‹ Profession de foi du dixneuvième siècleChapitre 2 sur 35 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

— Je crois entrevoir, lui répondis-je, la solution que vous avez rapportée de ce long voyage à travers les âmes , sur la destinée de l’humanité , et cependant je voudrais la connaître plus complètement encore ; car j’ai eu moi aussi, à certains moments, l’inquiétude de cette énigme; mais toujours , à la réflexion , j’ai senti mon esprit fléchir sous le poids du problème.

— Volontiers, répondit-il, avec la tranquille assurance de la conviction. Le silence descend du ciel sur la vallée. Cette ville de Paris, sibylle frémissante des peuples, va bientôt dormir. Mettons à profit cette heure de paix sur la nature , pour rompre ensemble le pain de l’âme et fraterniser dans la vérité.

Mais la vérité ici-bas n’est que la visite de Dieu à notre intelligence; ouvrons-lui au fond de notre cœur une respectueuse hospitalité. Brûlons devant elle le parfum le plus religieux de la pensée. Balayons du seuil de notre âme toute poussière, toute velléité de contention ou de raillerie. Uecueillons-nous et préparons-nous à la céleste entrevue dans la simplicité et dans l’austérité.

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