LA DANSEUSE
Elle est comme un jet d'eau lumineux et dansant, Et chaque heure miroite en les plis frémissants Des voiles pailletés sur qui sa taille ploie, Tandis que ses cheveux tressent en fleurs de soie Des jardins de caprice, où leurs parterres blonds Au rythme de ses pas se font et se défont.
Elle lève ses mains comme des cassolettes Où Tarôme brûlant de ses danses halète, Eblouie elle-même à sa propre clarté.
Elle étreint dans ses bras sa propre volupté, Et ses gestes joignant tous nos désirs sur elle Semblent oindre sa peau de pâleurs éternelles .
Sur son corps sa tunique est ainsi qu'un palais, Elle a l'air d'un rayon que la danse aurait fait, Mille reflets lui font un manteau de souplesses, La lumière est sa poudre et Tombre est sa caresse, Son voile est le flambeau de son obscur boudoir, Et quand elle s'en va, tout est un songe noir '
Où vacille et s'agite à nos regards encor
Un grand parc orageux où tourne une fleur d'or !
LE CORTÈGE (^UI s'ÉLOIGNE 87