CHAPITRE IV
La nuit était tombée, le ciel rayonnait sur notre tête dans sa majestueuse sérénité. Un dernier nuage Ilot lait encore au couchant, comme un manteau à moitié roulé. L’atmosphère chargée d’électricité, respirait la langueur. De temps à autre, un éclair muet palpitait à travers la cime des arbres comme un frisson de volupté sur la nature.
Le prophète inconnu du dix-neuvième siècle gardait le silence depuis un instant, la tète inclinée à la fenêtre et le regard perdu dans l’infini. Il avait parlé rapidement comme emporté par le torrent de sa pensée.
— Vous êtes fatigué, lui dis-je, fermez le livre de la vie h cette première page , nous reprendrons les autres pages demain.
— Demain, dit-il en secouant la tète, qui répond que je retrouverai demain l’inspiration? Je vous le dis en toute humilité, quelque chose à cette heure-ci parle en moi que je n’ai jamais connu. Le Ilot longtemps accumulé a débordé en enthousiasme. Pardonnez-moi cette heure de lyrisme dans l’aridité d’une vie d’étude. Je sens
au fond de mon cœur comme un cantique de délivrauce.
Vous m’avez déchargé du secret de ma pensée. Ce secret pesait sur ma conscience comme un remords. Je puis mourir maintenant, je n’aurai pas passé en vain sur la terre, j’aurai confessé une fois la vérité. Laissez-moi donc continuer ma confession, à moins que vous ne soyez vous-même fatigué.
— Continuez , répondis-je ; j’écoute avec une religieuse attention chacune de vos paroles. A certain jour du solstice d’été , j’ai lu cela quelque part , le jeune Athénien allait suspendre deux lyres en face l’une de l’autre à la porte de sa fiancée. Lorsqu’une main venait à effleurer en passant la corde d’une lyre et à lui arracher un accord, l’autre lyre vibrait aussitôt d’eile-inème et répétait la note à l’unisson.
— Alors je tourne la page du livre de la vie comme vous le dites, par amitié, mais commençons par chasser la nuit de cette cellule.
Il alluma sa lampe, et revenant à la fenêtre, il me montra du doigt l'innombrable clarté semée dans l’éther comme la rosée.
— Vous voyez les étoiles. Ici, par exemple, du côté du pôle austral, elles brillent tristement eà et là d’un éclat funéraire comme les dernières lueurs d’un ciel qui va mourir. Là, au contraire, dans la voie lactée, elles jaillissent par myriades plus nombreuses que les étincelles du phosphore dans l’écume des brisants.
Et après avoir pris feu dans l’espace, elles tournent, elles flottent, elles fuient, elles reviennent, décrivant sans cesse de nouvelles courbes sur les courbes sans cesse effacées de leurs orbites. Elles croisent, elles en-
trecroisent louis sillages do lumière comme d’inextricables écheveaux continuellement roulés et dévidés à travers l’immensité.)
Et après une série d’évolutions et de circonvolutions qu’aucune horloge du temps ne saurait compter, elles tombent de vieillesse. Et d’autres étoiles plus jeunes reprennent à leur place cette course haletante à travers l’incommensurable vallée, comme si Dieu avait partout distribué sur l’hippodrome flamboyant de l’éther, et partout ménagé, de millions en millions de siècles, de nouveaux relais à ses tourbillons de soleils.
A cette heure même de la nuit où nous parlons ici, le front baigné dans cette pluie de rayons qui ruisselle sur nous intarissablement de tous les points de l'immensité, il y a au-dessus, au-dessous, autour de nous, dans la profonde enveloppe de l’atmosphère, des agonies et des palingénésies des mondes, des mondes morts, et des mondes naissants.
Et maintenant, mon ami, mon jeune ami d’hier, que j’ai conquis à mon âme, je l’espère du moins, pour toujours, dites-moi si jamais dans votre vallée, si aujourd’hui même, en voyant les douces Hespérides aux fruits dorés, qui flottent là-haut dans une mer d’harmonie, vous n'avez pas senti tressaillir sourdement en vous un nouvel ordre d’idées, ou, pour mieux parler, de désirs?
Le jour est fait pour l’action, la nuit est faite pour la pensée. L’àme, dégagée de l’obsession des corps, j’allais dire des spectres vivants qui l’oppressent de toutes parts sur la terre, retrouve dans cette paix de la nuit toute l’originalité, toute la candeur de son essence.
Elle ressaisit son sublime instinct d’être partout où
— (il
ilotle le regard et d’ètre toujours au-delà. Elle entre involontairement en communication avec cette autre âme universelle répandue dans l’espace et revêtue d’éblouissements. Elle reprend, dans cette muette entrevue, une nouvelle grandeur, une nouvelle puissance. Elle reçoit, dans chaque effluve de lumière, une effusion de la Divinité. Dieu lui a parlé. Elle a frémi. Elle aspire l’immortalité , elle est tentée de crier dans le vent , comme je ne sais plus quel ambitieux : Je sens en moi l’inlini.
Quant à moi , que je sois ou non un rêveur pour le passant de la rue , je ne cherche pas à cacher un rêve qui fait vibrer au fond de mon cœur la corde la plus sacrée du lyrisme. J’ai là-haut, sur la montagne enflammée, je le sens au frémissement intérieur qui vaut mieux que le raisonnement, un rendez-vous fixé d’avance dans quelque mystérieux Eden.
Et il le faut bien, car sitôt que la pensée humaine s’élève à toute sa sublimité, c’est là qu’elle va frapper. Quelqu’un là-haut l’attire irrésistiblement comme le soleil attire la rosée. Je regarde le ciel et j’ai l'ambition de l’espace. Je frappe la terre du pied, je franchis la mort du regard. Une voix m’appelle, je l’entends, je suis prêt, me voilà.
Cette attraction du ciel sur notre âme, cette sublime cupidité de la vue qui prend d’avance possession de l’éternité et de l’immensité, ne sont-elles pas les prophéties de notre destinée, écrites en lettres d’or à la voûte du firmament?
Ne nous disent-elles pas par tous les siècles entassés et toujours entassés sur tous ces mondes, que la durée et
l’étendue sont la double essence de la vio , la vie ellemême ramenée à sa plus haute unité et formulée sous sa plus haute conception?
Le temps et l’espace sont indi visiblement unis. La langue humaine emploie partout le même synonyme pour les mesurer. L’un nous reporte toujours à l’autre, comme à son indispensable complément. Nous ne pouvons voir la nuit paisible sourire sur notre tête, de toutes ses clartés comme d’autant de promesses, sans rêver ce que nous appelons la vie future, et sans l’aspirer par chaque souffle de notre poitrine. L’immensité est encore ici-bas la meilleure leçon , la leçon visible de l’immortalité.
Dieu ne pouvait appeler au même instant devant sa face tous les êtres à la fois, car alors sa création eût tenu tout entière dans une minute. L’intini eût dispani, évanoui sans retour dans l’espace lini d’un moment. Dieu était éternel. Il a créé éternellement selon sa nature. Il convoque donc successivement les êtres à l’existence par générations.
Il émet sans cesse de nouvelles vies pour des temps sans cesse nouveaux, et les êtres une fois créés, portant avec eux ces temps, traversent l’immensité. Ils marchent ensemble, ramassant toujours pour une plus grande vie de plus grandes forces sur leur passage. Ils voyagent de métamorphose en métamorphose, sans jamais périr. Car les êtres sont des temps accumulés, et ces temps, retenus par la vie, revivent toujours. Voilà l’explication en Dieu de ce mystère que nous appelons le progrès. Le progrès est le lien vivant qui rattache le temps au temps par l’être, et l’être à l’espace par le mouvement.
(1 est plus que cela encore, il est le lien vivant qui rattache le fini à l’infini. Sans le progrès, il y aurait un infranchissable gouffre entre ces deux ordres d’idées. Le moment serait partout indépendant du moment suivant. La vie serait partout une explosion, déshéritée de toute continuité. Dieu régnerait solitairement sur un monde en poussière composé de minutes.
Mais il n’a pas voulu asseoir sa divinité dans la solitude. Il a voulu, au contraire, établir de lui-même h ses créatures une sympathique correspondance. Il leur a offert sa propre essence en communion; il leur a donné sa propre éternité à revêtir de plus en plus par la durée, et sa propre immensité à conquérir par la progression.
En jetant hors lui et en lançant dans l’espace les heures et les vies, ces soeurs inséparables qui marchent devant lui en se tenant par la main, il les achemine à travers son ciel, de spirale en spirale, à sa propre perfection ; et après des consommations de siècles et d’espaces, il les rappelle vers lui et les attire sur son cœür comme des filles grandies en intelligence et en beauté.
Le ciel , cet évangile infini de la vie , déployé sur notre tête, nous enseigne donc la loi de Dieu, qui est le progrès. Il nous dit par l’irrésistible tentation de l’immensité et de l’éternité qu’il éveille en nous , que notre destinée est une participation continue à l’espace et à la durée. Je ne puis me lasser de répéter cette formule, qui est l’explication de la vie finie en marche vers l’être infini. Plus nous tendons à la perpétuité, à l 'universalité, par nos paroles comme par nos actions* plus aussi nous rendons témoignage de notre grandeur. Il y a plus de grandeur à parler pour tous les temps
qu’à parler jhiui- un seul temps ; à rayonner sur toutes les contrées qu’à rayonner sur une patrie ; plus le génie est universel, plus il est le génie.
La vérité, cette irradiation de la raison universelle dans notre raison, n’appartient ni à cette minute-ci , ni à cette frontière-là, ni à la veille, ni au lendemain, ni à cette rive, ni à cette latitude. Elle est de tous les jours et de tous les esprits; elle est, dans toute la rigueur du terme, l’unique catholicité. La gloire enfin, qui n’est que la vérité en action, est d’autant plus resplendissante, qu’elle projette de son auréole plus de rayons d’immortalité sur plus de siècles à la fois et sur plus de continents.
Je descends de cette hauteur éthérée de l’ontologie, et j’applique le principe que nous venons de poser à l’histoire de l’humanité. La loi du monde est donc le progrès; le progrès l’augmentation de vie; l’augmentation de vie une participation sans cesse croissante à l’éternité, à l’étendue, et par contre-coup à toutes les formes, à toutes les forces, à tous les fluides , à tous les moteurs répandus dans le temps et dans l'espace.
Ces prémices posées, pour l’intelligence du drame humain , je reprends le récit de la Génèse.
Adam ou l’homme primitif venait d’entrer dans l’Eden , c’était au sortir du moule une argile encore fruste, ébauché à grands traits sur le type grossier du Titan.
Il avait , au jour de sa nativité , le visage développé aux dépens du cerveau ; le crâne épais , affaissé sur la pensée, affaissée elle-même la première; l’oreille bestiale faune proéminente au-dessus de la tempe, le front
lisse comme le marbre où la main du sculpteur n’a encore inscrit aucune pensée, le regard éteint , la narine ouverte, la lèvre épaisse, la mâchoire pesante, la joue largement taillée, l’épaule massive, l’articulation du corps noueuse, la forme incorrecte, la main ignorante, la jambe alourdie, le talon saillant, le pied déployé en éventail, le pas retentissant, la marche erabarrasée, la taille balancée en marchant, le système nerveux engourdi, la sensation paresseuse, la physionomie obscure, l’odorat indillérent , le toucher obstrué , la force irrégulière , l’action capricieuse , la mémoireindolente, la voix gutturale et bondissant jmr cascade dans l’espace.
L’homme était né parlait, si par la perfection la philosophie entend la suprême harmonie de l’organisation avec la destinée. II portait virtuellement en lui , dès le premier jour, la puissance nécessaire pour atteindre la üu de son être, qui est la perfectibilité.
Mais il était imparfait, si par perfection la philosophie suppose un état de béatitude complet, immuable, absolu, fermé, au-delà duquel la pensée ne peut concevoir aucun bien possible, aucun désir. Car l'homme vit dans le temps, il est successif comme lui, et emporté comme lui de métamorphose en métamorphose. Or, la succession et la transformation sont les idées opposées de la plénitude et de l’immutabilité. I^a Providence n'a pas mis en lui de souverain bien, mais devant lui, pour l’attirer. Sa loi est le progrès , connue la loi du mondeentier. Il est ué au soleil pour accomplir cette loi harmonieusement à son but et à son point de départ.
Avant lui et jusqu’à lui la vie progressive avait créé
trois règnes : le règne minéral, le régné végétal, le règne animal; le dernier plus vivant que le second, le second que le premier. Dans chaque règne, elle avait suivi la même loi de progrès, mais seulement d’une espèce à une autre espèce. Ainsi le marbre, venu après le calcaire , était supérieur à la chaux; l’arbre, venu après la mousse, était supérieur au lichen ; le lion, venu après le reptile, était supérieur au serpent.
Mais lorsque cette série croissante de création atteint dans Adam son dernier terme, elle laisse derrière elle les espèces préliminaires et en quelque sorte préparatoires de l'espèce humaine, connue les traces de ses pas à jamais lixées sur la planète, et elle reprend, à jwrtir de l’homme et sans sortir de l’homme , sa marche en avant.
Les êtres antérieurs à la venue île l’humanité , véritables progrès les uns sur les autres , au moment de leur genèse, gardent désormais les uns vis-à-vis des autres la même distance, invariablement enchaînés dans le même orbite. La force qui lésa créés et poussés les uns devant les autres, les abandonne pour passer ailleurs. L’homme, dernier affluent de cette force de vie engouffrée tout entière en lui, s’éloigne de plus en plus, emporté par elle, du voisinage de l’animal, et continue de lui-même à lui-même la série indéfinie de la création.
Il constitue donc véritablement un nouveau règne, le règne humain, successeur des autres règnes arrêtés dans leur expansion. A ce point de vue, l’humanité, jeune encore d’annéas, est la vitesse acquise et accumulée de la création qui poursuit son chemin de l’histoire naturelle à l’histoire, de la matière à l’intelligence,
[jour créer aon plus de nouvelles espèces matérielles , mais pour créer, en quelque sorte, de nouvelles espèces intellectuelles que nous appelons les civilisations.
Cette doctrine, si je ne me trompe, établit l’unité de vie et de progrès sur notre planète. Je vais essayer de vous le prouver par la chronique de l'humanité. .Mais, auparavant, je vous demande la permission de rassembler une minute mes idées. •
Il se tut de nouveau. Le vent souple de la nuit l'enveloppait d’une molle tiédeur. Il était toujours debout à la fenêtre la tête légèrement inclinée sur l’épaule. Il regardait l'espace dans l’attitude voluptueusement détendue de la rêverie. Sa ligure avait en ce moment la tranquillité auguste de l’inspiration. Il semblait contempler un drame muet sous le portique inlini des étoiles. De temps à autre, je croyais voir passer sur sa lèvre le sourire sévère de l’intelligence, comme s’il écoutait un invisible interlocuteur dans les ténèbres.
De longues étincelles errantes glissaient continuelle-, ment sous nos yeux dans l’atmosphère. Il no daignait pas même regarder ces tileuses du ciel, ees Parques de la mort qui laissaient traîner leurs fils d’or au bout de leurs fuseaux. Mais, au milieu de sa religieuse conférence avec l’esprit des temps, un éclair prolongé, suivi d’un sourd murmure, jaillit du nuage. La secousse électrique l’arracha subitement à sa méditation.
Je viens de voir comparaître, dit-il en s’éveillant, toutes les légions des siècles dans une minute. La longue procession de l’humanité a défilé devant moi, traînant derrière elle les fantômes de son passé, ses troupeaux, ses tentes, ses dieux, ses arts, ses sciences, ses industries.
ses codes, ses gloires, ses rédemptions, ses créations, ses richesses. J’ai lu d’un coup d’œil la pathétique odyssée de six mille ans de progrès , et , en la lisant , je me suis ressaisi dans cet autre moi extérieur qui est le moi de l’espèce.
Je me suis régénéré en arrière, dans ma longue dynastie d’aïeux. J’ai revécu tous les âges d’homme; j’ai été en esprit chasseur, pasteur', bouvier, chamelier, laboureur, marin, esclave, libre, soldat, conquérant, conquis, illettré, lettré, poète, rapsode, polythéiste, monothéiste, contemporain, en un mot, dans le court espace d’un éclair, de toutes les époques de l’histoire. J’ai suivi de la pensée l’itinéraire sacré de l'humanité. J'ai marché, à son pas, sa marche dans l'espace.
L’homme a d’abord abandonné sa première patrie, la voluptueuse vallée de Cachemire, où l’ibis religieux, symbole de sa destinée, boit l’immortalité dans la conque de lotus. Il a escaladé le ciel par l’escalier de l’imaüs, •taillé pour le pied du géant; et après avoir touché le sommet des glaciers, il a descendu le revers opposé de la montagne. Il a campé au milieu de la Perse, terre houleuse qui, par 1 agitation du sol coupé de plaines et de montagnes, le provoquait à l’action. De la Perse, il a émigré au sud et au couchant. Il a suivi le cours de l’Euphrate, traversé à dos de chameau le désert, abordé l’Asie-Mineure , et planté sa tente au pied du Liban, sur le bord de la Méditerranée.
Après avoir longtemps contemplé la mer profonde, qui lui fermait le chemin, il tenta enfin l’abhne sur un pont mobile; il colonisa en passant, la Grèce, l’Italie, la Gaule, l’Espagne; il aborda l’Océan, remonta vers le
nord, défricha l’Europe, la peupla, la civilisa, la sema de villes et de villages , la revêtit de grâces comme la patrie de sa préférence entre toutes les contrées, et cette œuvre accomplie, toujours poussé par un mystérieux instinct, l’éternel voyageur continua sa route au couchant, aborda un nouveau continent inconnu, y porta sa science, son industrie, son âme, sa religion, et là il attendit une nouvelle prophétie.
Je vais déployer, sous votre regard , la géographie du progrès, et vous raconter chaque journée de l’humanité. Veuillez donc m’écouter avec attention. Dieu, écarte de ma vie toute témérité! J’ose croire, cependant, que vous emporterez d’ici une consolation. Je me sens en état de grâce pour vous parler ; je viens de boire le mystérieux breuvage de feu qui donnait la mémoire au prophète Esra.
Jamais nuit plus limpide n’avait, épanché sur la terre plus de sérénité. La brise, fatiguée, expirait sur la feuille en insensible palpitation. L’air sonore et profond était autour de nous recueillement et silence. Les serres du Jardin botanique, ouvertes à nos pieds, exhalaient, comme des urnes de verre remplies de senteurs, les haleines fraternellement confondues de tous les continents. Nous semblions respirer une lointaine prophétie de l’unité des nations dans cette unité de parfums. Ainsi , la terre nouvelle , cachée derrière l’horizon , envoyait audevant de Colomb une effluve d’odeur pour l’inviter à continuer son voyage.
Le jeune confident de l’avenir commença ainsi :