jusque de l'autre côté du tombeau. Lorsque son mari venait à mourir, elle lui adressait de naïfs adieux qui trahissaient la Brutalité de sa destinée.

Pourquoi m'as-tu abandonnée? disait-elle en déchirant sa poitrine. Âvais-je oublié une seule minute, dis-le-moi, ô mattre irrité jusqu'à la mort, les vertus du foyer? Avaisje négligé de puriQer l'aire d'argile où chaque soir tu venais poser ta sandale? Avais-je porté devant toi mon fardeau en dévorant un murmure? Avais-je attristé ton oreille d'une mauvaise parole? Avais-je trempé l'herbe amère dans ta boisson? As-tu jamais trouvé le gravier dans le riz que je te servais sur la feuille de banane? Qu'avais-je dpnc fait, ô maître, pour mériter la colère de ton départ? Je baisais tes pieds lorsque tu le commandais à ta servante, tes blessures loi^sque tu souffrais.

Pendant qu'elle exhalait ainsi sa douleur, ses parents allfifient creuser une fosse dans la vallée. Ils entassaient au fond 4e <^^tte fosse le bois de sental, et ils mettaient ensuite le fçu au bûcher.

Lorsque la veuve avait achevé son hymne de lamentations» elle quittait pour jamais, parée de ses bijoux, le toit de ses enfants, elle faisait trois fois, les cheveux épars, le tour du cratère béant où montait la flamme du sacrifice. La famille, rangée autour d'elle, chantait en chœur un chant de félicitation. Au troisième tour, la victime plongeait dans ce gouffre de feu pour aller rejoindre dans un autre monde l'irrévocable seigneur de son existence.

La femme assez abandonnée de Brahma pour refuser son corps au bûcher après la mort de son mari , était aussitôt re vomie de la société des vivants. Nul ne pouvait effleurer du pied le pas de la veuve sur le chemin, sans être souillé, et nul ne pouvait l'épouser sans être rejeté de sa caste dans la caste du soudra. Ce mariage était un véritable adultère, car le premier mari était toujours, malgré son irrévocable absence, l'unique mari, le mari légal.

Par une remarquable interversion d'idées, ce n*était pas l'esprit incliné vers la postérité, mais vers le passé, que l'homme vivait, ni pour ses enfants, mais bien pour ses ancêtres. Chaque famille était une dynastie où les vivants ne travaillaient qu'afln d'enrichir les morts de leurs épargnes, et ne glorifiaient leur nom qu'afin d'en reporter la gloire derrière le temps à leurs prédécesseurs d'existence.

Les hommes nés de Brahma ne prenaient place au soleil que pour racheter par leurs mérites leurs pères de plusieurs siècles, qui poursuivaient la réhabilitation devant Dieu, de métempsycose en métempsycose. Les fils et les petits-fils pouvaient seuls arracher les Ames antérieures de leurs races à ces pérégrinations successives d'un enfer à un autre enfer. La naissance d'un fils était donc, pour tout père de famille, et non-seulement pour tout père de famille, mais

encore pour toute sa généalogie suspendue sur sa tête, une indispensable condition de salut.

Celte étroite solidarité, à travers les âges des anciennes avec les nouvelles générations, portait le plus proche parent à prendre la place du mari auprès de la femme frappée de stérilité, pour donner un rédempteur à la famille.

La môme pensée qui avait déféré l'autorité au patriarche, comme au représentant le plus élevé, par sa vieillesse, de ridée de continuité, avait provoqué dans l'Inde cette théorie d'existence rétrospective, d'existence en participation avec le passé.

C'était le patriarche, en quelque sorte, qui persistait à commander indéfiniment à sa descendance du fond de son tomI)eau. Il gardait dans la mort la propriété tacite du patrimoine. La génération sortie de sa chair n'en avait que la jouissance. Aucun descendant ne pouvait aliéner cette main-morte sacrée que l'ancêtre avait pour toujours léguée à ridée abstraite de famille. La vente d'un héritage eût été une expropriation rétroactive de la dynastie, l'impiété de l'impiété*. Le législateur indou avait voulu ainsi attacher l'homme par des liens éternels à la propriété et le déshabituer de la vie vagabonde de la tribu. Il lui avait appris à faire entrer la grande idée de temps dans sa destinée, et comme la première notion que l'intelligence humaine a pu former du temps a été la notion du passé parla mémoire, c'est vers le passé que le dogme tournait continuellement le regard des croyants. Et pour que cette idée ne fût jamais interrompue, effacée par la succession et la mobilité des âges, il exigea que le premier-né de la famille portât toujours le nom de l'aïeul.

La propriété du patrimoine était indivise entre tous les membres de la famille ; la propriété du sol était aussi indi-

vise entre tous les membre* de U netion. Là, le propriitaire fictif était l'aïeul; ici le propriétaire réel était le souveraiu. Le souverain aflermaitla terre à chaque commune. La commune indoue était une véritable corporation rustique, associée pour la culture d'après le principe de la division du travail et composée de chefs, de surveillants, de vérificateurs, de distributeurs d'irrigations, de maîtres d'école, de prêtres, d'astrdogues, de médecins, de barbiers, de potiers , de charpentiers et de forgerons. Au jour de la moisson, la gerbe était partagée également et indistinctement à tous les sociétaires à des titres divers de la communauté.

Je reviens souvent sur le caractère collectif, impersonnel des premières civilisations, car pour ces époques antédiluviennes, en quelque sorte, de l'histoire, il est le millésime, à moitié rongé par la rouille du temps, qui marque )a date certaine du progrès. En effet, caste, polygamie, propriété indivise et cultivée en commun, repas public, foyer domestique transformé en fief, tout cela relève de la même nécessité, trahit la même pensée.

La vie de chacun isolément pris est encore trop pauvre, trop rudimentaire pour atteindre le plein développement du moi que nous appelons la personnalité. Comment pouvoir constituer en effet la personnalité sur une argile encore trop faible pour la porter 7 La communauté, en réunissant l'individu en faisceau, arrive à réaliser dans le sens philosophique du mot une personne. Seule libre par-dessus tous» la multitude a seule aussi pour tous une volonté. Elle assigne fatalement à chacun ^ destinée. Le progrès consiste à briser cette fatalité, au petit pied, qui règle chaque ei^istence, et à faim descendre la personnalité, de la masse, dans l'individu.

Non$ verr(^Qs pl^s tar4 que» d'évoliUion m évoliilmi, le droit de la communauté, toujours réduit par le dévfjoppemenl assidu du moi bumaÎD, sera tranaformé en droit de majorité, l^a majorit($ est uoe fatalité aussi» elle dispa* raltra à sou tour deyaut la liberté.

Et pourtant la caste w la «communauté» substiluée à la personne, a eu sa part d'utilité. La caste a élevé TbiMome à rinteUigeoce; elle a créé une seconde fois Thumanité. Descendes dans votre Ame aussi profondément qw vous pourrez, vous ne trouverez pas une idée qw la caste n'y ait la première posée. Religion, métapby^que, mathématique» astronomie» industrie» elle a prodiût sueeessivement toutes les premières moissons de Tesprit. Laiesez U {diilo- Sophie somnambule qui lit le pass^* les yeui fermési, in^ sulter cette aïeule du génie humain» la philosophie sérieuse saura toujours la respecter à sa plac^ dans rbistoire.

La famille, inspirée du même principe que la caste» a rendu également service à Tbumanité. $i» à cette époque de pauvreté à peu près unanime, l'homme avait ^é réduit k sa propre durée , suspendu dans le ten^)8 , il aurait ignoré la richesse. Le travail d'une vie aurait été aussitôt détruit que formé. Le fils prodigue aurait dévoré l'héritoge de sa raf^ en une anoée, La production» continuellement dissipée» eût flotté au vent du hasard» Mais la sagesse indoue avait prévu ce danger.

En déclarant que chaque patrimoine était un &ef indivis de la famille dont le premier aïeul restait incommutablement, à travers les siècles» Tunique propriétaire» elle em* pécha la dispersion du capital naissant Et en ajoutant que l'enrichissement de l'aïeul était un paradis en arrière que chaque descepdant devait gagner par sa vertu, elle sollicita tout nouveau GU à venir déposer Tofrande de son épargne

comme la rançon de ses péchés sur le tombean de ce premier fondateur de son foyer.

La plus légère économie était nne indulgence facile qu*il avait gagnée. Le trésor commun, formé ainsi des contributions successivement et lentement accumulées des générations, monta d'année en année, de naissance en naissance.

Mais la caste et la famille indoues» formes préparatoires d'un progrès de Thumanité, destinées à disparaître avec ce progrès, devaient nécessairement à la longue par l'immobilité de leur institution, immobiliser à leur tour la vie de la civilisation. Il arriva en effet, après un certain nombre de siècles, que la fonction de rintelligence étant à tout jamais circonscrite à une seule caste , cette caste paresseuse à l'invention aima mieui transmettre de la main à la main ridée déjà créée que créer une nouvelle science.

Le brahmane n'avait plus qu'à redire une chose déjà dite et pour toujours. La pensée n'était plus qu'une habitude de mots, une réminiscence. Lorsque la véritable activité complexe et diverse qu'exige la nature diverse et complexe de l'homme est impitoyablement niée à la masse presque tout entière d'une nation, lorsque chaque destinée est pétrifiée à certaines occupations fatales, héréditairement transmises, la classe toujours condamnée au travail du corps dégénère de plus en plus, et la classe toujours exilée dans le travail de l'esprit rétrograde de plus en plus vers la routine de l'idée. La vie humaine, une et harmonieuse par essence,, est scindé^ en deux parties. Cette scission prolongée aboutit au tombeau. L'homme meurt faute d'atmosphère.

Mais la mort a sa logique aussi , sa loi de progrès. L'homme a tué en lui la force motrice deTétre, respérancn.

Dieu n'a pas marqué de halte pour lui sur le chemin du sacrifice. Le peuple, mort à Tavenir, doit désormais mourir tout entier. La dévotion ne fut plus dans l'Inde que la théorie raffinée du suicide. Le dévot retournait contre sa chair la mutilation de son esprit. Il allait chercher au fond des forêts une agonie savamment graduée dp douleur en douleur. Il roulait dans la poussière, ivre de mort, sOus les roues sanglantes du char de Jaggernal, et jetait son corps comme un haillon aux pieds de Tidole.

L'Indou, fatigué de respirer, au fond de la caste, un air sans souffle, mourait à la moindre injustice. Il livrait sans regret sa vie au premier despote. Ce despote pouvait tenter eo paix sa patience , Thumilier, le fouler et le chasser devant lui comme la paille du chemin. Toujours doux et humble, calme et resigné, Tlndou, baissait la tête et acceptait rinjure. Seulement quand l'injustice ou le saqg versé criait trop haut , la population tout entière , hommes , femmes, enfants, vieillards, accourue comme à un signal donné, marchait processionnellement en silence vers le palais de l'oppresseur. Cette conspiration spontanée de cent mille conjurés tombait ensuite à genoux, la face penchée sur la poitrine , et entonnait la formule du Djurma.

Le Djurma était Tanathème vengeur que Topprimé appelait du haut du ciel sur la tête du puissant. Tant que le crime, couronné n'avait pas fait droit à cette pétition muette , dans la poussière , le peuple suppliant répétait jusqu'à la mort sa formule. II mourait lentement, homme par homme , au pied du mur, qu'un pas de plus, il eût renversé du poids de sa masse. Le survivant ne tournait pas même la tête pour regarder le cadavre de son voisin. Il continuait mentalement , d'une lèvre à moitié éteinte,

iM — u prière. Ce chœur intériear de désolation montait à rdrttlle de Dieu, inceaaamment ^minué d'une lamentalîbD. AuoQH en ne tenait trouMef le recueillement de cet immèMe Mûdde. La brise qui soufflait sur cet holocauste de cent mille hommes , n'emportait pas même en passant un léger murmure.

L'Inde, sans cesse conquise, sans cesse écrasée de siècle en siècle per un noureau despotisme» mourut ainsi, résignée d'avance à mourir.

L'âme vivante du progrès, qui est l'Ame même de la création, réfugiée tout entière dans l'humanité, émigra vers d'autres latitudes. Elle appela d'autres races de Tautre eAléde l'Himalaya. Elle leur cria : Levez-vous et marchez. Ces races se levèrent et marchèrent en effet. Une journée de plus du drame divin était finie. Le monde allait encore changer.

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