‹ Profession de foi du dix-neuvième siècleChapitre 9 sur 33 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Une nouvelle humanité est sortie de terre avec la pierre de la cité» c'est la civilisation proprement dite, c'est-à-dire la vie en commun, sur le même sol et derrière le même rempart.

Après avoir successivement émigré de Tétat frugivore à l'état chasseur, de l'état chasseur à l'état pasteur, de l'état pasteur à l'état agricole, l'homme est enfin arrivé à l'état civil, ce dernier relai de son pèlerinage. II n'a pas, sans doute, passé en masse , en ordre , à la même heure et comme au son de la cloche, d'un progrès à un autre progrès. La période suivante n'a pas abrogé complètement partout la première période. Toutes les civilisations, au contraire, ont marché pêle-mêle, s'atlirant ou se repoussant, à l'avant ou à Tarrière-garde, alliées ou hostiles, à leur mystérieuse conquête.

La tribu chasseresse n'a pas disparu devant la tribu pastorale, la tribu pastorale devant la cité. Il y a eu pendant longtemps des races diverses sous le même soleil, plus ou moins barbares, plus ou moins disciplinées à l'in-

telligence. Ces races se sont heurtées, se sont englouties les unes dans les autres, par la guerre ou par Tinvasion. La force a dompté la faiblesse ; la pensée a dirigé l'ignorance. Des cités ont débordé sur d'autres cités, et après les avoir vaincues ou attirées à leurs lois, les ont réduites en provinces. La civilisation, toujours expansive dans l'espace, a formé la nation de la réunion de plusieurs cités, comme elle avait déjà formé la tribu de la réunion de plusieurs familles.

Mais , pour régler les relations si nombreuses et si intriguées de hiérarchie, de propriété, la nouvelle société exigeait évidemment une plus grande production de pensée, et pour produire cette pensée, une plus grande quantité de loisir. Lorsque l'homme, encore nouveau venu sur la terre, n'avait pu restreindre la somme du travail à faire de toute la somme du travail déjà fait par ses ancêtres, il était néces« sairement absorbé tout entier dans l'unique préoccupation de sa subsistance. Personne ne pouvait distraire de son temps une seule minute pour la reporter à la culture de son intelligence.

Pour qu'une élite eût le loisir de méditer, de créer la science , c'est-à-dire l'armure offensive et défensive de rhumanité, la législation devait répartir artificiellement les fonctions de l'Etat. Elle devait frapper d'un signe tout homme naissant, et dire successivement a chacun : Toi, tu laboureras; toi, tu porteras le fardeau; toi, tu aiguiseras le métal; toi, tu échangeras la richesse; toi, tu feras sentinelle à la frontière, et toi, enfin, vêtu, défendu par tes voisins, tu iras chercher à l'écart l'inspiration, tu contempleras la nature, tu soulèveras un coin de son voile pour pénétrer ses mystères, pour aspirer son âme répandue partout, pour créer la langue, la grammaire, la poésie, la

législation, l'astronomie, la géométrie» la mathématique, la dynamique, la peinture, la sculpture, la religion. Le brahmanisme a résolu ce problème, et pour le résoudre il n'a eu qu'à transformer les tribus en castes, et à rédiger en institutions les inégalités natives ou accidentelles de races qui existaient déjà dans la société.

L'fnde était la terre d'élection où l'humanité devait jouer les premières scènes de la civilisation. Prédestinée par une mystérieuse loi de transition à résumer en elle tous les âges et tous les êtres de la planète, elle avait recueilli les débris vivants des derniers cataclysmes, l'éléphant et l'hippopotame, et par ces transfuges échappés du déluge, elle tenait aux premières créations. De même que l'homme, abrégé intelligent de toutes les vies, reproduisait dans son organisme les divers règnes de la nature, de même l'Inde, synthèse brillante de la géographie, conciliait sur son territoire, dans la vaste étendue de ses frontières, les productions de toutes les contrées; au midi, la végétation des tropiques; au nord, la végétation de l'Europe.

La nature avait entouré de montagnes ce premier atelier de la civilisation. L'Inde, ainsi abritée contre les perpétuelles irruptions à main armée qui pouvaient interrompre ses paisibles études, était, pour ainsi dire, le camp retranché de la pensée. Mais ce camp était assez vaste pour que l'intelligence, sans cesse activée et ravivée par le contact et le conflit de races diverses, ne tombât pas dans cette uniformité, dans cette paix d'une seule race, qui est la négation du progrès et la mort lente d'une société.

Protégée par son climat et assistée de l'amitié de la nature, elle monta la première à la civilisation, à la pensée. Elle créa les codes et les dogmes, ou plutôt elle confondit les codes et les dogmes dans sa théologie, car alors la reli-

gion était la science. Le prêtre accaparait la science, il JQterprétait le ciel à la terre » il parlait au nom de TinspiratioD. Gomme il savait seul réfléchir, observer, généraliser, il prit partout, par l'invincible domination de Tintelligence sur l'ignorance , le titre de confident de Dieu, législateur sacré de Thumanité. Or, voici la première législation, ou, pour mieux parler, la première organisation du travail qu'il promulgua au pied de l'Himalaya.

Lorsque Brahma, le dieu générateur, créa Thomme, il engendra d'abord de sa bouche Brahman, et il lui donna pour épouse l'Ecriture sainte des Yédas.

Brahman méditait l'Ecriture, et pour protéger sa méditation dans la solitude contre la colère des lions, Brahma tira de son bras droit Khatrya, l'homme du poignard, et de son bras gauche Khatriani, pour la marier à Khatrya.

Khatrya faisait nuit et jour sentinelle à côté de Brahman* et il aurait expiré de faim, à son poste, si Brahma n'avait tiré de sa cuisse droite Vayssia, l'homme de l'agriculture, et de sa cuisse gauche Vayssiani, la femme de Vayssia.

Mais Vayssia avait beau travailler du lever au coucher du soleil, son travail ne pouvait suffire à la ration du guerrier. Alors Brahma tira de son pied droit Soudra, l'homme de servitude, et il lui donna pour femme Soudrani.

Chaque caste, dans celte architecture sociale, correspond à un ordre de travail. Le brahmane pense, le khatrya combat, le vayssia laboure, et te soùdra, relégué au dernier rang, sert indistinctement les autres travailleurs. Les trois derniers seulement reçoivent en naissant, du bras, de la cuisse et du pied gauche de Brahma, une compagne, tandis que Brahman, l'alné, le fils de prédilection, le premier devant la Divinité, ne trouve à épouser en entrant dans la vie que la vierge mystique de l'Ecriture.

La fonction de la pensée, ou bien autrement du sacerdoce, ne se transmettait pas à l'origine par la naissance, elle se conférait par Finitiation, C'était la filiation non de la chair, mais de l'esprit^ qui faisait le brahmane. Plus tard» la tendance de tout homme à reporter sur sod fils sa dignité, transforma le droit de l'esprit en droit du sang, et substitua l'hérédité à l'initiation ; et même alors le fils du brahmane n'était pas brahmane par le seul fait de l'hérédité, il devait passer par l'épreuve de la seconde naissance et recevoir l'investiture du cordon.

Pour expliquer cette révolution, l'histoire sacrée de l'Inde raconte que Brahman, fatigué du célibat, demanda à Brahma une compagne, et que Brahma, irrité de sa prière, lui donna une fille de la race des mauvais génies ; car toujours, dans la théogonie androgyne des premiers peuples, la femme représente l'esprit des ténèbres.

Et cependant la religion a déjà pénétré au fond de l'idée d'infini , et, dans une perspective agrandie, entrevu comme l'ombre incommensurable de la Divinité. Dieu n'est plus le dieu incohérent et confus dont chaque peuplade, dont chaque famille se partage un attribut, un fragment. En venant affluer de divers horizons et de divers cultes dans une même nation, toutes les tribus y apportèrent leurs conceptions éparses de la Providence. Mais la nation d'abord confuse, multiple de la Divinité, conspire et tend sans cesse à l'unité. Ce fédéralisme anarchiqae de fétichismes divers finit par se dissoudre et se résoudre dans l'unité du brahamisme. L'éternel pèlerin du progrès n'adora plus un lambeau de Dieu par un sentiment de terreur et de reconnaissance, dans une menace ou dans un bienfait; ill'adora par réflexion, de sang-froid, dans les forces et dans les harmonies de la nature.

Cette religion primitive, encore empreinte de matérialisme, commença par déifier les fonctions de la matière. Elle voyait que la vie, cette Maïa toujours mobile, toujours ondoyante, qui secouait les êtres, en jouant, des plis de sa ceinture, les faisait passer tour à tour par une continuelle alternative de naissance et de mort, de composition et de dissolution; et ne pouvant ramener ces deux phénomènes, ces deux instants contraires de toute matière appelée à vivre, à une seule et même conception, elle les sépara et les nomma chacun d'un nom particulier de divinité : eUe nomma le premier Brahma, et le second Siva.

L'Inde devait être la première patrie du dieu dualiste, du dieu créateur et destructeur qui crée et tue sans cesse ; car nulle part le dualisme des forces de vie et de mort n'éclate avec plus d'emportement et dans une proportion plus grandiose que sur les bords de l'Indus. La nature y est passionnée, exagérée dans toutes ses actions. À l'époque de la sécheresse, le soleil, découronné de son auréole de rayons, prend la teinte livide d'un cratère de volcan ; une poussière de feu remplit l'atmosphère; le vent brûle; le bois éclate ; la sève tarit. La végétation incendiée referme tristement ses feuilles dans une attitude de souffrance. Le tigre haletant rampe dans les marais des jungles et enlace de ses flancs souples l'urne aux trois quarts tarie de la source, pour aspirer par tous les pores les dernières gouttes de fraîcheur : la vie suppliciée meurt partout comme au milieu delà flamme du bûcher.

Mais, au dernier moment, l'Indou voit monter, du côté de la mer, une immense voûte, épaisse et sombre, de nuages. Cette marée aérienne, suspendue sur le vent, roule d'abord ses longues vagues en silence. Mais, lorsqu'elle a atteint les pleines terres, elle annonce une révolution de

Tair par les coups du tonnerre dont l'ébranlement et le rugissement font trembler THimalaya sur ses antiques fondements de granit. Alors la masse d'eau accumulée dans le ciel par la mousson croule de tout son poids , comme une cataracte, pour pénétrer plus avant dans les flancs béants de la terre ; et le lendemain, une vie nouvelle, instantanée, improvisée, d'herbes, de fleurs, de roseaux, d'insectes, de lézards, émerge de toutes les molécules de la poussière et bourdonne au soleil. La nue errante arrose ainsi la campagne pendant trois mois, et sous son passage, le sol, torréfié comme l'argile du four, recouvre sa fécondité et sa couronne dexverdure.

Mais lorsque les eaux de la mousson né trouvent pas de pente pour retourner par la route des fleuves à la mer, elles croupissent en méditerranées pestilentielles au milieu des grandes vallées. Elles inondent l'Inde de ces jungles impénétrables où, sur le fumier des arbres tombés, d'autres arbres jaillissent recouverts de lianes. L'air ne circule plus, dans cette nuit de mort, à travers ce chaos de végétation. Les animaux féroces ou venimeux, le tigre ou le serpent, postés là comme dans une sinistre embuscade, y attendent l'homme au passage. L'atmosphère, un moment rafraîchie par la mousson, retombe dans la canicule. La terre sèche de nouveau, Siva reparaît. Le vent secoue le vaste amas de miasmes accumulés dans les jungles et les répand en pestes sur toute l'Asie. La mort balaie d'un souffle des peuples entiers.

Lorsque l'homme, encore désarmé, luttait péniblement dans la souffrance contre l'inimitié de la nature, il transportait l'antagonisme de sa vie dans la religion; il créait deux divinités rivales : l'une féconde, l'autre meurtrière; et comme il trouvait plus souvent sur son chemin le mal

— nique le bien, il se prosternait plus volontiers dans sa mélaocolie devant Siva que devant Brahma.

Il croyait plus aussi, par la mAme raison» à la fatalité qu'à la liberté de ses actions. Il sentait que sa volonté pesait infiniment moins que le poids du monde sur sa destinée. Il n'était à ses propres yeux que l'instrument passif d'une volonté extérieurecachée derrière les nuages. Tout homme né de la femme apportait dans son berceau sa vie écrite d'avance sur son front, de la main de Brahma, et nulle puissance divine ou humaine, nulle pénitence, nulle conjuration ne pouvait empêcher l'accomplissement de cette mys* térieuse prédiction profondément gravée dans la chair en invisibles caractères : immuable, infaillible comme la sentence, ccnnme la volonté d'airain de l'éternité.

Pendant des siècles et des siècles, Brahma et Siva, la naissance et la mort, furent les seuls dieux adorés des Indous. Brahma et Siva représentaient dans leur antinomie les deux seules alternatives que l'esprit humain pouvait alors comprendre. Naître ou mourir, c'était pour l'homme qui n'avait encore ni chronologie, ni mémoire, le drame eoti^ de l'univers.

Mais si le monde, ballotté sur la vague flottante d'une étemdle palingénésie, passe continuellement de la vie au néant, ou plutôt meurt continuellement dans l'idée du sivaïsme, il continue cependant d'exister à travers ce flux et ce reflux de destruction et de régénération. Il se conserve aussi. A mesure que l'homme, accroissant sa vie de tout l'héritage des vies écoulées, apprit à croire à la durée par sa propre durée, il déifia le principe de conservation, de per* pétuité, et il le nomma Vichnou , troisième personnage, le dernier en date et le premier en importance du triumvirat divin de la Tbéc^onie.

Et lorsque» par le bénéfice même du temps, la civilisation mieux approvisionnée d'existence, mieux armée par l'industrie contre la nature» voulut introduire dans la religion et formuler en dogmes ses nouvelles acquisitions d'idées» de sentiments» et que» pour accomplir ces révolutions de sanctuaire» elle créa la théorie des incarnations» ce ne fut ni Siva, ni même Brabma, qu'elle voulut incarner» transfigurer; ce fut Yichnou, dieu d'un premier progrès» qu'elle achemina huit fois par une invincible logique à de nouveaux progrès» à travers huit avatars ou métamorphoses de la Divinité.

Mais ces trois attributions de la vie» naissance» mort et conservation» ne sont pas seules opposées entre elles et irréductibles à une même formule. Il y a aussi les phénomènes que l'antiquité croyait être les éléments : la lerre, l'eau et le feu» qui sont distincts et constitués à l'état perpétuel d'antagonisme. La théologie indoue leur réserve une place dans la Trinité ; elle donna à chaque dieu l'élément qui semblait le mieux concorder avec sa fonction : à Brahma» la terre» cette vaste matrice qui couve les germes; à Si va» le feu, ce souffle de colère qui dévore les moissons; à Yicbnou» enfin» l'eau, cette bienfaisance cachée qui entretient la vie dans les veines de la nature ; et elle symbolisa ce dieu triple au triple attribut par le lotus à la conque d'azur, qui participe à la terre par sa racine» à l'eau par sa tige» au rayon par sa corolle.

Le panthéisme indou déifia ainsi» non pas l'idée cachée sous les phénomènes, mais les phénomènes extérieurs de la nature. Aussi» toutes les fois que l'Inde trouvait sur son chemin un fait, un acte général de la nature qu'elle ne pouvait ramener à un autre acte et à un autre fait semblable, elle devait nécessairement inscrire un nouveau dieu

plus ou moins subalterne au catalogue de sa théodicée ; elle admit successivement h cette apothéose illimitée le fleuve, la montagne^ Tarbre, la mer, la planète, et elle confia l'administration de l'univers à une innombrable hiérarchie de contre-mattres de la Divinité, figurée sous la forme de singes, d'éléphants, de serpents, de lions, d'oi^ seaux et de tortues. Elle alla jusqu'à faire une déesse de chaque note de musique, qu'une autre déesse, la voluptueuse Apsara, laissait pleuvoir des cordes de sa lyre.

Après avoir décrété l'unité de Dieu en trois personnes, la religion indoue retournait au fractionnement du polythéisme pour s'être trompée de définition, et poursuivait d'être en être, de diversité en diversité, une dernière unité toujours fugitive, toujours insaisissable, qui l'entratnait sur ses pas d'idolâtrie en idolâtrie.

L'intempérance et la monstruosité de vie qui éclatent partout sous le soleil de l'Inde en colossales productions animales et végétales, avaient passé dans les conceptions de la mythologie. Les corps des dieux étaient immenses, disproportionnés avec les mesures de nos compas. L'Himalaya, ce gigantesque piédestal, indéfiniment entassé sur l'Himalaya, ne pouvait atteindre encore leur stature. Ils luttaient avec des monstres vastes comme des continents. Us versaient en jouant l'Océan dans leur coupe pour en extraire l'ambroisie. Us prenaient à volonté, instantanément, des développements inouïs, fantastiques, plusieurs bras, plusieurs tètes, pour atteindre du regard ou de la main aux dernières limites de l'infini.

La poésie était, comme la mythologie, une métempsycose de l'âme luxuriante du sol, incarnée dans d'incommensurables iliades. Ces iliades sont plus inextricables, plus touffues que ces forêts vierges où la végétation bouillon-

— tu —

nante et tumultueuse rejaillit et remonte sans cesse pardessus la végétation. Immenses débordements de la parole qui exigeraient la vie de dix hommes pour la composition d'un seulpoëme» monstres désordonnés de l'esprit humain, qui confondent en eux le dialogue et l'épopée, à l'imitation des monstres enfouis du déluge qui confondaient en e«i la nature du reptile et du poisson. Ébauche de la vie tnteHec* tuelle qui prodigue infatigablement, comme l'autre vie, la matière par blocs, dans ses premières créations.

A cette heure matinale de l'histoire, l'Indou, à peine sorti des mains de la nature, portait toute fratche en lui l'impression de cette première étreinte. Fraternellement uni par un lien de naissance avec la vie universelle, née comme lui et avec lui sur la planète, il aimait d'une ineffable tendresse cette sœur d'hier, jusque dans la plante de la forêt. Il proclamait l'arbre un être religieux, un être vivant; il lui donnait une flme, une destinée. Souvent il plantait deux palmiers sur le bord de la fontaine, il les mariait entre eux avec toutes les cérémonies du mariage. Il considérait pour cette raison la nature entière comme la renaissance perpétuelle d'une même vie , toujours une , qui allait et venait continuellement sous une forme ou sous une autre, d'une créature dans une autre créature. En vertu de cette croyance, il inscrivait dans ses dogmes la métempsycose ou la perpétuelle émigration de l'flme dans d'autres sphères de vie, inférieures ou supérieures, selon les fautes ou les mérites. Le corps de tout animal était l'enfer vivant d'une ftme condamnée à l'expiation, qui parcourait nécessairement, pendant des siècles, plusieurs enfers, et ne remontait à sa première innocence et à sa première grandeur qu'après avoir revêtu et dépouillé plusieurs fois, et plusieurs fois encore, le vêtement grossier de l'animalité.

Page 1