PRO HOMO
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mutuellement enviables que deux notables noms, l’un désignant, l’autre signant une œuvre d’art; le plus noble rehaussant l’autre de plus de relief; œuvre tour à tour de plus de faite, ou de plus de base. Mais que désigne Belnon; que ne signe-t-il pas?
A mon tour, avant de signer, je veux conclure. Belnon certifie inintelligible ce qu’il ne comprend pas. Je répondrai sans m en appliquer que l’ombre, par cet aphorisme de Gœthe : « S’il n’v avait pas de lumière dans notre œil, comment pourrait-il voir la lumière? »
J’y ajouterai ce mot de Flaubert, si génériquement caractéristique du cas de Belnon : « Mille délicatesses dont ils ignorent l'usage, et qui , à cause de cela , les exaspèrent. » — J’y joindrai cette injuste imprécation d’Hello contre ce qu’il appelait la petite critique : « Puisse-t-elle être enterrée vive ! » — Oui, injuste, puisqu’elle est mort-née et s’enterre toute seule.
Maintenant, si l’on me demande, de Belnon, pourquoi je ne l’ appelle pas plutôt Négolaid, Nicodème ou même Nabuchodonosor, je ne ferai aucune difficulté de lui accorder ces noms aussi appropriés et plus sonores, — pourvu qu’on ne me demande pas de le désigner autrement par son véritable nom, parce que ce serait s’adonner à cette erreur que Chateaubriand désigne ainsi magnifiquement : Une beauté irréparable.
Le Pavillon des Muses
LE PAVILLON DES MUSES
La création d’un beau nouveau, Baudelaire l’assigne à l’artiste, pour l’une des trois conditions du bonheur. C’est une ingénieuse façon de l’entendre que de promener un regard averti, sur un littoral ixexploré. Point n’est toujours besoin, pour cela, de se mettre en route vers de distantes rives. Le voyageur court souvent après la fortune, qui l’attendait en son lit. Et le littoral le plus inexploré peut bien, au contraire, parfois, être le plus proche; ou plutôt, proche ou distant, partout, de l’inexploré sollicite, plus ou moins vainement, des attentions distraites. Ce fut la grâce, c’est la gloire de Loti, d’avoir fait errer et se fixer, la sensible, la sagace observation d’un écrivain subtil, en des pays jusqu’à ce jour seulement visités par des statisticiens et des ethnographes. Là o ii ces derniers se contentaient de relater le nombre et l’importance des gésines, par rapport à tel ou tel climat, ou de noter les différentes façons d’allaiter sous tel ou tel méridien.
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le poète de Rarahu nous décrivait, pour les avoir exhumées de millénaires coffrets, les robes mortes des impératrices défuntes; et, pour en avoir vu se fixer le flamboiement en des jardins impériaux, le chrysanthème dix mille fois saupoudré de soleil, ou de lune.
Combien d’autres littorals offrent à l’exploration les
Ors ignorés, gardant leur antique lumière,
Sous le sol vierge encor d’une terre première,
dont parle l’Hérodiade de Mallarmé !
La Mondanité, j’v pense souvent, est de ceux-là. De beaux romans, tels que L’ Armature, d’Hervieu, d'insidieuses pièces comme La Carrière , d’Hermant, et Les Transatlantiques , nous ont fait mieux qu’entrevoir de ces gisements ou de ces geysers. Mais que de mondains attendent encore de livrer leurs coraux à des pêcheurs renseignés ou audacieux; que d’huîtres, leurs perles!
C’est encore une forme d’exploration assez inusitée que celle qui s’offre à moi aujourd’hui; je veux dire : le compte rendu, par un maître de maison, de cette demeure elle-même. Deux notables spécimens de ce genre d’essais s’offrent au souvenir immédiat : le célèbre Voyage autour de ma chambre, de Xavier de Maistre, binette sentimentale et mobilière; et la Maison d’un artiste, d’Edmond de Concourt, qui présente, elle, un catalogue patient et passionné de bibelots et de livres. L’expert s’v fait trop sentir et le commissaire-priseur n’est pas loin. Nulle récep-
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tion n’anime ces objets, aucune réunion ne fait se lisser, se pavaner, bruire au milieu d’eux, des plumes et des caquetages. Ce qui renouvellerait un écrit de cette sorte, ce serait de l’aborcler sous l’aspect et l’angle qui résulteraient pour lui de ce titre un peu transposé, approprié du moins : « Rêverie d’un résident à propos de sa résidence. »
Tous les gestes d’une existence ne sont pas descriptibles ; tous les faits d’une histoire ne sont pas justiciables de l’écrivain. C’est l’erreur du mémorialiste de méconnaître cette loi. De même, tous les décors d’une habitation n’appellent pas inévitablement le style festonné d’une Scudéry dans des conversations de la magnificence. Je souhaiterais, pour cette fantaisie de l’écrit d’un hôte, à propos de son domicile, une allure plus fastueuse qu’à l’opuscule du second de Maistre ; moins collectionneuse que celle du catalogue raisonné de la Maison d’Auteuil.
L’accès au « Pavillon des Muses », du côté de Neuilly, s’ouvre pat* une porte banale dans un mur nu ; le propre mur que le poète distingue de cette appellation : mur derrière lequel il se passe quelque chose. Ce quelque chose, c’est, tout d’abord, une vaste cour plantée de, beaux arbres, dont plusieurs sycomores, l'arbre de Zacliée, sur lequel grimpa ce petit homme avisé pour voir passer le Sauveur. Cour de monastère
oriental, de béguinage sans mélancolie. Le pavillon s’y présente avantageusement, avec la protubérance vitrée de son ample rotonde, supportant une terrasse hémicirculaire . Dès F entrée, ce vestibule est accueillant, bien que d’aspect hautain. Aux rampes en chêne sculpté des degrés qui en occupent le fond, des figures, des symboles religieux circulent parmi des rinceaux et des fleurs : un Père Éternel, des anges se donnant le baiser de paix, avec cette devise : Justitia et pax osculatœ surit, la justice et la paix se sont embrassées.
Et je ne sais (ou plutôt, je crois savoir...) quel poète accablé ou sommeillant, à l’abri de ce texte d’espérance.
Au-dessus des marches, s’ouvre un salon de réception, vrai parloir de chapitre abbatial, aux boiseries dignes cl’un Bagard, aux portes ornées de boucliers sculptés, polis par le lent toucher du temps et des mains dévotes. Des sphinx, des trophées, des guirlandes, se marient dans les dessus de portes comme autour clc miroirs. Douze chaises, que la Comtesse d’Escarbagnas eût jugées dignes du titre de commodités de la conversation , offrent au visiteur fatigué, comme à l’infatigable conversationniste, l’appui de leur dossier de panne cramoisie, aux ornements d’argent noir; et, parmi elles, un canapé précieux, mieux encore, de « précieuse », qui me semble venir de 1 hôtel de Rambouillet, avec ses guirlandes au point, où perchent des oiseaux, le canapé de Julie.
Dans la salle à manger où l’on entre par la droite, s admire une vaste cheminée en pierre,
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Je Puget, supportée par des Hercules. Quelques toiles : une gracieuse figure de femme par Helleu, une contemporaine Muse en toilette de bal, dans l’ambiance nacrée d'un salon aux ors ternis, sous de discrètes lumières. Et, seules, les sombres prunelles de la célèbre beauté, font s’obscurcir, parmi tout le ton de coquillage de ce pastel, comme deux grains de raisin qui regardent. Encore, un des plus rares panneaux d’Alfred Stevens, un intérieur d’atelier, décrit ailleurs. Un Lobre exquis : Le Volet en lr' ouvert. un coin du salon, dit de Madame Adélaïde, à Versailles. Un autre portrait, par Wbistler, celui du maître du lieu, un chef-d’œuvre, toile célèbre : une symphonie en noir majeur, éclairée de quelques blancs crémeux de linge, des gris-perle du chinchilla et du gant, dorée de l’ambre du visage.
De l’autre côté du parloir, la bibliothèque, la librairie. Des boiseries, encore, et, parmi, des livres au dos multicolore, aux reliures polychromes. Au centre, une vitrine où s’isolent quelques livres de souvenir ou de choix; au hasard : Les Marguerites poétiques , d’ Esprit Aubert; un Promptuaire d'unissons, titre du plus ancien des dictionnaires des rimes; les Heures de la Chapelle de Versailles, un Traité du Roy- boit, décoré de pampres, et nombre de ces menus catéchismes spéciaux qui sont amusettes de bibliophiles : un vieil almanach dit de L’ Hortensia chantant, fleuri de ce végétal dans sa caisse; un exemplaire de cet aimable bouquin domestique : La Maison réglée , où se démontre, entre autres,
« la manière d’apprêter promptement des compotes pour les personnes de considération ». Encore : des ouvrages, tirés à un seul exemplaire, pour le maître du logis, par de mystérieux poètes en prose; des reliures au chiffre des Goncourt, et des exemplaires d’auteur, revêtus par Marins Michel, ou par Meunier, de toilettes luxueuses et symboliques. Deux reliures en vélin décoré, l’une, par Stevens, d’un portrait de Rodenbach, pour Le Règne du Silence; l’autre, par Ary Renan, d’un crâne parmi des coraux, pour Le Mariage de Loti.
Une autre collection qu’on voit encore s’ébaucher dans les pensives vitrines du Pavillon, ce sont de vieux portraits photographiques, rares et jaunis, portraits de Vigny, cl’Hello, d’Amiel; ou, parfois, telle effigie introuvable d’une gloire nationale, la réplique unique de ce « Victor Hugo endormi », au-dessous duquel lui-même écrivit de sa main : écoutant Dieu.
Non moins rare, ce médaillon de marbre, orné du profil en bronze de Jules de Goncourt, et qui décorait naguère le balcon central de La Maison d'un Artiste.
Quelques suggestives curiosités cohabitent avec ces livres : une maquette du Lamartine de d’Orsay, dont le bronze est à Versailles ; des cheveux authentiques de l’abbé de Montesquiou, de Byron, de Napoléon; des lacrymatoires dont l’un deux, luté, contient encore d’antiques larmes.
C’est une des prédilections de l’hôte, que cette création de ce qu’il appelle un « Musée sensible » :
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la cage dans laquelle Michelet élevait lui-même les oiseaux de son Oiseau; la guitare dont la tendre Marcelline égayait ses enfants et endormait ses douleurs ; les cruelles lunettes dont Becque voyait le monde, et ses Corbeaux sinistres.
Un cabinet voisin, recueilli comme une sacristie, renferme encore, parmi ses reliques, un moulage des pieds de la Castiglione, divinité du lieu, et de ses effigies. Significatifs que par euxmêmes s’y mêlent des Murrliins, des Netzkès, des Tanagras.
Un charme de ces vieilles demeures, le passage des grands aux petits appartements. C’est ainsi que, du côté du bois, toute l’altitude du Pavillon ne comporte que deux étages. Ces deux en font quatre du côté de Neuilly. Une variété en résulte, une amplification, avec des refuges pour les petits jours, de l’espace pour des cérémonies. Les panneaux d’étoffes qui s’encadrent de boiseries offrent cette particularité d’avoir été choisis cl’un seul dessin, pour les grands appartements ; d’un autre, pour les petits. Seulement les nuancés varient. Le passage d’une chambre à l’autre s’opère ainsi sans monotonie, sans secousse aussi, pour la pensée, pour l’impression. La même loi, pour les rideaux, est observée.
L’escalier, qui mène au second étage proprement dit, a forme et jour d’atelier; des foukousas, des Kakémonos s’y appendent, et, devant
les fenêtres, d’antiques et diaphanes rideaux persans tamisent sourdement le jour, pareils à des verrières textiles.
Le rez-de-chaussée apparaît sérieux sans sévérité, en ses boiseries blondes de chêne. Le premier étage se révèle tout en blancheur, teintée à peine de mauves délicats, de crémeux ivoires. Un salon de musique, le salon des roses , occupe le dessus de la salle à manger. Une vieille broderie en décore le fond, subtil et grossier chefd’œuvre de couvent espagnol. Un seul rosier, aux roses de face, de revers, de profil, qui font penser au rosier d’Hildesheim, planté par saint Bernard, au miracle de sainte Elisabeth, au rosaire de saint Dominique. Un treillage vert encadre le florifère panneau. De vivantes roses s’y mêlent à leurs sœurs laineuses. Et des roses de bois peint ou doré, témoignent aussi de la grâce ligneuse à s’unir aux naturelles fleurs, non moins que celles de l’aiguille. Au-dessous, un siège qui est un autel, et des plus charmants, érigé par l’art de Fontaine et Percier à la gloire de la femme; quelle Récamier s’y est blottie, entre les deux carquois évidés en porte-bouquets, et qui servent de bras à ce meuble, on dirait amoureux, au-dessous des deux brûle-parfums dont le dossier se couronne ?
Autres variations sur le même air, dans le salon de musique et des roses : une toile de Besnard, V Enivrement des roses : une tête de jeune femme rousse, qui se grise de l’odeur d’un bouquet velouté, dont elle aspire l’effluve ; des
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roses de bronze autour d’une psyclié, de laine encore autour du tapis ; l’heure en une rose de nacre.
Sur le piano, un dessin d’Ingres; sujet adapté : Liszt adolescent. Et, du cadre de thuya clair aux filets foncés, se déduit la robe de l’instrument cpii lui fut assortie. Des dessus de portes, en hauts reliefs représentent les mêmes Muses que nous verrons à l’extérieur, sur la façade du Pavillon, du côté du Bois de Boulogne.
Au salon voisin, des acajous Empire, aux bronzes allégoriques et ciselés : des cygnes, des Orphées. Un lustre de cristal de Bohême, à la monture de vermeil. Quelque chose, ce lustre, comme le subit et définitif arrêt d’une fontaine en train de jouer sous le soleil; la solidification en une retombée de diamants, d’un jet d’eau où s’amuse le prisme, et qui fait danser sur les murailles, aux jours lumineux, toute une Pentecôte de langues de feu, vivantes, arcenciélées.
Sur la cheminée, une statuette en terre cuite de la Castiglione, dans son costume de Reine d’Etrurie, par Carrier-Belle use. Aux murs, deux Versailles, d’Helleu; « l’Aurore grelottante en robe rose et verte » sur un marbre de Vénus; le soir automnal, aux feuilles rousses, au ciel gris, dans lequel une Diane décoche son invisible trait qui semble avoir fait au firmament aveugle la blanche trouée, la scintillante blessure d’une étoile. Une autre étoile, celle-là bleue en un ciel gris, c’est la turquoise de cette canne royale qui fut à Louis XV et à Concourt, et pose désormais au mains du nerveux portrait de Robert de Mon-
tesquiou, par Boldini, exposé là, une des plus vibrantes œuvres du maître. Les sièges Empire de ces deux salons sont recouverts de l'étoilé de soie brochée d’un décor dit du papillon enchaîné , dans une couronne de roses. Dessus de portes, en grisailles, des enfants de Sauvage.
Une chambre à coucher est attenante. Le lit de parade, qui en occupe le milieu, est fait d’une chimère chinoise, aux crins flamboyants, aux prunelles vitreuses. Je ne sais plus quel poète s’exaltait à cette idée : un lit qui figurerait le char d’Apollon, en route vers la lumière. N’est-il pas d’un gabarit non moins entraînant, ce lit d’un repos qui s’apaise aux paresses, et s’entraîne aiix élans de l’insatiable, de l’insaisissable Chimère? Un bocage fait des feuilles burgautées d’un paravent, tout fleuri d’hortensias de nacre, enferme ce chevet. Une cliauve-souris s’endort auprès, crispée à d’anse d’une lampe antique. Toute une vitrine s’emplit de la collection de ces oiseaux singuliers, laques, ivoires, bronzes, kaolins, cristaux découpés selon la dentelure bizarre du mammifère ailé, plein de mystère et de songe. D’autres tablettes s’étoilent de la collection de ces fleurs, en émaux, en métaux, en céramiques. Aux parois, ce sont encore de bleus hydrangeas , par Helleu, des bouquets d’azur par «l’Impératrice des Roses ». En haute lisse sur des carpettes, la fleur versicolore arrondit ses boules, qui surmontent encore, vivantes, cette fois, de leurs corymbes renouvelés, deux lampadaires de temple.
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Aux trois pièces, récemment décrites, des rideaux de tons différents, vert, rose, écru, mais de semblable décor, représentent des courants de fleurs aux réseaux losang'és cl un treillage.
Un boudoir, plutôt un bureau, s’orne de pointes sèches d’Helleu, de dessins de Gandara (dont un beau Verlaine) et de Caran clAelie. De ce dernier, la caricature, bienveillante et célèbre, dont il fêta, généreux ami, les fêtes de Douai, en l’honneur de Desbordes-A almore.
Une galerie, en proie encore à l’art japonais, mène à des pièces d’habitation intime, donnant sur la terrasse en hémicycle qui surmonte le vestibule. Ses meubles sont de paille et de porcelaine. On y collationne, l’été; et c’est un rêve que d’y voir paraître, quelque soir, à quelqu’une des fenêtres qui la couronnent, MUes Moréno et Bady, dont les voix diversement harmonieuses réciteraient avec un art différent Le Balcon , de Baudelaire.
Tel, un local où grouper des auditeurs raffinés, autour de vers pénétrants, de musiques subtiles, sous cette invocation du poète des L leurs clu
Mal !
Là tout est ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Et cette autre épigraphe de lui, plus exquise : « Lieu orné cle meubles ingénieux et revêtu de
couleurs caressantes, où l’on sent l’esprit s'apprêter aux choses du bonheur. »
J ai dit : meubles ingénieux, mais bibelots de millionnaires, que non pas ! Grâce à Dieu, qui nous en préserve ! Ne venez pas les requérir ici, \ an Dycks faux, A\ atteaux truqués, Dagnans authentiques. Nom Quelques fleurs d’iïelleu ou de 1 Extrême-Orient, de Lemaire ou de Flore ; mais aussi un Whistler, comme ils n’en ont pas chez Scaurus (qui d’ailleurs ne l’entendrait pas !), mais des bains que Scaurus jalouse. Le propre bain de Louis XIV et de la Montespan.
Ceci, qui commence à faire parler de soi, et fera jaser haut et longuement, mérite plus ample commentaire. Je m’y appliquerai ailleurs, après Luynes, après Piganiol, Félibien et Monicart, dans le passé; après l’historien Nolliac, dans le présent, et les poètes qu’inspirent, bien harmonieusement, la chair marmoréenne, le sang- rose et le flanc veiné de la cuve historique. Reprise à la Montespan, par la Pompadour, qui la fit conduire en son Hermitage, elle y reflétait encore, l’an dernier, transformée en bassin de jardin, en lavoir de couvent, de froids visages de recluses, occupées à y plonger les linges de l'autel. Les Muses s’y mirent aujourd’hui; les Muses dont s orne, au Pavillon, la façade du côté du Bois ; les Muses qui tracent ce sonnet sur l’eau parfu-
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niée de roses, l’eau c[ui se souvient et qui pleure...