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CHAPITRE XXV

Lorsqu'une idée nouvelle entre dans Thistoire, elle trouve toujours devant elle le dogme ancien, debout et armé. Alors elle combat pour forcer le passage, et tant qu'elle a besoin de combattre elle conserve Tunité. Mais à peine victorieuse» comme elle est née la première de Tesprit d'examen, elle provoque à son tour la discussion. La discussion engendre la secte , et la secte, impatiente de régner , détermine la guerre civile de la croyance. La majorité, hier proscrite, proscrit maintenant la minorité, et la contraint, par la me* nace du supplice, à l'expatriation.

Mais la foi est pour le croyant une patrie supérieure à toute autre patrie ; la doctrine excommuniée va chercher, sous le regard de Dieu, une autre terre pour la porter. Ce fut la destinée de la réforme en Angleterre un siècle à peine après sa victoire définitive sur le catholicisme. Un vent d'orage souffle sur le sol d'Afrique ; le palmier solitaire, la palme hérissée, flagellée par la tempête, crie et plie, et répand dans l'atmosphère une poussière de semence. Le vent passe emportant de l'autre côté du désert,

dans son tourbillon» tout un mondo à venir» d*oinbre et de verdure. Et un jour après, le palmier femelle relégué dans une sorte de veuvage» derrière l'horizon» sent frémir le soufDe poudreux sur son calice, et fécondé par ce vent de passage» féconde à son tour Toasis.

11 y a environ deux cents ans» une tribu de pèlerins proscrits de l'Angleterre frétait un navire en Hollande et traversait l'Atlantique au milieu des coups de mer de Téquinoxe. Après deux mois de fatigues et de dangers» la pacifique croisade aborda la côte d'Amérique, et, avant de débarquer, rédigea ce contrat :

— Ayant entrepris pour la gloire de l'Evangile et pour la propagation de la foi chrétienne un voyage au delà de l'Océan» afin d'y fonder une nouvelle colonie» nous nous unissons par ces présentes devant la face de Dieu, et les uns devant les autres, pour fonder entre nous une seule famille politique et nous prêter mutuellement assistance.

Jamais le regard de l'homme ne tombera sur un spectacle plus solennel et plus religieux en même temps» que le spectacle de ces quelques familles qui abordent ainsi» le nom de Dieu sur la lèvre, un monde lugubre alors enseveli sous les premières neiges de l'hiver.

Cette courageuse avant-*garde do la civilisation a mis l'immensité entre elle et sa patrie. Elle n'apoupposer les pieds d'autre place que le rocher. Derrière elle, la naer déferle avec un bruit sinistre sur une côte désolée. Devant elle, une autre mer aussi infinie de forêts vierges lui envoie» d'arbre en arbre, le long mugissement d'un continent.

Mais les pieux pèlerins de l'Evangile ne tremblent pas devant les mystérieuses menaces de cette nouvelle nature. Ils tombent tous à genoux» hommes, vieillards, femmes, enfants, et après avoir invoqué le Dieu qui fait couler dans

les bras ée Tbommo des forces à dompter les montagnes, ils se mettent intrépidement au travail. Ils attaquent à coups de bacbe cette épaisse barrière de végétation, et ils déblayent le premier emplacemient d'une patrie.

Ils s'enfoncent sous ces arbres, qui couvaient à leurs pieds des siècles de ténèbres ; ils ouvrent des routes clans ce chaos de verdure ; ils aèrent de tous côlés la forêt et remettent le sol en comraunicalion avec le soleil.

Parfois ces bardis pionniers trouvaient de grandes brèches ouvertes, au milieu de ces îneitrîcables fourrés. Un chêne immense, dont les rameaux eussent couvert une place publique, était tombé là, dans sa gloire, de tout le poids des années, avait écrasé en tombant les autres arbres, et fait largement le vide autour de sa ruine. Sans doute une explosion terrible avait accompagné sa chute ; mais dans le désert aucune oreille n'avait entendu ce dernier gémissement de celte grande existence végétale qui s'était abtmée un jour avec un peuple d'arbustes.

L'histoire comprend que devant ce magnanime spectacle de l'Amérique primitive, la pensée de ces hommes, naturellement biblique, dut s'associer encore plus intimement au Dieu de la Genèse. Ils trouvaient, à chaque pas dans leur existence, une perpétuelle allusion de la Bible : Israël entrait une seconde fois avec eux dans la terre promise.

D'autres émigrants vinrent rejoindre ces premiers colons ; mais à peine une colonie était-elle fondée, que d'autres émigranis se déployaient en avant de la ligne de culture, à travers l'immense rempart murmurant de forêts.

Ils parlaient par familles, emmenant leurs bagages sur des mulets, poussant devant eux leurs troupeaux, traversant les sauvages défilés du désert, en chantant les can-

tiques de SioD, pour tromper la fatigue du chemin, et portant à la ceinture la hache, symbole de la conquête de rAmérique. Lorsqu'ils avaient trouvé sur la propriété indivise du Seigneur un campement convenable pour asseoir un village, ils mettaient la cognée au pied de Tarbre et commençaient le défrichement.

Ils pratiquaient une clairière dans la forêt et 7 construisaient chacun sa demeure. Le flux toujours montant de rémigration affluait autour de cet embryon de village. Les cultivateurs étaient arrivés les premiers, les industries allaient successivement les rejoindre. Les maisons, d'abord éparses, se rapprochaient les unes des autres par cette mystérieuse attraction du travail pour le travail. La vie collective naissait du voisinage. La commune était fondée. Une école était bâtie. L'église était d'abord confinée dans la même salle que Técole. Mais peu à peu la commune obéissait comme la vie à un double mouvement d'expansion et de concentration ; s'agglomérant de plus en plus, ets'étendant de plus en plus dans l'espace. La commune devenait une cité, et l'église annonçait la première dans le ciel cette transfiguration.

C'est ainsi qu'une poignée de proscrits, chassée pour sa croyance de ses foyers, est devenue avec le temps cette postérité de l'Écriture, plus nombreuse que les étoiles, et qu'en moins de six générations elle a remonté le cours de ses dix-huit fleuves navigables, qu'elle s'est assise sur Tamphithéâtre de ses nombreuses méditerranées, qu'elle s'est échelonnée sur la longue ceinture flottante de ses côtes, s'est essaimée par milliers d'essaims dans l'incommensurable vallée du Mississipi, s'est multipliée de bouture et reproduite à l'infini : hier c'était une colonie, aujourd'hui c'est une nation.

Que disons-nous, une nation? elle est encore plus : elle est la race héroïque et conquérante, entre toutes les races jeunes ou vieilles qui ont encore place au soleil. Elle avait à remplir de son génie l'immensité ; elle s'est fait un génie à la dimension de sa destinée. Elle a précipité la vie sur tous les points du territoire. A force de rapidité en toute chose» elle a supprimé la distance. Elle travaille vite, elle produit vite, elle improvise des flottes qui naviguent rapidement et pourrissent bientôt ; elle expédie sans cesse à l'ouest des villages d'avance bâtis en planches qui tombent en poussière et ressuscitent sous une autre forme, entre deux générations ; elle accumule les travaux dans les minutes ; elle disperse au hasard les munificences du crédit ; elle sait qu'elle est la civilisation, qu'elle doit toujours porter la vie dans le désert ; elle prend le pas de Dieu, et contrefait le miracle.

Ainsi l'Amérique a été la mission historique du protestantisme, sa tâche dans l'humanité, sa gloire, sa création. Et ici admirons, d'un cœur profondément pieux, le chapitre encore inédit des voies détournées de la Providence. Le protestantisme devait être persécuté, il devait être persécuteur à son tour, il devait être chassé de la ruche européenne à coups de supplice, il devait être précipité à tous les hasards de la vague, pour aller chercher, dans la flottante traînée du soleil couchant, une nouvelle hospitalité où il pouvait prier en paix le Dieu de sa conscience. Partez : le monde est vaste, un continent vous attend. Allez à la vie par le martyre. Le jour où l'Amérique naissait pour l'Europe, le protestantisme naissait pour l'Amérique. Colomb et Luther, frères d'idées, inconnus l'un à l'autre, travaillaient dans le même siècle au même drame : l'un en donnant la scène, l'autre en donnant Tidée.

Le protestant seul, en effet, par la nature de son dogme, pouvait coloniser le désert. Il portait sans cesse avec lui sa religion, contenue tout entière dans un volume. 11 avait toujours là son sacerdoce sous la main à Theure de Fadoration , et il adorait de la pensée dans un perpétuel monologue. Lorsque le dimanche venait, il tirait son culte nomade de sa valise, et sur le tronc d'arbre abattu de la veille il ouvrait l'Évangile. Partout où il l'ouvrait il y avait un autel, et sur cet autel improvisé Dieu descendait en esprit.

La Bible, croyance portative du protestantisme, était la seule religion possible du colon. Que serait, en effet, la famille catholique reléguée sur la lisière du vide, à un mois de marche de son église? Elle n'entend plus la voix de la messe, elle n'a plus de prêtre pour la réconcilier chaque semaine avec sa conscience. Elle ne peut vivre, elle ne peut mourir sans jouer la partie terrible de son salut, elle ne résistera pas longtemps à l'obsession, que disonsnous? à l'épouvante continuelle d'une semblable pensée. Elle repliera bientôt la tente plantée dans le désert, pour chercher un refuge à l'ombre de la croix et au pied du confessionnal. Aussi le catholicisme n'a-t*il pu, nulle part, défricher la forêt. Il a traversé l'Amérique en laissant uniquement la mort derrière ses talons. Il a passé : voilà tout.

Le protestant, au contraire, n'avait pas à redouter son isolement devant le Seigneur. Dans le protestantisme, chaque chrétien est à lui-même son christianisme complet. Par une conséquence directe de ce principe, chaque citoyen était un gouvernement complet. De ce double moi absolu, rédigé en dogme et en constitution, l'Amérique a fait sa religion et sa démocratie. Elle a donné la première

au monde l'exemple de Thomme élevé au maximum de rétre, roi et pontife à la fois dans la société.

 mesure que TAmérique croissait en civilisation sous la main du pionnier, l'intensité de vie accumulée de plus en plus sur l'autre rive rejaillissait de plus en plus» par contre-coup, sur cette rive-ci de TÀtlantique. Jusqu'alors la lisière occidentale de l'Europe, adossée à la mer et ouverte sur le vide, réfléchissait la stérilité du désert tumultueux déroulé autour de son horizon. La lame voyageuse, balancée d'un monde à l'autre par un perpétuel mouvement d'aller et de retour, signal précurseur d'une idée de commerce, jetait tout au plus à la grève, dans la tristesse de son abandon, une plainte et une écume.

Mais lorsque l'ancien monde eut fécondé le nouveau monde, il grandit le premier en activité de toute l'industrie qu'il provoqua par la colonisation de l'autre cAté de l'Océan. Les deux civilisations assises face à face, comme deux électricités en présence répandues à l'extrémité de leurs promontoires, réagirent sans cesse l'une sur l'autre, sollicitées sans cesse l'une vers l'autre, à travers l'immensité. Elles échangèrent leurs travaux ; et pour débarquer leurs échanges, elles évoquèrent de nouvelles cités au milieu des brouillards, sur ces côtes auparavant frappées de paralysie. Ces capitales de la mer, abritées derrière des forêts de mâts, et agitées comme la vague, rappelaient et renvoyaient indéfiniment leurs flux et leurs reflux de richesses.

Les industries auparavant internées au centre des na^ tions, attirées à la circonférence par la tentation de nouveaux débouchés, revenaient delà circonférence au centre, transformées en denrées des tropiques. Des besoins incon*

DUS, éveillés par de nouvelles jouissances, et répercutés d'atmosphère en atmosphère, allumaient partout de nouvelles ambitions de travail. Les fleuves, les chemins sillonnés en tous sens portaient, rapportaient à tout moment des processions de marchandises. Les campagnes, hier encore engourdies au commerce, sentaient continuellement aller et venir à leur surface comme une trame flot* tante de productions. Les nations maritimes prirent ainsi, en un tour de siècle, l'initiative non-seulement de l'opulence, mais encore de la pensée sur toutes les autres familles de l'Europe. La mer est pour les peuples la première condition d'une grande destinée, puisqu'elle est une participation privilégiée de l'espace.

Les colonies d'Amérique remboursèrent au centuple, avec le temps, les frais d*installation qu'elles avaient coûtés à leurs métropoles. En surexcitant le commerce à l'infini, elles augmentèrent le capital, et, en même temps que le capital, le chiffre de la bourgeoisie ; car la bourgeoisie est le capital fait homme, ou plutôt l'homme rédimé pour son existence de toute la portion de travail renfermée dans le capital. Elle est la création perpétuelle, au sein de l'humanité, de la somme de loisir indispensable à la culture de la pensée. Elle est la promotion successive de la classe qui possédait uniquement sa force musculaire, à la propriété, c'est-à-dire à la force musculaire accumulée sur un point donné par une série de générations. Elle est la démonstration vivante du progrès, parce qu'elle prélève l'oisiveté sacrée de l'intelligence, non sur l'excédant de travail imposé dans le présent à un peuple esclave, mais sur le bénéfice du travail économisé dans le passé. Elle est enfin la glorieuse réalisation de la démocratie minute par minute, non au rabais dans la misère, mais dans

l'aisance au sommet de la société. A moitié chemin du privilège et du labeur, assez riche pour acquitter le prix de rinstruction, assez limitée dans sa richesse pour devoir toujours apporter son contingent d'activité à la collaboration de la commune famille, elle représente la destinée idéale de rhumanité. Nouvelle race d'élite, bénie entre toutes, elle met déjà le pied sur le sol promis, la tête marquée du signe d'élection, et la main chargée de toute la fortune acquise du progrès.

L'ftme humaine, développée par la même assistance d'histoire qui avait développé la cité, voulut faire connaissance avec sa nouvelle conquête de sentiments. Pour se contempler face à face elle*-méme, comme dans un miroir, elle ressuscita le théâtre immolé, depuis des siècles, à Tinimitié du christianisme. Le théâtre est le complément delà peinture, ou plutôt il en est le spiritualisme. La peinture représente l'homme extérieur dans sa pantomime et dans sa physionomie: le drame représente au contraire l'homme intérieur dans sa pensée et dans sa conscience.

Il y avait en Angleterre, au moment du choc du protestanti^ne contre le catholicisme, un génie inquiet dont la vie est restée dans l'ombre comme un mystère. Né à l'agonie d'un monde sur une terre encore frémissante delà longue commotion de la guerre civile, il sentait de bonne heure remuer le trouble de son siècle au fond de son esprit. Il marchait dans la vie sous un ciel sombre, à travers une atmosphère sinistre où flottaient les derniers échos et les spectres sanglants d'une immense tragédie au soleil. Sublime inconnu traîné dans la vie dès son enfance par la main du destin, acteur, poëte, créateur d'un mpnde nouveau, il porta la plus horrible torture de la vie : la disproportion du génie avec sa destinée. Shakespeare n'eut

qu'à ouvrir sa pensée douloureuse, sans cesse en contradiction avec la fatalité, pour en retirer le drame dans le cri longtemps étouffé de sa propre blessure. Lorsque la Providence destine au monde le poëte de la passion, elle Tenvoie dans une époque tumultueuse, et au fond de sa conscience agitée d'un autre tumulte elle dépose un perpétuel gémissement

Shakespeare obéit au commandement de sa nature : il étala devant lui Tâme humaine tout entière dans toute son ampleur; il mit la main sur cette lyre infinie, et, Orphée terrible, il en arracha la note de l'ambition, de l'amour, du remords, de la folie, de la jalousie, de la terreur, de la fantaisie, de Tironie, de la pitié. Tour à tour, sous son doigt souverain, il la fit pleurer, crier, gémir, sangloter, soupirer, rire, sourire, chanter, et bénir. Il l'entreprit du haut en bas de la société, à chaque étage, dans chaque condition, dans le roi, dans le soldat, dans le peuple, dans le tribun, dans le pfttre, le bouffon, le matelot, le moine, le fossoyeur, le bourreau , le vieillard et l'enfant. A cette explosion grandiose de la passion, il ajouta encore la voix de la nature, l'alouette du matin, le grillon du foyer, la solitude de la bruyère, la pluie de la tempête, le rayon de l'étoile, le spectre de la lune, la plainte du ruisseau. De toutes ces notes éparses, puissamment harmonisées, intriguées, alternées, contrastées, il fit cette œuvre pathétique, foudroyante d'émotion, qui donne au cœur de l'homme la plus formidable secousse qu'il ait jamais sentie. Héroïque, comique, entrelaçant à chaque instant le vers et la prose, il témoigna une fois de plus que le complexe dans la poésie, comme dans la création, est le véritable caractère du progrès. Correspondant ainsi à tous les esprits et à tous les temps par l' universalité de

son iospiratioDy il est aussi contemporaiQ de notre siècle <iue du siècle où il vivait.

La scène devint, à partir de cette heure, l'école perpétuelle du sentiment ouverte chaque soir à la multitude : elle lui enseigna, par le spectacle de la souffrance et de l'héroïsme dans la souffrance, la résignation, la pitié, la douceur, la sympathie. L'Ame humaine porte en elle une telle sainteté, que, montrée dans toute sa candeur, elle est pour l'auditoire une irrésistible leçon de vertu.

A peine le drame avait développé dans l'homme la faculté de sentir, que la musique venait à son tour lui offrir sa sublime volupté. Elle devait parattre la dernière : car, langue commune du sentiment, et par cela même indéterminée, elle devait d'abord trouver dans l'humanité le clavier complet du sentiment. La musique est, en quelque sorte, la voix mystique de l'ftme dans sa pure essence, destinée à révéler l'enthousiasme dans le cœur exalté, l'héroïsme dans le cœur intrépide, la foi dans le cœur pieux, la rêverie dans le cœur aimant, la piété dans le cœur religieux, la mélancolie dans le cœur brisé. Elle purifie, elle exalte, elle attendrit, elle arrache l'homme à la prison du corps et l'emporte, dans une effluve d'harmonie, au delà de l'espace : elle consomme l'émotion.

Lorsque cette éducation attrayante de l'art eut successivement éconduit le dogme de l'esprit, et que la liberté de penser eut pris insensiblement la pl^ce que la foi laissait vacante par sa retraite, alors la philosophie réclama la parole pour achever la victoire. Elle entra dans le dixhuitième siècle armée de l'éloquence, de la science, du rire et du sarcasme; elle leva la main, et à ce signal la tempête souffla du Midi et du Septentrion, le vieux monde croula comme au fond d'un gouffre, avec un bruit terrible,

au milieu d'un tourbillon de flamme et de famée. Et lorsque le nuage eut disparu, déchiré comme le rideau du temple par le tonnerre, l'humanité vit planer sur la ruine la figure sereine de la révolution française, couronnée de son immortelle espérance, qui souriait au peuple et lui montrait du doigt le chemin de l'avenir.

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