‹ Profils d'or et de cendreChapitre 29 sur 87 · LES PETITES FILLES · texte numérisé non relu

LES PETITES FILLES

Elles courent ici pour quelque neuve fête,

Entre leurs bras d'enfants levant leurs jeunes têtes

Vers quelque dieu mystérieux.

Tandis que balançant vos bras nus autour d'elles, Violon qui n'avez pour archet que des ailes,

Vous scandez l'air silencieux.

Elles vont trois par trois, deux par deux, solitaires. Nymphes qu'enivre encor le jouet éphémère

D'un corps d'enfant, souple et lég-er, Et qui s'en vont sans crainte aux chemins de la terre En cueillant le soleil qui danse en la poussière,

Fruit d'or d'un automnal verg'er !

LE CORTÈGE QUI S'ÉLOlGNE 8l

Elles viennent tomber à vos pieds en g-uirlande,

Et de leurs doigts tremblants monte comme une offrande

Vers vous le parfum de leur chair, Cependant qu'au milieu de tant de chevelures, Prisonnière aux buissons de leur jeunesse pure,

Vous en brûlez l'encens vers l'Oljmpe désert I

82 PROFILS d'où et DE CENDRE

Page 1