LE BOULEAU
Un bouleau pâle tremble au bord d'une onde noire,
Il semble être debout et nu, Son feuiilag-e argenté met un frisson d'ivoire
Sur le soir calme et continu.
Dans l'étang il reflète un cygne qui se noie Et dont l'aile pourtant frémit,
S'éparpille, se ferme, et puis enfin déploie Un suprême geste endormi.
Cependant sur le fond de la forêt obscure Son tronc lisse et blanc a tracé
Une ligne d'argent vivante, droite et pure Vers les nuages effacés.
L \. DEMEURE TRANSPARENTE Il5
Et tout autour de lui la ténèbre des chênes,
Des arbustes et des buissons Met des ailes de nuit à sa légère g-aîne
Immobile entre leurs frissons.
Il semble un papillon qui s'élance sur Tonde Où son reflet est un oiseau,
Il porte tout le vol de la forêt profonde,
Mais il se meurt au fond de l'eau.
Dans ton silence, ô nuit, quel mystère et quel rêve Semblent toujours prêts à partir,
Alors que dans mon cœur cette angoisse se lève D'être toujours près de mourir !