‹ Profession de foi du dix-neuvième siècleChapitre 5 sur 33 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'homme avait conquis le métal, le cuivre d'abord, ensuile le fer, et il Tavait assoupli sur l'enclume à son usage. Il avait ainsi ajouté à ses muscles un autre muscle ionexible où il faisait couler sa force pour plier la matière, la dompter, la tailler, la diviser, la transformer, la modeler, la tenir prosternée et soumise, comme la proie sous l'ongle du lion. Lorsqu'il eut aiguisé le fer, il coupa le bâton, ce premier sceptre de souveraineté, et, armé de ce nouveau pouvoir, il régna sur la nature.

S'il n'avait pu trouver sous le soleil d'autre provision que la chasse, nourriture d'un jour, variable et immédiate, qui ne peut être réservée, ni capitalisée pour les jours suivants, il n'aurait jamais passé de la première à la seconde journée de la civilisation.

Mais, parmi les animaux qu'il tuait sur place pour les dévorer sur le moment, il remarqua certaines espèces inoffensives et résignées, par caractère, à la domesticité. Au lieu de les égorger comme auparavant, péle-méle, par hécatombes, pour abandonner ensuite une partie de leurs cadavres aux vautours, il les retînt prisonnières sous son

hâtOD» proies ajournées, pour les consommer successifement, tête par tête, à l'heure du besoin.

Il recruta d'abord ces races purement alimentaires, qui devaient régénérer l'homme en donnant leur vie pour lui et le racheter, par leur sang, de sa pauvreté. Il enrôla d'abord sous sa domination, selon la nature du terrain, ici, la brebis sociable et sympathique, qui va toujours par bande, paissant humblement l'herbe étalée par immenses tapis; là, an contraire, la chèvre aventurière et indépendante, qui broute isolément de rocher en rocher, la feuille amère du buisson.

Il servit chaque jour à son repas le lait écumant ou durci avec la chair cuite sur la braise, du chevreau et de Tagneau. Il sécha au soleil leur peau encore revêtue de sa toison, et il en fit un manteau pour son corps, un abri pour sa tête, un lit pour son sommeil, une sandale pour son pied, un sac pour sa provision, une outre pour sa soif, et un tambour enfin pour la danse ou pour le combat. Il tirait alors du cuir tous les services qu'il devait demander plus tard à diverses matières. La vie, toujours communiste à son début, exige, pour les civilisations enfantines comme pour les espèces inférieures, que le même organe desserve plusieurs fonctions.

Pour empêcher le mouton de rompre son pacte encore récent avec l'homme, et de retourner à son indépendance, le pasteur devait nécessairement le veiller nuit et jour et le tenir à toute minute parqué dans l'enceinte de son regard. 11 le suivait partout. Il le menait de l'herbe à la somxe, il le ramenait de la source à la prairie. Il ramassait le désene\iv sur son chemin et le rejetait dans le troupeau. tSetié incessante fonction absorbait une partie des heures da jour et du sommeil.

Hais l'odeur de la table en plein vent qai fiuQaU chaque soir sur les tisons attira un nouvel hôte au pasteur. Cet hôte était un carnassier adouci et conciliant qui accourait do fond des bois pour recueillir sur Therbe les miettes du repas. Il suivait de halte en halte, de bivouac en bivouac, convive assidu, les traces du troupeau.

L'homme accueillit avec amitié ce suppliant de la faim et lui offrit un échange de services. Il le dressa et il le corn* mit en sous-ordre à la garde de sa propriété errante dans le pâturage. Le chien, éminemment éducable et imitateur par tempérament, comprit et exécuta la consigne. Jl courut continuellement autour du pâturage, et dans le cercIe^n)obile de sa course, il enferma le champ vivant du troupeau.

L'homme avait ainsi passé de l'état chasseur à l'état pastoral, et il avait enrichi son être de toute la somme de vie que l'animal, mourant pour lui, lui transmettait par une invincible loi de réversibilité. La propriété intermittente du chasseur dans la part du gibier revêt pour la première fois, dans le troupeau, le caractère de durée. Non-seulement le pasteur possède la propriété actuelle et nomade qu'il promène dans la vallée, mais encore il possède à l'infini la propriété ultérieure qui nattra de cette propriété. Il est propriétaire à distance, dans l'avenir, d'une richesse india* soluble inféodée pour jamais à la durée.

Ainsi, par cela seul que le troupeau se régénère, et qu'en se régénérant il est perpétuel, il attire et il retient l'homme à sa perpétuité. Il est le premier centre autour duquel la monade humaine, jusqu'alors disséminée ou attroupée par faibles groupes, vient prendre rang et former société. U crée la tribu.

La tribu est la famille multipliée à l'image du troupeau, réduite comme lui à quelques tètes, composée d'ôtro» àgawE,

et renouvelée par voie de génération. Le jour où Thomme laissa les agneaux auprès de la brebis , il gai:da auprès de lui ses enfants. II fonda la famille ; c'est-à-dire rémission à rinfiDi dans le temps de sa propre chair toujours survivante dans sa génération et la génération de sa génération. Il eut un traité perpétuel renouvelé de naissance en naissance avec Tavenir ; il crut à la continuité , sur cette terre du moins, de sa vie incarnée dans sa descendance, et, comptant désormais sur l'assistance du temps, il conçut ridée de prévoyance.

Il comprit la puissance de la durée, de la perpétuité, et, comme le vieillard lui parut le plus évident symbole de cette idée, il le releva de l'autel où il l'immolait auparavant au dieu de la faim, et il lui décerna la suprématie. Il couronna en lui cette accumulation de temps, ou plutôt cette supériorité d'âge que la civilisation antique appelait la sagesse. De même que le bélier chargé de jours avait la direction du troupeau, le patriarche chargé d'années avait le gouvernement de la tribu. La loi universelle du monde avait ainsi établi de la vie à la vie une mystérieuse consonnance.

L'herbe est plus rapidement épuisée que reproduite sous la dent du bouc ou du mouton. Le pasteur, toujours debout, devait donc toujours marcher à la conquête du pâturage. Il agrandit ainsi sa patrie ; il entra plus avant dans l'espace et porta sur la vie ce second témoignage du progrès, car le progrès, répétons-le sans cesse, est un avéne* ment à l'étendue.

Mais le troupeau n'avait à traîner d'une station à l'autre que sa toison. L'homme, au contraire, avait à traîner, dans cette incessante pérégrination, le nouveau mobilier de vie qu'il s'est créé : son armure, sa couche, sa provision de la

— «0 — j<meniD. Il «rarrait bientôt fléchi en route sous le poids do fardeau, s'il n'avait rencontré dans la nombreuse famille animale qui rôdait à son horizon un commissionnaire patient, docile, sobre, robuste, infatigable, disposé à prêter l'épaule h son bagage. Ce commissionnaire était l'Ane, premier serviteur biblique de l'humanité, que la loi impérieuse des harmonies préétablies semblait avoir créé pour voyager d'un pas lent, continu, à petites journées , comme le troupeau, en lui donnant simplement à brouter le chardon du sentier, et en répandant sur sa livrée la couleur de la poussière.

L'histoire, qui n'a pas de dérision pour le bienfait, doit effacer l'anathème d'ironie qui pèse encore sur ce précieux compagnon de route du patriarche. Elle doit lui restituer sa part de service et de mérite, dans la séculaire et laborieuse préparation de notre destinée. En entrant dans l'humanité pour prendre à sa charge le poids le plus lourd de notre travail, il a payé de sa servitude la rançon de notre première liberté. L'homme pouvait ainsi voyager librement^ grâce h l'assistance du portefaix quadrupède chargé de son bagage, et la procession errante du troupeau Temmena par de secrets instincts de prairie en prairie, de campement en campement, vers des terres plus fertiles, plus complaisantes à la civilisation, que la Providence avait aménagées d'avance de collines et de fontaines.

Obligé de pousser toujours devant lui la tribu hélante du mouton , et de poursuivre la frontière toujours fugitive du pâturage , le pasteur devait nécessairement chercher le moyen d'orienter sa marche à travers la mer verdoyante du désert. Mais comment? L'herbe repoussait d'une saison à l'autre sous son talon, et le vent balayait, du soir au matin, sa trace sur le sentier. La route, pas plus qu'aucune

aatre chose humaine» n'avait de durée. Frayée la veille^ elle disparaissait le lendemain. Le sol, mobile et encore insoumis, repoussait l'empreinte perpétuelle du pied de Thomme à sa surface.

Ne pouvant tracer une voie fixe, toujours reconnaissable, sur une terre inconstante , Thomme leva la tête et trouva une route écrite dans le ciel, de constellation en constellation. Il étudia pour la première fois ces multitudes éparses de lumières qui avaient brillé jusqu'alors confusément devant sou regard.

Lorsqu'il eut frappé au seuil flamboyant de i'éther, il rapporta de cette première conférence avec l'infini une idée épurée de la religion. Il cessa de trembler jsous la main du Dieu terrible qui lui parlait par la voix du tonnerre, pour bénir le pilote céleste qui lui traçait d'un doigt de feu un chemin dans la solitude.

Il ne l'adora plus dans sa colère, il l'adora dans sa magnificence. II vit dans l'étoile paisible et bienveillante à son passage à travers la savane une révélation visible et miséricordieuse de la Divinité. Cette providence moins cruelle lui parut exiger pour son culte moins de cruauté. Plus de cadavre humain jeté en otage à un Dieu vengeur. L'animal tomba désormais à la place de l'homme sur la pierre de l'autel. Le culte substitua dans le sacrifice le bouc à Isaac.

Serait-ce donc que la vie a été rigoureusement mesurée à notre planète, et que l'homme ne puisse l'augmenter en lui sans la diminuer autour de lui, conquérir une liberté sans créer autour de lui une servitude? A -l-il mission icibas de ramener tous les êtres à son existence, et de les engloutir dans son corps comme dans un panthéon ? Je ne touche qu'en passant cette idée. Plus tard j'y reviendrai.

Je ne puis cependant m'empécher de remarquer que Tan* tiquilé tout entière a partagé cette croyance. Car partout le premier acte du culte est le sacrifice, et lorsque la Judée célébrait sa Pflque en servant l'agneau à la table de la famille, elle célébrait véritablement le rachat de Thomme par le troupeau.

Le pasteur marchait donc au progrès sous la conduite de Tétoile, et, tout en marchant, il apprenait à tirer de la laine filée et réunie fil à fil un tissu plus souple et plus léger. II forma ainsi de la toison du troupeau la première enveloppe du corps : la tunique : et la seconde enveloppe à distance : la tente, habitation nomade, inconstante, comme toute chose naissante, continuellement roulée et déroulée à chaque départ et à chaque halte dans le désert.

La femme trouva sous la tente sa première heure d'espérance et de sécurité. Jusqu'alors elle n'avait été que la fiancée commune du plus fort, qui l'épousait, terrassée et meurtrie, dans les larmes et dans les gémissements. Mais, à dater de la tribu, elle devint la propriété exclusive d'un seul mari, qui la protégea par la même raison et avec la même sollicitude que le troupeau.

Du moment où l'homme comprit que la chèvre, que la brebis, attroupée autour de lui et réduite en domesticité, pouvait produire une jouissance, avoir une utilité échangeable contre une autre jouissance, il transporta cette idée à la femme, il lui assigna une valeur, et il l'évalua selon sa jeunesse, sa beauté, sa race, sa naissance, à tel ou tel nombre de tôles dans le troupeau. Ainsi, la Grèce homérique appelait Alphésibée la jeune fille que le patriarche cédait, pour une paire de bœufs, à un mari. Partout, à cette deuxième journée de la civilisation, la vente a été la forme unique du mariage. Lorsque le pasteur ne pouvait

payer sa fiancée en denrées, il la payait en service. Jacob acquit au prit de quatorze années de servitude les deui tlles de Laban, et aujourd'hui même, le sauvage d'Amérique refait l'histoire de la Bible dans la nuit profonde do sa forêt.

La femme ainsi achetée, ou plutôt échangée pour une part de troupeau ou une somme de travail, passa de l'état de femelle abandonnée, de Vénus impersonnelle, vagabonde et banale, que l'homme assouvi se rejetait continaellement d'un bras, à l'autre, dans le carrefour de la bruyère, à l'état de chose acquise, de propriété, en un mot, sous la sauvegarde de la loi explicite ou implicite écrite dans tradition ou dans la conscience qui protégeait les autres propriétés.

L'ancien mode de mariage, le rapt, devint, à partir de ce jour, le crime des crimes le plus durement flétri par le code moral de la tribu, et, pour le punir, la Grèce tout entière, arrachée de ses rivages, reflua sur l'Asie et versa sur les tisons fumants de Troie jusqu'à la dernière goutte du sang de Priam.«Le choc de l'Iliade fut donc en réalité le choc de deux mondes d'idées, l'un qui naissait, l'autre qui allait mourir. L'Iliade est l'épopée de la femme vengée par des héros.

Et cependant, par cette loi de transition et de solidarité qui veut que Jacob tienne en naissant le talon d'Ésaû, que la tradition projette son ombre sur le progrès, comme la mémoire du passé prolongée dans le présent, la tribu mêlait encore un souvenir de violence, d'enlèvement, à la célébration du mariage. Le mari ne possédait sa fiancée, dans la Germanie, qu'après avoir lutté avec elle en présence de ses compagnons, et, partout ailleurs, qu'après l'avoir enlevée de vive force et emportée dans sa maison. La fian-

cée ne devait pas mAxne, dans le trajet, toucher da bout de sa sandale la pierre du seuil, pour montrer que, victime encore de la force, elle n'entrait pas librement h son nouveau foyer. La loi de Manou appelait ce rapt traditionnel, perpétué dans les usages, le mariage des géants.

La femme achetée, et ensuite épousée sous la forme symbolique d*un enlèvement, n'était, à proprement parler, qu'une esclave. Elle n'avait pas plus que la génisse, au jour de la vente, à donner ou à refuser son consentement au marché. Elle était une vie, une volupté de Thomme tout au plus, elle n'était pas une personne, une volonté. En entrant sous la tente, portion d'épouse plutôt qu*épouse réellement, elle prenait place dans le gynécée h côté des autres femmes, acquisitions, comme elle, de son mari, et attendait en silence son tour d'affection, car l'affection encore incertaine et flottante de l'homme errait au basard, capricieusement, au milieu des voluptés éparses do la polygamie. Toute association commence par une promiscuité, et à ce commencement Dieu refuse la durée. Il ne laisse tomber qu'un instant l'ombre de son éternité sur l'imperfection.

Mais la femme avait trouvé à côté du troupeau un travail. Ce travail devint son rachat. Elle avait prouvé à l'homme l'utilité de la faiblesse ; elle avait conquis une occupation : elle fllait la laine du troupeau.

Heureuse et à jamais bénie la date mystérieuse, maintenant oubliée de l'histoire, où la première fois^ une aïeule inconnue, Eve régénérée, suspendit à son côté sa quenouille chargée d'un flot d'argent* Elle eut ce jour-14 sa fonction; elle compta devant Thomme par un mérite. La poésie antique avait raison de mettre dans les mains des reines une quenouille. La quenouille était un sceptre aussi.

Elle était pour la femme» sinon une royauté^ du moins une dignité.

En filant en paix la blanche tunique, à Fabri du vent, la femme rejeta loin d'elle pour toujours le travail abrutissant qui flétrissait sa jeunesse. Elle sentit couler à son froQt un premier rayon de beauté, et cette beauté lui apporta une nouvelle émancipation. Le soir, lorsqu'elle avait fini sa tftcbe et rempli sa corbeille, elle ranimait Tétincelle sous la cendre et préparait le repas. Le mari venait de loin, de la chasse^ du travail , poudreux, couvert de sueur, les pieds sanglants et déchirés par les épines. Joie souriante du retour, au regard du maître, après une journée de fatigue, sa grâce était déjà comme l'obole divine, qui devait acquitter un jour sa servitude.

Elle a revêtu la robe, et avec la robe une nouvelle nature, une nouvelle vertu, la vertu de la pudeur ; elle ^ écarté de son corps la prostitution du regard ; elle a voilé du voile d'Isis ce sanctuaire de vie pour que l'idée sanctifiée de l'amour habitât seule désormais sous le pli flottant dans un religieux mystère ; elle a noué enfin autour de son flanc sacré le triple nœud de la ceinture qui la con^ stitue irrévocablement prétresse et gardienne de sa beauté.

Arrêtons-nous un instant pour contempler en esprit, du promontoire élevé de l'histoire, cette scène patriarcale des premiers temps de l'humanité.

Le soleil, abaissé à l'horizon, fond en brume ardente sur la croupe bronzée des montagnes. La plaine immense et nue, déroulée à l'infini, étale aux regards ses capricieuses et innombrables ondulations. Çà et là quelques bouquets de palmiers éclairés au sommet, et le tronc baigné dans l'ombre, soulèvent leurs palmes d'or au-dessus delà solitude.

Le pfliriaroha le plus Icpurd d'années a écrit dans Tsir, avec son bftton, la place du campement. La tribu a disposé ses teotte sur la ligne mystiqaeqae I9 vkilhrd â tracée. La coionne de poosnère qae les brebis seiileuieiit sor leurs pas, ea retenant de TabreuToir^ est tetômbée ou fliQt>ortée per le vent en légères spirales, derrière t'homon^ Raebe), ou la fiUe idéale d a pasteur, le front calme^ rentre leattensent au iotiar, chargée de l'étofié ruisselante qu'elle tfedt de trempef aa courant, tandis que plue loin derrière die, au fond de la vallée, sous une voûte touffue et eonvulsive de la«riers-roses et de limes, le torrent boinllennant et déehiré en filets aux anfractuosités du rocher, écume à la nuit et jefle au désert son rauque sanglot.

Le troupeau est parqué. Le chien de garde fait la ronde autour du parc, pour en écarter Thjène et le chacal. La flamme du bivouac commence à dessiner sa vive ctafté da&s k lutte douteuse de l'ombre et de la lumière. La ti^ibu, cette société naissante, continuelleoient en marche à la recherche d'une autre soeiété, preûd enfin son repos d'une nuit, préambule confus du repos de la cité. L'homme mange seul avec l'homme ^ ear dans l'orgue de sa force, j'allais dire de sa barbarie, il n'a pa» encore admis la femme à la familiarité de son repas.

Mais la femme, assise en ce moment à l'entrée de la tente, au dernier adieu du soleil, au milieu de ses enfants couchés à ses pieds sur la peau de brebis ; rêveuse en Dieu et attendrie de je ne sais quel pressenliment, regardât la première étoile levée dans le ciel, et laissait pendre à son doigt son fuseau. Elle avait entrevu par l'ceil de la pythonisse intérieure, qui frémit éternellement dans sa nature, Tespérance d'un nouvel évangile de justice.

La nuit descendait ensuite sur le désert ; Tétoîle sortait

une à une de Tombre, et palpitait sur la vague infinie du firmament. Le chien, sentinelle toujours murmurante à la porte de la tente, remplissait seul la vallée de ses aboiements : la tribu dormait, sous le manteau de Dieu, pleine de prophéties.

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