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CHAPITRE XXV

Un jour peut-être, jeune homme, vous irez à Rome ; or voici ce que vous verrez :

Vous traverserez d’abord les riches vallées de la Toscane, si peuplées de villages que le son de la cloche n’a pas le temps de mourir entre deux campaniles. Vous verrez partout, sur votre passage , une nature affable sourire à l’homme , son compagnon de travail. Vous marcherez de culture en culture, sous des arches triomphales de vignes, comme à travers une perpétuelle ovation de la campagne , et à chaque pierre du chemin vous bénirez cette politique des gouvernements philosophes qui éclate en moissons.

Mais, après deux journées de marche, la longue guirlande de pampres .qui vous accompagnait d’érable en érable, s’arrête. La culture disparaît, le désert commence : vous avez touché la frontière des Etats-Romains.

Lorsque vous aurez franchi les hauteurs du lac Vico, vous aurez à vos pieds une vallée entourée de montagnes. Cette vallée est YAgro romano. Aussi loin que le

regard pénètre dans l’espace, il n’y découvre qu’une immense stérilité. Seulement, derrière les ondulations de terrain, vagues immobiles des derniers cataclysmes, vous verrez comme une ligne de brisants blanchir au soleil. Cette ligne est Rome.

La science raconte qu’à l’origine des temps un lac remplissait entièrement le bassin de YAgro rotnano. Onze volcans secouaient leur jet de flammes sur cette terre en travail qui préparait la place de^deux civilisations. Les volcans se sont éteints, les eaux se sont retirées. Des races d'élite sont venues s’asseoir sur ce sol religieux que Dieu avait marqué de ses leux, comme des signes de l’autel, et cette terre a été la scène prédestinée où la Providence a joué, |>endant des siècles, le drame de l’histoire.

Et maintenant, à mesure que le voyageur descend dans ce vaste Erèbe, où flottent les grandes ombres des nations évanouies, il sent un souffle de mort le frapper au visage , il foule une contrée morbide qui achève de mourir à la nature, dans une atmosphère de malédiction. Il cherche en vain du regard une habitation, une oasis qui dise que quelqu’un est encore là vivant , quelque chose encore présent. Il peut étendre le bras, et du geste faire le tour de l’horizon : il n’enferme dans son geste que le désert .

L’incendie mal éteint des premiers âges du monde couve encore sous cette vallée. A chaque instant le sol exhale un nuage de fumée par un invisible soupirail ; il étale, à travers les buissons d’épines, la plaie béante des solfatares. La sueur de soufre, lentement amassée, roule à petit bruit son écume au fond des ravins. De

temps à autre une flamme se dégage de cette écume, et se dissipe aussitôt, bouffée mourante du volcan. L’été volatilise tous les miasmes au soleil, et, à l’époque de Ja canicule, l’air est gorgé de poisons.

La malaria veille comme l’ange de la mort à la porte de ï Agro romano. Il y a , dans cet anathème mytérieux jeté sur une contrée, une invincible impression de tristesse O11 voudrait échapper à cette impression et hâter le pas de l'heure ; mais l’heure elle-même semble marcher plus lentement dans cette solitude, tant la monotonie prolonge la durée. On n’y compte les distances que par de longs poteaux noirs qui s’élèvent çà et là et le long du chemin. Ces poteaux sont les derniers arbres oubliés dans cette campagne. Le pâtre y met le feu pour écarter le mauvais air de son sommeil, et le lendemain il pousse devant lui son troupeau, laissant sur ses pas les tisons encore fumants, debout sur la colline.

Le voyageur marche ainsi indéfiniment de désolation en désolation jusqu’à ce qu’il arrive à un tombeau antique dressé sur le bord du chemin : c’est le tombeau de Néron. C’est le premier monument qui annonce le voisinage de la capitale du catholicisme. Car Rome , cette nécropole d’une idée, a des tombeaux pour sentinelles avancées sur tous les chemins. On franchit un dernier repli, et au tournant on voit tout à coup sortir du désert la ligure grandiose de la ville couronnée de ses coupoles.

Lorsque j’y fis , pour la première fois , mon entrée , c’était le soir; le soleil allait se coucher. L’air jusqu’alors stagnant se mit à frémir ; une voix sortit de cette seconde Jérusalem , une immense vibration éclatait en serpen-

tant de campanile en campanile. Un concert de cloches exhalé de trois cents églises à la lois chantait le dernier adieu du chrétien au jour mourant.

Le silence qui m’avait accompagné jusqu’aux murs de Rome était enlin rompu ; le charme funèbre avait cessé. La nature était exorcisée. J’entendais un bruit de vie, j’allais voir des hommes vivants.

Mais partout la plaine morte, qui est la cour d’entrée du catholicisme, continuait autour de Rome, au-delà de Rome , et j’apercevais la même nudité , la même stérilité. De longues liles rompues d’aqueducs remontaient en déroute vers la Sabine, follement couronnés de bouquets d'herbes qui avaient séché sur leurs corniches. Les. rivières suspendues qu’elles roulaient slaus le ciel sur leurs sveltes colonnades avaient rétrogradé vers leurs sources , arcade par arcade , pour reprendre le sommeil des siècles dans leurs premiers bassins. L’aqueduc mutilé restait encore debout, piédestal oublié de la Naïade.

Le Tibre , ce fleuve funéraire teint des reflets de mort de YAgro romano, coulait à mes pieds, sans murmure, profondément caché dans son lit de pouzzolane. Il lavait un instant le chàleau Saint-Ange de son eau lustrale, et s’éloignait ensuite , morne et silencieux , comme s’il roulait un mystère. Et, après avoir traversé la métropole des dogmes anciens, il semblait se ralentir et s’arrêter, fatigué en quelque sorte de couler, refluait sur lui-même, et mourait en lagunes, ruine de fleuve au milieu des ruines d’Ostie.

A l’heure même où le soleil couchant jetait à mes pieds l’ombre de Rome, je ne voyais encore ni l’agitation

morts restés sur le champ de bataille de la moisson.

Ainsi, que vous arriviez à la ville de la papauté par le nord ou par le midi, vous n’v arrivez que par une plaine brûlée jusqu’à la racine de l’herbe, où l'homme ne peut désormais poser le pied sans le voir sécher aussitôt.

Plus de villages, plus de champs, plus d’arbres, plus de cultures. Un peu de fumée ici, un peu de cendre ailleurs, une tour démantelée, un aqueduc rompu, ruines lentes de ces champs calmes, écroulements inachevés qui descendent éternellement dans la vallée : voilà tout ce qui reste de cette terre de Saturne, de cette aïeule des moissons, qui a porté dans ses flancs l’humanité.

Elle meurt à son tour, comme ses peuples sont morts, comme ses villes sont mortes, sans qu’elle puisse dire de quelle maladie elle se sent mourir.

Une politique funeste a propagé la stérilité, et la stérilité a vomi la mort dans l’atmosphère. Un vent a soufflé, et un tourbillon de feu s’est levé et s’est déployé sur toute la circonférence de la campagne. II a marché sur Rome avec l’inflexible régularité d’une armée. Il a englouti les villes sur son passage et chassé devant lui des populations comme des troupeaux. Et il marche toujours. On pourrait marquer d’une croix noire toutes les stations de son chemin. Hier il était là, aujourd’hui il est ici. Il décrit autour de Rome une ligne de circonvallation qui va sans cesse se rapprochant et se resserrant autour des murailles.

Au quinzième siècle, Ostie était une ville peuplée; aujourd’hui Ostie n’est plus qu’une infirmerie dans une masure.

Au siècle suivant, la villa Magliana, à moitié route de Rome et d’Ostie, entendait les longues causeries platoniciennes de Léon X, entrecoupées de sérénades; aujourd’hui, la villa Magliana n’entend plus que le cri des cigales.

Au siècle suivant, la villa Pamphili, aux portes mêmes de Rome, endormait aux doux éventail de ses pins le sommeil de la voluptueuse Olympia; aujourd'hui, la villa Pamphili n’endort plus que pour le cercueil.

La malaria a successivement submergé les villas, envahi les faubourgs, escaladé la vieille muraille de Bélisaire, ceinture flottante qui ne pressera bientôt plus que le vide dans ses contours ; et, nivelant sans cesse les pierres des maisons au niveau do la campagne, et poussant devant elle de ruo en rue le désert, elle entre au Vatican, elle se glisse dans le lit de la papauté, elle rejette, elle accumule sur un espace sans cesse réduit, une population eflarée qui sent chaque jour sous ses pieds le sol lui manquer. La vie se retire des extrémités au centre, dans une lente agonie. Et Rome, les pieds déjà glacés, la tète à moitié hors du linceul, attend.

Il m’arrivait souvent , la nuit , lorsque ce peu de bruit qui est encore l’homme était complètement éteint, d’aller m’accouder à la balustrade de ma terrasse. Je choisissais toujours l’heure de sérénité oii la lune brillait sur le dôme de Saint-Pierre, comme une lampe sur un tombeau. Le calme était si profond, que l’oreille pouvait saisir la moindre respiration, la moindre vibration de la cité. Et cependant rien ne respirait, rien ne vibrait, Rome ne paraissait pas s’être endormie, mais s’être évanouie dans l’ombre. Seulement, au milieu

de cet immense silence, une voix confuse parlait dans le vent à mots brisés. C’était la voix des fontaines, clepsydres gémissantes qui marquaient d’un Ilot entrecoupé comme un sanglot la chute irrégulière des minutes. A ce moment-là parfois un éclair subit venait à monter du fond de la me sur les murs des maisons. Une procession de moines promenait silencieusement, à la lueur des torches, un cadavre sur un cercueil. Je croyais voir une légion de spectres emporter à pas muets l’àine de Rome dans les ténèbres.

Il y a, à l’extrémité septentrionale de la ville, un palais qui couvre de ses constructions, juxtaposées comme les traditions successives de l'Eglise, l’ancienne colline du Vatican. Il occupe un côte de la place de Saint-Pierre, taudis que, par une mystérieuse ordonnance d’idées, le Saint-Ofïice occupe l’autre côté. Toute l’histoire de Rome moderne est résumée dans ce palais.

Vous pouvez parcourir ce désert de briques, bâti sur la frontière d’un autre désert, circuler de galerie en galerie, par des marches insensibles inclinées en pente douce, pour être seulement eflleurees par le pied des vieillards. Vous ne verrez partout que des portes fermées et des escaliers vides, qui montent par des spirales infinies à de silencieux corridors.

Vous croirez au premier abord que le Vatican n’est peuplé que de statues et de peintures; car les salles ouvertes aux passants ne renferment que de longues rangées de marbres, ou les grandes chroniques sacenlotules de l’Eglise écrites de la main de Raphaël. La papauté a voulu laisser là sou ombre en passant.

Quand vous aurez traversé cet immense vestiaire

d’urnes vidées, de statues brisées, d’inscriptions de toutes les langues, de poussières de toutes les dates, de dépouilles de tous les néants, vous trouverez, au bout de ces secondes catacombes à ciel ouvert, toutes remplies de débris, une allée de cyprès qui conduit, par de faibles murmures, au vaste cimetière de la campagne.

Ce palais clandestin se réveille cependant par intervalle de son sommeil. Les portes roulent sur leurs gonds, poussées par des mains cachées. Un bruit étouffé de pas retentit sourdement sur les dalles de faïence. Un groupe confus de figures sort du fond des corridors. On dirait une fresque détachée de la muraille qui s’est mise à marcher. Cette escorte d’ombres descend rapidement les longues spirales des rampes dans un bruit de robes froissées. Elle s’enfonce ensuite par des allées dérobées dans la nef de Saint-Pierre.

L’église célèbre une de ces fêtes qui appellent à Rome les fidèles de toutes les contrées. Elle couvre d’un feston flamboyant de lampes le tombeau de son premier apôtre. Elle dit ce jour-là une messe pour l’univers. Lorsque la messe est finie, une fanfare éclate dans les tribunes. Au bruit des trompettes, un fantôme blanc se dresse entre les cierges de l’autel. Il plane à liauteur d’homme sur l’épaule des diacres. Il s’avance dans la nef, ballotté par le roulis d’une litière. Il glisse lentement les yeux demi fermés sur la multitude à genoux. Il trace, en passant, de la main droite, un signe dans le vide, et murmure intérieurement une mystérieuse prière.

Il traverse ainsi la brume épaisse des encensoirs, au milieu d’une pompe orientale, la figure pétrifiée sous la tiare, bercé dans son apothéose, assoupi avec des

éventails de plumes de paon, et traînant derrière lui la silencieuse cohorte de toutes les dignités de l'Eglise, des patriarches, des cardinaux, des archevêques, des évêques, des ordres, des abbés, des coufréries ; et quand toute cette procession de choses divines, de croix, de mitres, de capuchons de toutes couleurs et de chapeaux triomphalement portés au bout de hâtons dorés, a majestueusement détilé, sur deux rangs, le long des piliers, dans un profond recueillement, interrompu seulement par le grincement des grains de chapelet et le clapotis alternatif des sandales sur les dalles, la litière s'arrête, la tiare, tout à l’heure flottante au-dessus d’une houle de tètes, s'enfonce sous la vague et disparaît au regard.

La majestueuse apparition rentre dans les impénétrables solitudes du Vatican. La foule s’écoule de l’église. I^a place de Saint-Pierre reprend son silence. Et l’obélisque de granit, contemporain des premières théocraties, verse des siècles dans une ombre sur le pavé.

Cette apparition, emportée dans un nuage d'encens , est la statue vivante de la papauté. A certain jour donné, la population accourue sur la place du Quirinal regarde un palais aveugle surmonté d’un cadran qui marque une autre heure que l’heure de chaque nation. Là des ouvriers dans l’ombre, fermés derrière un triple verrou , accomplissent un mystère. Ils font descendre Dieu à petit bruit du haut de l’infini dans un scrutin. Aucun signe, aucun murmure ne trahit au dehors l’œuvre secrète de leur esprit. Seulement une cheminée laisse échapper de temps à autre une légère colonne de fumée. Cette fumée est l’ombre du scrutin brûlé qui disparait dans l’espace. Mais il arrive une heure où l’invisible

chimie du conclave cesse de fumer. Un coup de pioche retentit dans la fenêtre murée d’un balcon, et la foule voit sortir par la brèche un homme vêtu d’une écharpe blanche qui vient lui-même annoncer à la ville son élection.

Le lendemain il entre au Vatican, où un prudent génie de la tradition lui a partout ménagé le tête-à-tête incessant de l’antiquité. Il entre là comme dans la cellule agrandie d’un cloître magnifique, irrévocablement fermé par une barrière d’airain sur ses pensées.

Il prend la place marquée d’avance pour lui dans ce musée des tombeaux. Il s’assied comme un hôte de plus au milieu des spectres du passé. Il respire sans casse la poussière du passé, marche sans cesse sous le regard du passé, entend sans cesse la voix du passé, le passé enfin lui revient des échos de toutas les pierres das murailles. L’immuable est répandu comme un opium sur ses organes pour endormir en lui toute tentation d’activité.

Prisonnier d’une étiquette traditionnelle , il vivra désormais gardé à vue par une sentinelle qui monte une garde de trois siècles la main sur une hallebarde. A partir de ce moment, sa personne sera une liturgie sacrée, réglée minute par minute, du réveil au sommeil, semblable à cette infatigable psalmodie éternellement chuchotée nuit et jour, sur la lèvre des chanoines, dans le chœur de Saint-Jean-de-Latran.

C’est que le pape n’est plus un homme le lendemain de l’élection ; l’homme en lui est instantanément foudroyé. Il est le dogme vivant, le saint Pierre éternel qui meurt indéfiniment pour ressusciter indéfiniment au

conclave. Il a cessé d’être une personne , il est une dynastie. Il n’est pas, il continue d’être, emporté hors de lui-même, dans je ne sais quel monde en arriére. Il vit au passé, ou plutôt sa généalogie de papes, suspendue A l’infini, jusque dans le paradis, au-dessus de sa tête, vit pour lui sous sa tiare, j’allais dire sous son nom , s’il n’avait pas déjà quitté son nom d’homme, pour prendre un nom d’élu

Au-dessous de la Divinité, mais au-dessus de l'humanité, minor Deo, major homine, il porte ici-bas la parole de Dieu, il est Dieu par délégation. Il a droit de vérité sur toute doctrine, comme vous l’avez vu, de salut sur toute existence. Il tient du Christ l'héritage des clefs, et il ouvre à son gré les portes de résurrection. D’une courbe à l’autre de la terre, il pèse dans ses mains toutes les âmes, et lorsqu’il lève le bout du doigt pour bénir, même un enfant, il lève le ciel sur sa pautomime. Il est en un mot la plus grande autorité que vingt âges de l’histoire aient jamais pu réaliser, en entassant toute l’intelligence divine sur un roseau humain.

Mais pour remplir ce rôle terrible de contre-maître de la Providence, il devra soigneusement arracher de sa chair jusqu’à la dernière racine de l’humanité; il devra effacer chaque jour, par de savantes diversions, la protestation de la nature; il devra toujours montrer aux veux, dans la blancheur de sa robe, la lumineuse limpidité de sa transfiguration ; il devra toujours manger à l’écart, pour cacher en lui la première condition de l’existence; il devra toujours mesurer chacune de ses pensées sur l’immobilité de la tradition; il devra transporter en quelque sorte l’éternité, à force de lenteur

dans chacun de ses mouvements; il devra arrêter en toute chose l’aiguille de l’horloge, pour écarter l’ombre mobile du temps de son regard, répudier toute tentative de nouveauté, passer dans la vie à une certaine hauteur, en palanquin ou en carrosse, et toujours porté ou traîné, partout accablé de formules, couvert de pierreries, entouré de génuflexions, trôner entre l’homme et Dieu sur un vide plein de vertige, sans pouvoir jamais poser à terre sa mule de satin couverte des baisers de la chrétienté.

Ah ! quand je retourne parfois dans ma tète ce mystère, je me sens pris d’une ineffable terreur pour toute vie condamnée à porter ici-bas, sans se briser, une pareille grandeur, et je bénis la modestie de notre destinée qui nous permet d’aller serrer une main partout oh il y a pour nous une sympathie, et d’aspirer librement la sensation infinie que Dieu verse à plein soleil dans la nature.

Je puis me tromper, mais à certains moments je croirais volontiers que, par cette secrète contagion des lieux sur les hommes, la majestueuse mélancolie du désert romain a reflué sur la figure de la papauté. Si jamais un jour cette terre traditionnelle, pétrie de je ne sais combien de peuples , si cette poussière répandue de je ne sais combien de tombeaux, avait jamais pu prendre une vie, une forme, elle aurait pris la vie et la forme de ce vieillard immobile au sommet d’une idée, qui regarde maintenant d’un œil éteint les peuples marcher.

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