CHAPITRE XII
La civilisation suivit au sortir de l’Inde la même route que le soleil. Elle marcha parallèlement, sur deux ailes, du levant au couchant. Elle traversa au midi le désert inanimé de l’Arabie, pour gagner l’oasis silencieuse de l’Egypte. Elle descendit au nord le plateau tourmenté de la Perse, pour tremper son pied poudreux au Ilot de la Méditerranée.
L’Inde était et devait être la première patrie d’un peuple naissant encore indigent d’industrie. La terre, toujours chargée de fruits, lui faisait en quelque sorte l’avance gratuite de sa subsistance. L’homme, nourri par elle comme par une hôtesse, avait ainsi une part de temps disponible à retourner sur la pensée.
La civilisation retrouva en Egypte cette première mise de fonds de la nature, destinée à suppléer sur le sol l’absence de travail. L'Egypte semblait en etl'et désignée, par sa mystérieuse originalité, pour réaliser, à un jour donné, une pensée de la Providence. Elle fuyait en étroite vallée, du midi au nord, entre la chaîne arabique, qui la protégeait h droite d'un premier steppe, et la chaîne Libyque, qui la séparait k gauche d’un second dé-
sert. Elle était ainsi une espèce de cloître naturel préparé pour l’étude, fermé de chaque côté par une muraille et enveloppé de silence.
Le Nil coulait solennellement au milieu de cette longue avenue. Fleuve messie, il portait dans son onde une révélation. Il descendait d’un ciel inconnu comme un mystère. Il marchait dans l’espace, escorté d’un perpétuel miracle. A certain jour de l’année, il soulevait son Ilot du fond de son lit, le répandait tout entier sur la vallée, le rappelait ensuite comme l'Océan, j\ l’heure du reflux, pour aller le décharger, par sept bouches à la fois, dans la Méditerranée.
L’habitant de la rive, témoin du prodige, adora le fleuve dès le premier jour, et le nomma Osiris. Osiris était le dieu bon, le dieu vivant, fiancé, de toute éternité, dans le sein même de sa mère, à sa propre sœur Isis, déesse de la terre. Le frère et la sœur fécondaient le monde par leur mystérieuse alliance, l’un en versant le germe créateur, l’autre en couvant la moisson. Ils allaient à travers l’Egypte, convertissant partout sur leur passage la race humaine encore patriarcale h la religion de l’agriculture. Le dieu chantait en marchant l’hymne sacré, tandis que la déesse répandait la gerbe, à pleines mains, sous les pas du civilisateur.
Mais l’homme n’avait pas encore assez vécu, par conséquent assez accumulé de vie dans sa chair, pour croire uniquement au Dieu de vie, ou ce qui est la môme chose, au Dieu de bonté. Il voyait l’être tarir tout à coup sous son pied à la porte même de l’Egvpte. Le désert gisait mélancoliquement à son regard morne et vide comme l’évanouissement de la terre dans l’espace.
Là flottait au loin, sous un ciel ironique, le tentateur au sourire cruel, qui présentait et retirait sans cesse la coupe du mirage à la lèvre du voyageur. Là rôdait, la lance au côté, le Bédouin pillard, altéré de sang, porteur de meurtres, impitoyablement réfractaire à la civilisation. Là errait le tourbillon de sable, démon de l’air emporté sur son aile brûlante dans le gouffre sans fond de l’horizon. Là tombait chaque soir le soleil pour mourir à travers une poussière sanglante comme frappé d’un coup sinistre par un mauvais génie. Là enfin soufflait le vent de feu chargé de poisons, qui semait à l'époque de la canicule, dans la vallée du Nil, la lièvre et la stérilité.
Typhon, dieu du mal, habitait cet enfer à ciel ouvert, dévoré par la flamme d’un invisible incendie. F rère d’Osiris et son rival de divinité, il cherchait continuellement à le tuer. Un jour, il le surprit par trahison au milieu d’un festin, et avec l'assistance de soixante-douze complices, il l’enferma vivant dans un cercueil, le cloua sous une triple lame d’airain , le jeta au fleuve et l’abandonna au courant. Le courant emporta le corps céleste caché au regard, et le revomit au loin vers le nord à une des sept bouches du Nil, sur une grève de la Méditerranée. Les Pans et les Satyres poussèrent en chœur un long gémissement, à la nouvelle de cette disparition, et appelèrent douloureusement à la frontière du désert le dieu évanoui dans un mystère.
Isis, voilée de deuil, descendit la rive du Nil, cherchant de vague en vague le corps de son époux, et après soixante jours de marche, elle aborda la grève où il avait échoué dans son cercueil. Mais une forêt de roseaux avait poussé tout à coup sur le tombeau divin et le recouvrait
d une impénétrable nuit de verdure. La déesse, fatiguée de marcher, s’assit de désespoir et pleura sur elle-même. Mais pendant qu’elle pleurait, une colombe murmura un chant d’amour au milieu du feuillage. Isis comprit cette voix cachée dans l’ombre, qui l’appelait comme la voix même de son époux; elle suivit cet appel de la messagère ailée de l’espérance; elle entra dans la forêt de roseaux; elle retrouva le dieu perdu; elle le réchauffa dans ses bras et le ressuscita sous le nom d’Horus.
llorus, ou plutôt Osiris, né de lui-même, dieu conservateur, reprit, au sortir du cercueil, la plénitude de la divinité. Il attaqua Typhon à son tour pour le punir de sa trahison. Il le terrassa de sa massue, et pendant que le mal vaincu palpitait à terre dans le spasme de l’agonie, Hermès, dieu du génie humain, lui arracha les nerfs encore vibrants, et les étendit sur sa lyre divine pour célébrer impérissablement, dans un immortel cantique, la victoire de la civilisation.
Le mythe parlait ainsi. Mais que disait-il de l’esprit? Il disait que Typhon vainqueur, accompagné de ses soixantedouze complices, était le débordement du Nil suivi de ses soixante-douze jours d’inondation. Il disait encore qu’Osiris, enseveli vivant, puis ressuscité par Isis, était le fleuve lui-même, d’abord caché sous l’eau, ensuite réintégré dans sa rive, et par là même dans sa forme d’existence. Voilà le fait converti en légende, voilà le duel mystérieux du bon et du mauvais génie, le drame sacré dont l’Egypte donnait périodiquement chaque année une nouvelle représentation.
Un bruit sourd retentit longuement à l’horizon comme le roulement lointain du tonnerre ; il descend du nord ;
il arrive; il grandit, il éclate dans l'espace. A son approche, le Nil inquiet frémit, bouillonne, change de couleur, et jette dans la vallée le cri désespéré de la cataracte. Il roule dans son lit le poids d’un second fleuve, il chancelle sous le fardeau, il tourbillonne de vertige, il bat sa rive de droite et de gauche, il l’escalade flot à flot, il la renverse, il l’emporte dans sa course et fuit de toutes parts en tumulte : l’Egypte disparaît sous une immense nappe d’écume. Une ville flotte encore ça et là avec ses jardins étagés en pyramides. On dirait une lie de granit couronnée d’un dôme de palmiers.
Voici l’heure de la vie, voici l’heure du mystère. Isis a reçu sous le vaste pli de son voile la visite de l’époux ; l’Egypte tressaille au contre-coup du mystique baiser. Poussée comme par une secousse électrique, elle déborde à son tour dans l’espace; elle va, elle vient, elle court sur cette mer improvisée, en innombrable flottille. Une longue panégyrie, vêtue d’habits de fête, circule joyeusement, de ville en ville, au murmure cadencé des rames, des lyres, des flûtes et des cymbales. L’hymne monte ; l’encens fume ; le prêtre, debout sur la proue et resplendissant dans sa robe de lin, tient à la main et soulève sur la multitude le Saint des Saints, assis dans la corolle de lotus.
A mesure que la procession flottante défile devant une cité, la voile ouverte à l’esprit vivant et palpitante d’une céleste harmonie, la femme du bord accourt du fond de sa maison, elle répond à l’hymne errant par un cri d’enthousiasme, et, ivre de volupté sacrée, éperdue, les cheveux épars, elle déchire sa robe pour montrer son sein fécond au dieu de fécondité.
Le soixante-douzième jour est venu, l’œuvre de bénédiction est accomplie : le Nil abandonne la couche nuptiale fécondée de son flot divin. Isis, réveillée de sa langueur, sèche au soleil ses larmes d’amour. Le peuple égyptien reprend possession de la vallée. 11 répand le blé sur le sol encore humide de l’eau du déluge, et pour l’enfoncer en terre, il lâche le troupeau à travers le champ fraîchement semé. Ici nul besoin de défrichement, d’aménagement, d’engrais ou de sillon. Le Nil, laboureur ofiicieux, prépare la glèbe, la brise, la retourne et l’engraisse de son limon. La terre, toujours régénérée après la récolte, toujours vierge, reproduit inépuisablement, avec la même spontanéité, la même abondance d’épis. L’Egypte, ainsi remplacée au travail de la charrue par un infatigable collaborateur, consacra lo temps qu’elle économisait chaque année sur la culture de la terre à cultiver son intelligence. Elle pensa, et pour penser plus commodément , elle adopta la symétrie sociale de la caste ou de la fonction indéfiniment transmise du père à l’enfant.
Le clergé occupa, comme dans l’Inde, le sommet de la pyramide, le guerrier le second degré, l’artisan le troisième, le manœuvre enfin le dernier. L’agriculteur manquait à cette classification. L’agriculture, réduite à une journée de besogne pour la semaille et à une autre journée pour la récolte, cessait d’être une fonction distincte et permanente de la société. Tout homme, sans doute, d’une caste inférieure, devait ensemencer par ordre la portion de terrain que la législation lui attribuait sur le fonds commun. Mais c’était là un travail purement transitoire, un hors-d’œuvre, un passe-temps.
un coup de main tout au plus sur la campagne. Après avoir rempli son service le lendemain de l'inondation, il secouait la boue de ses pieds, prenait congé de la terre et retournait à son métier.
Mais le fleuve épanchait à chaque débordement une couche de limon sur l'Egypte. Il surperposait une vallée nouvelle à l’ancienne vallée, il balayait la limite, il effaçait l’effigie de la propriété. Pour corriger celte continuelle perturbation, cette continuelle variante du sol, ainsi refondu, démonétisé, vague et mobile comme le flux et le reflux du Nil, le prêtre médita et tira lentement de sa méditation, théorème par théorème, la science de la géométrie.
Il ressuscita par le calcul le champ primitif enseveli sous le champ d’alluvion, et penché sur le terre dans une solennelle rêverie, évocateur suprême du spectre évanoui de la propriété, il retraçait sans cesse du doigt, sur la poussière, la carte sans cesse effacée de l’Egypte.
La géométrie est la route de l’intini. Lne fois armé du compas intellectuel de l’espace, le géomètre sacré entreprit le cadastre du firmament. Il calcula la révolution annuelle de la terre autour du soleil. Il prit la balance d’or de l’astre pour mesurer la durée. Le temps était auparavant un cadran vide où l’aiguille, errante au hasard, cherchait en vain une heure tracée. Le jour venait et passait, et jetait alternativement pour unique date une ombre ou une lumière. L’homme marchait dans la vie à tâtons, sans trouver sur son chemin, de chronologie graduée pour le guider. Mais ce jour-là il débrouilla ce chaos, il l’organisa, il l’ordonna, et le divisa par série et par césure. Il put ainsi échelonner, harmoniser sa vie.
jusque-là éparse et confuse à chacune de ces divisions, à chacune de ces haltes de la durée. Son être tout entier était désormais un hymne réglé, équilibré, qui avait son nombre, son rhythme, son moment fixé d’avance et périodique pour le repas, le travail, la prière, le sommeil.
Le prêtre égyptien inventa le calendrier, et le calendrier, à la main, il marqua chaque événement, chaque pas de la civilisation, d’un signe, d’un chiffre certain, pour qu’en se retournant vers le passé, l’homme pût toujours retrouver, reconnaître à sa place et à sa date tout ce qu’il avait fait ou laissé en chemin. Il mit le temps en ordre derrière lui, ou plutôt il le reprit avec lui, le déploya autour de son corps, l’emporta dans sa marche, et le traîna sur ses pas comme un magnifique manteau royal . Vivant dans le présent, il revécut par la chronique dans le passé. Il tira sur sa tète une plus large part d’éternité, il rendit un nouveau témoignage de la loi du progrès.
La science du passé lui donna la prescience du future Il prophétisa, il annonça d’avance la crue du Nil, l'apparition de la comète. Il fut, à dater de ce moment, le secrétaire de Dieu, qui écrivait sous sa dictée. L’oracle succéda au destin. Le destin, dans la croyance indoue, était l’avenir impénétrable, inexorable, écrit de la main de Brahma sur le front de tout homme naissant. L’oracle, au contraire, était l’avenir prévu, retiré de la profondeur immuable et ténébreuse où il dormait enseveli, et descendu à la portée de l’humanité. Il était encore un pas de plus dans l’éternité, un symptôme de plus du progrès, pas chancelant, sans doute, symptôme douteux; mais
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un jour viendra où l’oracle changera de forme et prendra le nom de génie.
Après avoir trouvé la géométrie en quelque sorte à son pied comme une inspiration du sol, et l’avoir successivement appliquée à la mesure du champ, à la mesure du temps, l’Egypte l’appliqua enfin à la mesure de la pierre, à l’architecture, base de tous les autres arts, éclose la première entre tous, pour tous les porter, tous les recueillir dans sa somptueuse hospitalité.
L’architecture est née et pouvait naître seulement, en Egypte, de la religion. Car pour la créer, il fallait d’abord une nation régulièrement submergée, qui devait faire de la pierre étagée sur la pierre une cuirasse à son corps contre l’inondation ; ensuite une étroite vallée bordée de chaque côté d’une chaîne de montagnes qui offrait partout à fleur de terre le calcaire et le granit, puis un fleuve complaisant, roulier naturel qui portait au sortir de la carrière le bloc au chantier ; de plus, une idée collective, comme celle de religion, qui appelait la cité tout entière à l’adoration du Dieu vivant, et enfin une caste surhumaine, comme la caste sacerdotale, qui disposait entièrement à son gré du reste de la nation. A cette condition multiple, et avec cette diverse assistance, l’Egypte a pu, sans fléchir sous le poids du travail, déraciner la montagne, la transporter, la détailler et l’étendre sur la vallée en immense colonade.
L’Inde n’avait pas produit son architecture à proprement parler. Elle l’avait reçue en quelque sorte toute faite de la main de la nature. Elle avait simplement transformé à coups de ciseau la montagne en pagode. L’Egypte eut plus de confiance dans son génie. Elle re-
poussa la collaboration de la nature. Elle enfanta le temple d’une idée. Elle subit cependant l’influence du beu sur l’esprit. Elle réfléchit par la pierre la physionomie de la vallée. Elle répéta la leçon habituelle de son regard. Elle passa partout sur son œuvre la ligne horizontale de son paysage. Elle jeta en avant du temple une longue allée de pylônes. Elle imita sa patrie rasserrée entre deux chaînes de montagnes.
L’architecture égyptienne néanmoins était la sublime explosion d’un sol travaillé d’une puissante idée, qui parlait formidablement par grande masse a l’imagination. L’homme marchait pour aller à la prière, devant une rangée do sphinx, colosses pleins d’énigmes, qui le regardaient passer du haut de leur calme grandiose. Il entrait sous un portique géant, pesamment assis sur d’immenses piliers, comme chargé du poids accumulé de la Divinité. Il foulait du pied un second temple souterrain, ou plutôt un abîme qui dormait sur un lit de ténèbres à des profondeurs inconnues. Il abordait en tremblant un dieu silencieux, haut de cent coudées, enfermé en lui-même dans une magnifique immobilité, face à face avec son ombre étendue sur le parvis. Il voyait partout, à chaque pierre du mur, une parole cabalistique interdite au vulgaire dont il déchiffrait à peine çà et là quelque rare lambeau. Car le temple était un livre ouvert où chaque figure était une idée, chaque sculpture une phrase, écriture hiéroglyphique, langue sacerdotale, mystique, métaphorique, immuable comme le granit où elle était gravée, qui notait chaque mot d’un signe particulier, en attendant que le génie humain apprît à noter plus tard, en
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Egypte même, avec quelques signes seulement, le dictionnaire tout entier de la parole.
L’architecture est donc véritablement une émanation directe de l’Egypte, la pensée formulée de sa géographie. Elle est en effet une forme d’art symétrique et immuable par essence. Or, partout sur le bord du Nil la nature respirait la régularité et l’immobilité. Le Nil sortait de son lit à une heure fixée et y rentrait à une autre heure précise. Le ciel déployait chaque jour son manteau bleu, sans jamais laisser flotter sur la courbe de sa voûte l’ombre d’un nuage. La saison succédait à la saison, et d’un passage à l’autre variait à peine de durée. Le soleil se levait à droite du désert pour se coucher à gauche dans le désert.
L’Egypte appliqua cette symétrie et cette uniformité à chaque œuvre, à chaque chose de la civilisation. Elle régla, elle fixa, comme la pierre de l’architecture, ce qui échappe le plus à toute réglementation et à toute fixité : la vie, le repos, la nourriture, l’hygiène, le vêtement. Elle fit de la science une espèce de liturgie définitive, pétrifiée, que chaque génération léguait à la génération suivante, et que la génération suivante reprenait des mains de sa généalogie sans pouvoir jamais en retrancher ou en modifier une formule. Elle soumit l’inspiration elle-même à cette discipline inflexible du poids et de la mesure. Elle décréta comme un dogme le nombre des couleurs et le type des statues. Elle frappa d’immuabilité jusqu’à la note de musique, évaporée devant l’autel, de la corde de la lyre, avec la fumée de l’encens.
Et le prêtre, homme transfiguré, plus moral parce qu’il était plus intelligent, premier monogame de l’his- H
toire, planait dans sa robe blanche comme dans une auréole de lumière, sur ce monde qu’il avait longuement, laborieusement créé de son génie, et qu’il tenait désormais scellé comme un baume précieux dans un vase de cristal. Attendez, le choc de la conquête brisera le vase plus tard pour en répandre le parfum. Et un jour Pythagore, un autre jour Platon viendra le respirer en passant.
Déjà un pâtre obscur, abandonné comme Osiris au courant du Nil et comme lui racheté de la mort par une femme de la royauté, a rassemblé ses frères de la tribu pastorale réléguée au dernier rang des castes sur les contins du désert. Il les a ralliés autour de sa parole. Il leur a montré du doigt la terre de la liberté. Il les emmène à la recherche d’un autre soleil. Il emporte avec lui une partie du secret de l’Egypte. Il va fonder un autre monde, égyptien de reflet, sur la montagne de Sion.