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CHAPITRE VIII

La cité, cette nouvelle figure en relief de Thumanité grandie, traduisait cet accroissement d'existence par sa complexité d'organisation. Elle était bâtie sur un promontoire abrupte au-dessus de la vallée ; fermée d'un fossé et d'une enceinte quadrangulaire de murs cyclopéens, en blocs bruts, sans ciment. La maison, carrée et couverte d'une plateforme, montait en gradins sur les rampes de la colline. La rue étroite et confuse circulait de porte en porte à travers un impénétrable dédale.

Une dernière esplanade couronnait cette pyramide de maisons échelonnées en terrasses les unes derrière les autres, comme autant de forteresses. C'était l'acropole. L'acropole était entourée d*une nouvelle enceinte de créneaux, car elle portait dans ses flancs la vie suprême delà cité. Là, en effet, était la place publique oCi la communauté venait , selon l'heure , délibérer, juger , vendre, acheter, célébrer ses jeux, exercer ses soldats, parquer ses troupeaux. La place publique était la formule nue et vide de l'idée d'association encore à son début, la promiscuité

du sol, destinée à plusieurs usages et entourée d'un banc de pierre, prétoire en plein vent des princes de la cité.

Au milieu de la place, le premier témoin du temps, le gnomon, debout sur un socle de granit, écrivait silencieusement à ses pieds la marche insensible du soleil. Ce cadran, communiste à Timage de la société, donnait une heure collective à la multitude : heure indécise, précaire, marquée d'une ombre sur le sable, effacée par un nuage, évanouie avec la dernière lueur du couchant. La veillée n'avait alors d'autre mesure du temps que l'huile de la lampe, et plusieurs fois le festin, trompé par la durée, vit inc^inément la pâleur de l'aube flotter sur le front des convives.

Dernière le gnomon, à la crête de la colline, le temple bâti en forme de pyramide tronquée reposait lourdement sur son soubassement. Il était carré comme la cité et comme la maison, fortifié et surmonté d'une terrasse. La civilisation urbaine, encore pauvre, n'avait qu'une seule forme, invariablement reproduite sur tous les édifices.

Le temple à la fois sanctuaire, trésor public, magasin public et enseignement public, abritait la loi et la science, l'art et la richesse, et résumait toute la vie morale et intellectuelle, industrielle et guerrière de la cité. La musique, la médecine vivaient à son ombre, pêle-mêle, confondues avec les oracles et les sacrifices. Du haut de ce communisme religieux, le Dieu protecteur, un et multiple à la fois , personnifiait dans l'éclectisme conciliateur de son symbolisme, les fétiches de chaque tribu et planait également sur chaque famille. Enfin, le sol, profondément creusé, renfermait dans les replis de ses labyrinthes de vastes magasins de blé et de ténébreuses piscines pour les jours de guerre ou de disette. Le temple couvrait ainsi de sa pierre sacrée la pro-

vision, l'épargne, cette richesse perpétuée, cette idée de perpétuité transportée à l'économie, pour élever la prévoyance 9 vertu de toutes les vertus, à la hauteur d'une religion.

L'architecture massive, monstrueuse à son origine, entassait bloc sur bloc et prodiguait la matière dans ses constructions^ imitant, par une loi secrète d'analogie, la genèse qui avait d'abord modelé la création animale à gros traits dans le mastodonte et le plésiosaure. Elle affectait la ligne droite, cubique qui enferme l'idée de vie la plus restreinte sous la plus simple formule. Pour plus d'uniformité encore, elle pratiquait la métrique inflexible qu'une autre civilisation avait appliquée à la poésie. Elle avait un chiffre mystérieux et sacramentel : tantôt trois, tantôt sept, tantôt dix, qu'elle multipliait par lui-même, pour mesurer à la fois toutes les parties du monument et toutes les subdivisions de parties.

Ce chiffre type reflua de l'architecture à tous les autres ordres d'idées, régla invariablement le temps et l'espace, distribua les heures dans le jour et les mois dans l'année, limita l'étendue des terres et des héritages, fixa le nombre des quartiers et des tribus, étreignit enfin, comme l'anneau de la chaîne, toujours répété et toujours semblable à l'anneau, toutes les choses et toutes les existences. La métrique correspond exactement dans l'ordre de la matière à la fatalité dans l'ordre de la pensée. Plus la vie est inférieure, plus elle est soumise à l'exigence de la symétrie ; et plus elle est symétrique, plus elle est esclave.

En passant le seuil de la ville pour mettre sa tête à l'abri de la guerre, l'homme n'oublia pas derrière lui le bétail et la charrue. Il les rapprocha, au contraire, de la cité, et réunit ces deux civilisations autour de lui dans la vallée.

Pour relier sa nouvelle demeure à la moisson, il créa la route, cette ceinture ondoyante d'attraction qui enlace la colline à la colline, cette sympathie du sol avec le sol, à travers la distance, qui transforme une contrée en patrie. Il refit la géographie inorganique des premiers temps, et la marqua du sceau de son pas en signe de sa puissance. La terre, battue comme Taire du blé, porta le pied de Thomme avec plus de rapidité, et lui permit de circuler plus librement d'une borbe à l'autre de son territoire. L'homme accomplit encore ici le second acte de sa destinée ; il participa davantage à l'espace.

La route appelait le chariot. Le bouvier mit un essieu sous le traîneau, son premier véhicule, et attacha une roue à chaque extrémité de l'essieu. La récolte, allégée en quelque sorte par la facilité de locomotion , afflua à flots pressés à la porte de la cité. La sagesse, qui veillait pour tous dans le recueillement du sanctuaire , préleva une dtme plus abondante sur cette abondance de provision, et transforma cette oblation en pensée : elle inventa la législation.

L'antiquité disait que la moisson était mère de la loi, et elle célébrait la fête de la loi le même jour que la fête de Cérès. La législation était alors une illumination divine descendue du ciel avec le tonnerre, immuable et fatale comme le destin, rédigée en vers, formulaires immobiles, comptés et pesés syllabe par syllabe ; déposée dans les mémoires des juges comme dans des archives vivantes ; reversée sans changement possible d'une génération à une autre génération ; divisée enfin en articles par le nombre sacré qui avait fixé toutes les divisions de la cité.

Le premier législateur convertit le fait en droit, et promulgua la propriété.

Mais comme l'idée de tien et de mien dormait encore là où le toi et moi existaient à peine entre hommes égaux, condamnés à la même destinée; où la vie était si faible en chacun qu'elle avait besoin d*étre additionnée pour constituer la personnalité; où la multitude seule, enfin, était la personne, le législateur déclara que la terre, défendue à frais communs, était la propriété indivise de la communauté. La communauté personnifiée dans son chef ou dans son conseil, assignait à chacun, sur le fonds collectif, sa part de culture, et chacun ne possédait dans la plaine que le droit d'y tracer son sillon.

L'agriculteur n'avait que la jouissance passagère du sol depuis l'époque de la semence jusqu'à l'époque de la récolte, et la récolte coupée, il ne pouvait pas plus revendiquer le champ où la charrue avait passé, que le navire ne peut revendiquer sur le flot la trace de son sillage. Il ne faisait donc que labourer strictement la terre sans chercher à l'aménager et à l'améliorer; car, ne la possédant pas en pleine propriété, il n'aurait pas possédé par conséquent le travail dépensé à sa surface en amélioration et en aménagement.

Lorsque plus tard l'expérience eut démontré les inconvénients de l'indivision, un second législateur, inspiré aussi et confident de la Divinité, partagea le fonds commun par égales portions entre toutes les famiUes. Il mesura l'étendue des héritages. Il mit encore la division des cultures sous la protection du nombre sacré. U planta la borne à la lisière de chaque domaine, et il sacra la pierre pour la rendre inviolable à toutes les générations.

Après avoir monnayé le sol pour en remettre à chaque citoyen une égale parcelle, la cité cependant n'abdiquait pas sur le fonds son droit primitif de propriété. Elle res-

tait mystiquement, iocommutablemeot propriétaire de la concession ou plutôt de la ferme qu'elle accordait individuellement à chacun ; et dans toutes les révolutions où elle avait à inaugurer Tavénement à la terre d'une nou* velle classe d'hommes, elle donnait solennellement l'investiture du domaine, elle déléguait, mais elle conservait toujours son droit de propriété. Confisquer pour elle, dans cet ordre d'idées, c'était simplement retirer sa délégation. Voilà pourquoi la confiscation a toujours été si largement prodiguée dans les pays où le prince, homme ou sénat, peu importe , est fictivement propriétaire du territoire. Le propriétaire de fait ou plutôt Tusufruitier à perpétuité n'est alors qu'un fonctionnaire révocable, et la confiscation qu'une destitution.

Aussi, en remettant aux pères l'usufruit du sol indéfiniment réversible sur la tête des enfants, la société réserva toujours le droit de police et de révision sur les héritages. La législation primitive prit partout ses précautions pour conserver dans l'égalité des parts la réminiscence de l'ancien communisme. Elle combattit énergiquement, par des mesures préventives, la disproportion des fortunes. Ici elle flétrit la vente du patrimoine, là elle la limita, plus loin elle l'interdit, ailleurs elle décréta la loi agraire iotermitlente du jubilé, qui réintégrait la famille dépossédée sur son patrimoine, et renouvelait périodiquement le premier partage.

L'invincible analogie de la vie avec la civilisation le voulait ainsi. Dans la nature, l'être inférieur qui n'est que la même matière continuée sans diversité, sans hiérarchie d'organes, destituée d'une action personnelle, vit uniquement de la vie extérieure, qui lui prête et lui retire à volonté ses fluides.

Ainsi, dans la civilisation primitire, composée en quelque sorte de monades humaines semblables entre elles, agrégées par la force extérieure, collective de la législation, rhomme, dépossédé de liberté et d'action personnelle sur sa destinée, vit à peu près uniquement de l'existence commune qui rayonne et agit dans sa propre existence. Et comme toute corporation militaire ou religieuse qui n'est que la vie de l'homme réduite, pour être encadrée, par conséquent moins complète que l'homme, tend naturellement à développer l'esprit de corps pour étouffer l'individu, de même la cité antique, plus ou moins communiste aux premiers temps de l'histoire, tendit à développer les institutions de communisme.

Elle frappa tout homme naissant du même signe, tatouage ou circoncision , et le revêtit dès le berceau de l'uniforme de la cité. La loi institua partout des rites communs, des repas communs. Les citoyens de la même patrie ou de la même tribu mangeaient ensemble, pour renouveler tous les jours, la coupe à la main, le pacte d'égalité. Tantôt chaque convive apportait sa ration, tantôt la cité levait la redevance du festin sur tous les héritages.

L'andrie ou la table commune était la préface du droit de cité. Celui-là seul était citoyen qui prenait place au banquet. Cette heure du jour était sacrée. Les Romains l'appelaient convivium ou union de vie, parce qu'en partageant la même nourriture l'homme semblait partager la même existence.

Et lorsque la coupe passée à la ronde ouvrait l'àme à l'àme, un nouvel hôte entrait dans la salle du festin. Il portait sur la tête une couronne de laurier, et sur l'épaule une écaille de tortue. Sa bouche d'or distillait le miel de la parole : son regard fermé au monde vivant contemplait

intérieurement, comme dans un divin sommeil, le songe inépuisable de sa poésie. L'assemblée faisait silence. Le vieillard chantait. Il racontait sur sa lyre, au milieu de la joie et de la fraternité du repas, les origines, les gloires des diverses tribus associées et fondues dans la cité; il disait le nom, le génie de leurs ancêtres, le plus souvent sortis des flancs d*une déesse, et maintenant assis au paisible rayon de leur immortalité, comme pour éveiller et surexciter sans cesse l'orgueil de la nationalité par toutes les traditions héroïques et religieuses du passé.

Il parlait longuement, gravement; auK brusques épisodes et aux rbythmes haletants de l'aède il avait substitué les larges chroniques et les solennelles cadences de Tépopée. il tenait pendant des heures entières la multitude frémissante des convives suspendue à ses récits. Le soleil main*tenant ne lui mesurait plus la parole de ses rayons : à peine la nuit tombée, la lampe flottante à la poutre du plafond répandait dans cette atmosphère vibrante de poésie sa lueur de sérénité.

Mais riliade sans cesse interrompue et reprise de repas en repas, avait beau embrasser, dans l'infatigable déroulement de ses hexamètres, un plus grand nombre d« per* sonnages et de péripéties, elle reflétait cependant forcément la pauvreté, l'uniformité de la civilisation ; elle répétait sans lassitude, à quelques variantes près, les mêmes caractères, les mêmes actions. Il n'y avait d'un héros à l'autre que la nuance de la même âme brutale, plus ou moins mélangée de ruse et d'expérience. Chacun n'avait dans la guerre qu'une seule passion à plusieurs temps : combattre, défier, tuer, piller, partager le butin, emmener la captive, abandonner le cadavre de l'ennemi aux vautours, et dans les entr'actes du combat qu'une occupation : égorger h

troupeau d'dne main royale, équarrîr, dépecer et rôtir la chair du festin, pendant que Tesclave éplorée de la veille lui présente d'une main tremblante l'écume de Thydromel.

La civilisation héroïque demandait surtout à chaque iliade la fantasmagorie du merveilleux, cette ivresse de l'imagination. Sans curiosité, ni sympathie pour des gestes et des acteurs qui ne dépassaient pas les proportions de la nature , elle voulait voir l'Homère nomade qu'elle appelait à ses repas, mêler continuellement l'action surnaturelle et l'action humaine, le possible et l'impossible, pour amener dans ce gigantesque mélodrame joué à deux acteurs. Dieu et l'homme, de perpétuelles merveilles et de perpétuelles surprises. Lorsqu'elle était rassasiée de mystères et do miracles vaguement confondus avec les fumées des viandes et des vins, elle jetait au poëte, pour le récompenser de son génie, la meilleure part du festin.

Par la même raison que la poésie ne pouvait trouver que des inspirations uniformes, monotones, comme les Ames et comme les mœurs de la civilisation, elle ne trouvait aussi pour les traduire dans la langue mesurée et cadencée du vers que des répétitions de formes et d'images. Le trait siffle toujours comme le vent, le guerrier tombe toujours comme l'arbre, la blessure, toujours décrite de la même façon, verse toujours le même flot de sang toujours compté. Le guerrier adresse toujours au guerrier le même défi, qui provoque entre deux coups de lance le même discours retourné, accompagné de la même strophe d'injures. L'esprit, sans cesse frappé des mêmes sons, entend sans cesse passer, repasser les mêmes épithètes, les mêmes paraphrases. Le vers chargé du même mot, et tombant sous le poids de la même mesure, retentit un à un dans l'oreille, avec la même monotonie, la même périodicité

que le flot toujours suivi du flot qui déferle sur le rivage.

Telle a été la civilisation intellectuelle et sociale de la cité sur la colline. Ârrètons-nous un instant à cette suprAme étape du progrès pour jeter un dernier regard en arrière. En montant à la vie politique, l'homme a pris possession de son intelligence. Il est maître du monde par la pensée, el la première pierre sortie des entrailles du sol pour bâtir portait écrite d'avance l'apothéose de l'humanité.

Et cependant, la mythologie ancienne a partout répété que l'homme avait trouvé, à son entrée dans la vie, une nature sympathique et souriante qui le berçait d'une éter- * nelle félicité au milieu des parfums de l'Eden, et l'enveloppait d'une infatigable caresse. Il avait commencé par être parfait, parfaitement heureux, lorsque, par une indiscrétion d'esprit et une convoitise de science, il avait précipité son âme dans la déchéance, et avait entraîné avec lui, au fond de l'abtme, la série infinie des générations.

L'antiquité a cru à ce dogme, et l'a redit aux siècles par tous les échos de la poésie, et, longtemps après, la philosophie, sommée de choisir entre la légende de l'âge d'or ou une conspiration impossible de tous les temps , de tous les peuples, pour affirmer d'un commun accord un mensonge, a reproduit, a confirmé la croyance de l'antiquité. Mais nous qui, par le bénéfice même du temps, pouvons mieux juger toutes les idées, nous disons : Non, l'Eden D'est pas un mensonge. Il a toujours existé an contraire, mais dans l'esprit humain et l'esprit humain seulement. L'homme perfectible porte nécessairement en lui un idéal de perfection. Il vit sur la foi d'un rêve de bonheur. Sans cela, il n'aurait jamais eu la tentation de changer de destinée.

Mais à l'origine des sociétés, il avait peu vécu, peu acquis,

peu trausfonné sa nature, peu constaté sa puissance^ par ses industries» par ses coups d'autorité sur la matière; pour tout dire, enfin, il avait peu d'espérance parce qu'il avait peu de mémoire. Car nous ne pénétrons dans l'avenir qu'en proportion du passé accumulé dans notre histoire. Plus nous avons vécu en arrière, plus nous vivons en avant; notre prévision équivaut toujours à notre expérience.

Seulement, dans cette première civilisation pauvre et lente, où la veille revivait sans cesse reflétée dans le lendemain, et la première génération dans la seconde génération, sans nouvelle découverte, sans modification possible ; où le temps semblait toujours couler le même, roulant la même misère pour les aïeux et pour les enfants ; oui, à cette époque de croissance insensible, où toute sagesse semblait descendre du passé, où tout ce que Thomme savait il le savait par la tradition, de la bouche du vieillard, il dut croire nécessairement que la félicité avait resplendi derrière lui sur la première minute de son existence. Par une involontaire et inévitable interversion d'idées, il plaça au début le suprême progrès que la pensée moderne, mieux renseignée sur la loi du monde, a placé au but de la civilisation. Il posa la statue de l'humanité en sens inverse : il lui tourna la face vers le passé.

L'Inde nous explique merveilleusement ce contresens inévitable des premières religions. Elle avait commencé par proclamer, elle aussi, que l'homme était d'autant plus parfait, qu'il était plus rapproché de sa création. Croyant d'autant mieux saisir la parole de Dieu, qu'elle remontait plus haut dans sa cosmogonie, elle avait fait du principe de l'immutabilité le premier dogme de sa doctrine. Et cependant elle marchait en décrétant l'immobilité. Elle créait inévitablement la science, l'industrie, et ce progrès invo-

lontaire des idées et des mœurs forgait les brahmanes à modifier leurs dogmes dans un sens plus large, plus compatible avec ces nouvelles conquêtes de Tesprit humain.

Alors, elle supposa que Thomme avait dégénéré au point de nécessiter une nouvelle intervention de Dieu, une nouvelle révélation pour ramener les croyances à la pureté qu'elles avaient perdue. Mais lorsque Thistoire étudie la série des incarnations de la Divinité dans le brahmanisme, elle voit que ces incarnations sont toujours plus affables à rhomme et plus morales, de sorte que par une étrange illusion d'optique, llnde montait en croyant descendre. La religion progressait aussi, et prenait sa glorieuse transfiguration pour une preuve d'expiation. Elle travaillait pour Tavenir, avec la défiance invétérée du progrès, et, pour prévenir de nouvelles incarnations, de nouvelles révolutions de la Divinité, elle annonça une dernière incarnation, une nouvelle révolution apocalyptique, qui devait briser l'univers d'un coup de foudre et en semer aux quatre vents la poussière.

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