‹ Profils d'or et de cendreChapitre 27 sur 87 · LA STATUETTE · texte numérisé non relu

LA STATUETTE

Tu as dansé ! je m'en souviens sans l'avoir vue, Je regarde la lampe à travers mes yeux clos, Mes paupières rougies évoquent ta chair nue Dans le marbre veiné qui te force au repos.

Tu as dansé jadis; n'importe quelle danse ! Tantôt j'ai vu rouler une pierre dans l'eau, Sur le cercle grandi j'ai cru voir la cadence Qui balançait ton corps sur l'ombre des flambeaux.

Le bruit sec et léger qui tombe de l'horloge Se pose comme un pas sur le calme du soir, Où le lointain émoi du passé s'interroge Et dans mon propre cœur essaie à se revoir ;

Je l'ai souvent rêvé sous l'étroite lumière, Qu'une ronde muette et les bras enlacés Tournait autour de moi sa danse de poussière Qui dans un cercle bleu me tenait embrassé.

Ronde, où parfois j'entends un corps souple qui glisse Avec un cri léger et qui riant un peu Déroule jusqu'à moi d'anciennes délices Et me mêle un instant à d'invisibles jeux.

Statuette posée en mes paumes fiévreuses, J'entends jusqu'à mon cœur haleter tes deux seins.., Est-ce ton sang qui bat ou le mien, ô danseuse, Ta pierre s'est mêlée à la chair de mes mains!

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