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LA CHAMBRE DES STATUES

0 lune, pierre blanche au seuil noir de la nuit, Cadran solaire où les heures sont efFacées, Porte que seul un rêve impossible franchit, Vers quelle chambre en deuil mènes-tu ma pensée?

N'est-ce pas une chambre obscure où je verrais Sur des lits nuag-eux dormir mille statues, Dont un passé humain après la vie aurait Dans un songe éternel fixé les formes nues !

Les unes accoudées et les autres debout,

Les unes regardant vers la terre profonde

Qui n'est plus à leurs yeux qu'un ténébreux remous,

Et les autres fixant les horizons du monde.

LA DEMEURB TRANSPARENTE II7

Et les unes encor liées étroitement

Par un baiser que nul désir vivant n'attriste,

Réalisant ainsi le rêve des amants,

Etreinte d'une chair où l'amour seul persiste.

Les autres, les yeux pleins d'un merveilleux oubli, Voyant flotter un ciel qui n'aurait plus d'étoiles, Et dormir une mer immense dont les plis N'auraient jamais connu la brisure des voiles!

Formes dont la pensée a seule en survivant

Modelé la pâleur et le geste suprême,

Et qui, loin des soleils, des ombres et du vent.

Ne savent plus du temps qu'une seule heure blême.

PROFfLS D Oa ET DK CENDRE

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