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SUITE

Lundi, 27 novembre 1854.

Lorsque Cowper s'était senti mieux et plus fort d'esprit, il avait commencé une Correspondance avec un petit nombre d'amis, et il la suivit sans interruption pendant plusieurs années ; c'est là surtout qu'on apprend à le connaître et à pénétrer dans les mystères de son esprit ou de sa sensibilité. Il écrit d'abord à M. Unwin, cet aimable fils de la maison, qui était devenu pasteur dans un autre lieu ; il écrit à M. Newton qui, en 1779, avait quitté Olney pour devenir recteur de la paroisse de Saint-Mary Woolnoth à Londres. Il a aussi de temps en temps de petites lettres pour le seul de ses premiers amis et camarades d'école et de jeunesse qu'il ait conservé, Joseph Hill, à qui il rappelle le temps où celui-ci, dans leurs promenades " couché tout de son long sur les ruines d'un vieux mur au bord de la mer," s'amusait à lire la Jérusalem ou le Pastor Fido. Dans la vie retirée qu'il mène, il a peu à raconter ; il parle de lui, de ses lectures qui sont d'abord rares, des petits accidents qui diversi-

fient à peine cet intérieur tranquille. Il y avait des points douloureux et profonds et qui ne furent jamais entièrement guéris en lui ; il évite de les toucher, et il se montre plutôt par le côté vif, ingénieux, affectueux et riant. Il y a telle lettre où il commence par dire qu'i/ n'a rien a dire., et, sous prétexte de cela, il se met à trouver de très jolies choses et très sensées : il y donne toute la théorie de la Correspondance farfrilière entre amis : écrire toujours, un mot chassant l'autre, et laisser courir la plume sans y tant songer, comme va la langue quand on cause, comme va le pas quand on chemine.

Au milieu de mille grâces, il se rencontre quelques bizarreries dans ses lettres. Cowper a le goût plus hardi et plus original que sûr. C'est un délicat, mais un délicat qui a senti des choses si particulières et si aiguës, qu'il osera infiniment, lorsqu'il s'agira d'exprimer au vif ses façons d'être et de penser. Il a des images qui étonnent, des comparaisons étranges et qu'il soutient et prolonge avec une finesse un peu pointilleuse ou compassée. Il ne se refuse aucune de celles qui lui viennent à la fantaisie : ainsi, dans une lettre à M. Newton, il comparera l'état de son esprit en lui écrivant à une planche sous le rabot ; les premières pensées qui lui viennent, les pensées de dessus, ce sont les copeaux, etc. ... A ces endroits-là, il peut paraître subtil et recherché ; mais le plus ordinairement, l'imprévu de ses images ne fait

qu'ajouter un agrément de plus à leur exactitude. Il a de ces ironies pénétrantes comme en ont les natures douloureuses et timides, douées d'organes plus fins, et que choquent, sans s'en douter, les brusqueries ou les grossièretés d'alentour. Voici en son entier une petite lettre railleuse, et digne, par le tour, d'un Pline le Jeune :

AU RÉVÉREND JOHN NEWTON "Olney, 16 avr'u 1780.

" Depuis que je vous ai écrit la dernière fois, nous avons eu une visite de M***. Je ne me suis point senti grandement disposé à l'accueillir avec cette prévenance d'où un étranger peut conclure qu'il est le bienvenu. A sa manière, qui est plutôt hardie qu'aisée, j'ai jugé que ce n'était point la peine ici, et que ce ne serait qu'un soin futile qui, en manquant, lui ferait peu de faute. Il a l'air d'un homme qui a vu du pays plutôt que d'un homme comme il faut qui a voyagé ; il a tout à fait secoué cette réserve qui entre si ordinairement dans le caractère anglais ; et cependant il ne s'ouvre point doucement et par degrés comme font les gens de manières polies, mais il vous éclate au visage tout à la fois. Il parle très haut, et quand nos deux pauvres petits rougesgorges entendirent ce grand bruit, ils furent pris aussitôt d'une émulation de le surpasser.

En élevant leur voix, ils le firent encore hausser la sienne ; et cette voix grossie leur devenait à son tour un nouveau stimulant. Aucune des deux parties n'entendait abandonner la lutte, qui devint de plus en plus inquiétante pour nos oreilles durant toute la visite. Les oiseaux cependant y survécurent, et nous aussi. Ils se flattent peut-être d'avoir remporté une complète victoire, mais je crois bien que le monsieur les aurait tués tous les deux s'il était resté encore une heure."

On peut rapprocher de ce joli billet une autre lettre écrite quelques années après (mars 1784), dans laquelle Cowper raconte la visite, ou plutôt l'irruption d'un candidat à la députation, une après-dînée, dans sa paisible demeure d'Olney, à l'heure même où le lièvre Puss prenait ses ébats au salon, et où lui-même, entre Mme Unwin et une autre amie qui toutes deux tricotaient ou faisaient du filet, il enroulait de la laine. Les candidats, en Angleterre, font bruyamment leurs visites, accompagnés d'amis et ayant à leurs trousses une bande d'enfants et de peuple : la maison était donc envahie. Cette entrée tumultueuse, la sollicitation du candidat, l'assurance donnée à Cowper, qui s'en défend de son mieux, qu'il a de l'influence, beaucoup d'influence, l'espoir qu'il voudra bien en user en faveur de celui qui l'en remercie à tout hasard ; les poignées de mains

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et les embrassades à toute la maison, y compris la servante ; tout ce petit tableau compose une page des plus piquantes, et qu'on cite ordinairement quand on a à parler de la Correspondance de Cowper.1 Mais le tissu habituel de ses lettres est plus uni et ne roule que sur de minces détails touchés avec complaisance et qui perdraient à être détachés ; une partie du charme est dans la suite même et dans l'effet de l'ensemble. Tout à côté d'une lettre badine où il raconte à M. Newton une escapade et une fuite de son lièvre favori qui, un soir, pendant le souper, rompt son treillage, prend sa course à travers la ville, et qu'on ne parvient à rattraper qu'après toute une odyssée aventureuse, on lira une lettre très grave, très élevée, à une de ses nobles cousines qu'il n'avait pas vue depuis des années, qui avait été très belle, et à qui les hautes et sérieuses pensées étaient devenues familières. Quelle impression le Temps a-t-il produit sur elle dans ce long intervalle ? l'a-t-il marquée de sa griffe au visage, ou l'at-il épargnée et a-t-il fait patte de velours comme il se plaît à faire quelque-fois ?

"Je l'ignore, lui écrit Cowper, mais, du

1 Cette lettre a été citée par Jeffrey dans l'article qu'il donna autrefois dans la Revue <T Edimbourg (juin 1804), sur la Vie de Co-wper, par Hayley. Je la trouve citée aussi et traduite dans la Bibliothèque universelle de Genève, qui contient un travail bien fait sur Cowper (janvier et février 1854).

moins, s'il est un ennemi de la personne et de l'enveloppe, il est un ami de l'âme, et vous l'avez trouvé tel. A cet égard, le traitement que nous recevons du Temps dépend de l'accueil que nous lui faisons. ... Il est clément pour ceux qui, tels que vous, savent se tenir comme sur la pointe du pied au sommet de la colline de la vie, jetant un regard en bas avec plaisir sur la vallée qu'ils ont traversée, et de temps en temps étendant leurs ailes pour s'envoler avec espérance vers l'Eternité. . . ."

Le charme de la Correspondance de Cowper est dans cette succession d'images, de pensées et de nuances qui se déroulent avec une vivacité variée, mais d'un cours égal et paisible. On saisit mieux dans ses lettres les sources véritables de sa poésie, de la vraie poésie domestique et de la vie privée : un badinage encore affectueux, une familiarité qui ne dédaigne rien de ce qui intéresse, comme étant trop humble et trop petit, mais tout à côté, de l'élévation, ou plutôt de la profondeur. N'oublions pas non plus l'ironie, la malice, une raillerie fine et douce comme elle paraît dans les lettres que j'ai citées.

Il vint un moment, je l'ai dit déjà, où Cowper sentit que de faire des cages, des serres ou des dessins ne lui suffisait plus : il se remit à la poésie, et à une poésie qui naissait de sa vie même et des circonstances qui l'environnaient. C'étaient des pièces courtes, d'ordi-

naire des fables, où ses rouges-gorges, ses chardonnerets avaient leur rôle et amenaient leur morale toujours humaine et sensible, bien que puritaine. Il travaillait ces amusements de son loisir avec un soin particulier, et il n'était content que lorsqu'il les avait amenés à perfection : " Toucher et retoucher, dit-il quelque part, bien qu'il y ait des écrivains qui se targuent de négligence, et d'autres qui rougiraient de montrer leurs brouillons, est le secret de presque tous bons écrits, particulièrement en vers." — " Tout ce qui est court, dit-il encore, doit être nerveux, mâle et concis. Tels sont les petits hommes, tels aussi doivent être les petits poèmes." Mais évidemment il cherchait encore ses sujets, et la forme neuve et curieuse de ce talent en éveil ne savait où s'appliquer avec suite et vigueur. Ici nous trouvons un rapport (un seul rapport, il est vrai) de Cowper à La Fontaine : comme celui-ci, le génie de Cowper a besoin d'être excité, soutenu par l'amitié ; il lui faut un guide, quelqu'un qui lui indique ses sujets, comme presque toujours quelque beauté, une Bouillon ou une La Sablière, les commandait à La Fontaine.

Presque tout ce que fit Cowper eut ainsi son motif déterminant dans un vœu, dans un désir des personnes qui lui étaient chères : s'il prit part aux Hymnes d'Olney, ce fut à la prière de M. Newton ; s'il écrivit P

son premier Recueil de poèmes, ce fut Mme Unwin qui l'y enhardit et l'y sollicita ; s'il écrivit son chef-d'œuvre, la Tache (comme le nom l'indique assez), ce fut parce que lady Austen, une nouvelle amie, la lui imposa et le voulut.

L'hiver de 1 780-1 781 marque le moment où Cowper se mit décidément au travail et devint auteur. Le printemps le dissipait trop pour qu'il pût beaucoup s'y recueillir ; il aimait mieux en profiter avec l'abeille et avec l'oiseau : mais les soirs d'hiver, près de son intelligente et silencieuse amie, dans ce doux confort domestique qu'il a si bien exprimé, ayant là près de lui la bouilloire qui chante, et la tasse pleine de cette liqueur "qui égayé et qui n'enivre pas," il s'appliqua pour la première fois à traiter en vers d'assez longs sujets, tout sérieux d'abord et presque théologiques, qui montrent, à leur titre seul, le fond de ses pensées : le Progrès de F Erreur, la Vérité, PEspérance, etc. Il y mêla et y fit entrer avec adresse quelques parties plus gaies et d'une satire assez amusante, qu'il tâcha d'accommoder au goût du monde. J'ai cité et analysé précédemment, de ce premier Recueil de Cowper, le poème de la Retraite, le meilleur et le plus beau : aussi n'en parleraije pas ici. Ces premières fleurs de poésie sont toutefois des fleurs d'hiver, cela s'y sent un peu trop à une teinte morale et austère

qui est répandue sur le tout ; mais il n'en sera pas ainsi de son second Recueil, de son grand et charmant poème.

Le premier volume de Cowper parut vers le commencement de 1782 et eut peu de succès de vente, mais seulement un succès d'estime. Franklin, à qui un ami l'envoya à Passy, où il était alors, y trouva, dit-il, " quelque chose de si nouveau dans la manière, de si aisé et pourtant de si correct dans le langage, de si clair à la fois et de si concis dans l'expression, et de si juste dans les sentiments," qu'il le lut d'un bout à l'autre avec plaisir (rare louange pour des vers, surtout de la part de quelqu'un qui n'en lisait plus), et il en relut même certaines pièces plus d'une fois. Un tel suffrage était fait pour consoler Cowper de n'en avoir pas obtenu de plus nombreux. Il avait voulu être utile et plaire en même temps pour mieux insinuer au monde sa morale et ses conseils : il n'avait réussi qu'à demi ; il se dit qu'une autre fois il réussirait mieux peut-être. Les journaux et Revues du temps n'avaient pas tous bien parlé de lui. Ce roi redouté ou ce tyran de la critique, Samuel Johnson, au terme de sa carrière, garda le silence, et Cowper s'en félicita. Cette poésie était trop neuve pour être bien comprise tout d'abord, et il n'y avait pas encore assez de fraîches éclaircies et de vifs tableaux pour enlever et séduire. Pourtant, dans ce

suffrages des critiques, auxquels il n'était que médiocrement attentif et sensible, il en était un que le poète avait fort à cœur d'obtenir, c'était celui du Montbly Review, le plus répandu des recueils littéraires d'alors et qui tardait à se prononcer :

" Que dira de moi ce Rhadamanthe de la critique, écrivait Cowper à un ami (12 juin 1782), lorsque mon génie tout tremblant comparaîtra devant lui ? Il me tient toujours sur le gril, et je dois attendre encore un mois avant d'avoir son arrêt. Hélas ! quand je fais ainsi des souhaits pour obtenir de ce côté une sentence favorable (s'il faut vous confesser une faiblesse que je n'avouerais pas à tout le monde), c'est que je ne m'y sens pas peu intéressé par le soin que j'ai pour ma réputation ici même, parmi mes voisins d'Olney. Il y a ici des horlogers qui eux-mêmes sont de beaux esprits, et qui à présent peut-être pensent que j'en suis un aussi ; il y a un menuisier et un boulanger, et, sans parler des autres, il y a votre idole M. Teedon, dont un sourire fait la renommée. Tous ces gens-là lisent le Monthly Review, et tous me tiendront pour une bête si ces terribles critiques leur en montrent l'exemple. Oh ! quand je devrais être réputé bête partout ailleurs, cher monsieur Griffith, laissez-moi passer pour un génie à Olney."

Quelques saisons de joie et de soleil allaient luire enfin pour Cowper ; un rayon brillant allait s'introduire dans sa vie. Ce n'est plus au coin du feu l'hiver, c'est l'été, dans son cabinet de verdure, dans son cadre de jasmin et de chèvre-feuille tant de fois décrit, dans sa serre où on le voit assis avec des myrtes pour persienne, qu'il va désormais composer des vers, sérieux toujours, mais frais, animés et éclairés d'une lumière imprévue. Une fée charmante avait alors traversé son ombre et s'était introduite un moment dans sa vie. Un jour qu'il était à la fenêtre de la rue, il vit entrer dans un magasin d'en face une femme de sa connaissance et de celle de Mme Unwin, avec une étrangère qui n'était autre qu'une sœur, à elle, nouvellement arrivée dans le pays, et celle-ci avait je ne sais quoi de si attrayant et de si ravissant à la simple vue, que Cowper, tout timide qu'il était, désira aussitôt de la connaître. C'était lady Austen, veuve d'un baronnet. A peine admise dans cet intérieur discret, elle s'y plut autant qu'elle y charma ; elle y apportait ce qui y avait manqué jusquelà, de la nouveauté et de la fantaisie. Cette rare personne était douée des plus heureux dons ; elle n'était plus très jeune ni dans la fleur de beauté ; elle avait, ce qui est mieux, une puissance d'attraction et d'enchantement qui tenait à la transparence de l'âme, une faculté de reconnaissance, de sensibilité émue

jusqu'aux larmes pour toute marque de bienveillance dont elle était l'objet. Tout en elle exprimait une vivacité pure, innocente et tendre. C'était une créature sympathique, et elle devait tout à fait justifier dans le cas présent ce mot de Bernardin de Saint-Pierre : "Il y a dans la femme une gaieté légère qui dissipe la tristesse de l'homme."

Mais si lady Austen éclipse un moment Mme Unwin, elle ne l'efface point et ne la diminue pas. Gardons-nous de méconnaître les qualités essentielles de celle-ci : amie de Cowper depuis seize années déjà à cette date (1781), elle avait été tous les jours la même pour les soins et la tendresse ; elle avait sacrifié sa santé en le veillant aux heures sinistres et funèbres : aux moments meilleurs, elle lui avait donné des conseils de travail pleins de justesse et de bonne direction. Elle était la solidité et le jugement même. Littérairement, son goût était sain et sûr : " Elle est si bon critique, non par théorie, mais par nature, disait Cowper, et elle a un sentiment si net de ce qui est bon ou mauvais dans une composition, que lorsque dans le doute je lui soumets (ce qu'en pareil cas je ne manque jamais de faire) deux sortes d'expression qui semblent avoir également droit à ma préférence, elle se décide, sans que je l'aie jamais vue se tromper, pour la plus droite et la meilleure." Tout le temps que Cowper fut entre ces deux femmes (car bientôt lady Austen

devint leur proche voisine, et leur journée était en commun), il eut tout ce qu'il pouvait désirer pour son talent de poète, à savoir, l'impulsion et la critique. " Sans Mm* Unwin, il est probable qu'il ne fût jamais devenu auteur, et sans lady Austen, il ne fût jamais devenu un auteur populaire," a dit très judicieusement Southey.

Ajoutons vite (car ceci n'est point une biographie que nous prétendons esquisser, et nous ne voulons que faire connaître l'homme et le poète par ses traits principaux) que dès que Cowper s'aperçut que la présence de lady Austen pouvait à la longue chagriner Mme Unwin, et que l'aimable fée apportait dans le commerce habituel un principe trop vif de sensibilité ou de susceptibilité, propre à troubler leurs âmes unies, il n'hésita point une minute ; et, sans effort solennel, sans coquetterie, par une simple lettre irrévocable, il sacrifia l'agréable et le charmant au nécessaire, et l'imagination tendre à l'immuable amitié.

Mais auparavant il y eut des heures uniques où, dans cette compagnie riante, excité et rassuré à la fois, il jouissait, à cet âge tardif, d'une jeunesse inattendue, et où son talent comme son cœur trouvait enfin son épanouissement. — Et aussi ne nous figurons point Cowper toujours affublé de cette espèce de bonnet de nuit bizarre sous lequel on nous le représente invariablement dans ses portraits. Il nous le dit lui-même, à

cet âge de cinquante ans passés, il paraissait un peu moins que son âge ; il avait gardé de ses airs vifs de jeune homme ; il avait moins grisonné encore qu'il n'était devenu chauve, mais une mèche (comme cela s'appelle), une mèche bien placée réparait le vide et faisait boucle à son oreille, l'après-midi, quand il était coiffé, avec sa bourse et son ruban noir, il pouvait paraître tout à fait galant. Or un jour, en été, qu'il avait plu, il se passa entre les dames et lui, au jardin, la petite scène suivante {Marie, c'est Mm8 Unwin ; Anna, c'est lady Austen) :

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