LE MASQUE DOUBLE
Sur le seuil du perron, vers le couchant tournée, Tu semblés supporter le deuil de la journée ; Ta robe en long-s plis noirs retombe autour de toi, Et se môle à ton ombre et traîne jusqu'à moi !
Si, pour me regarder, tu renverses la tête, C'est un masque ambig-u que le soleil te prête, Un masque noir et blanc où la nuit et le jour Tendent des yeux rivaux vers un unique ^mour !
Doux visage sculpté dans le ciel immobile, De marbre d'un côté, mais de l'autre d'argile ! Statue inachevée attendant que le soir Dont le jour déclinant soutient les ébauchoirs
Te rende tout entlère^à ta faiblesse humaine Dont l'âme, un seul instant, avait brisé la g-aîne !