‹ Profils d'or et de cendreChapitre 50 sur 87 · PREMIER SOIR D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

PREMIER SOIR D'AUTOMNE

Ce soir le bruit du vent ressemble au bruit de Feau. L'été fuit, laissant choir son feuillag-e qui g"lisse, Et l'automne dans l'air immobile et plus lisse Déroule le brouillard comme un mol écheveau.

Le jardin est semé de branches et de roses. Les arbres ont tracé leurs couronnes de deuil ; Qui donc a déployé pour un obscur accueil Ces parterres épars de tant de fleurs décloses ?

Leurs pétales tombés font d'humides bouquets Oui semblent se tremper aux flaques d'une averse, Je crois voir miroiter des branchages inverses, Et la mort de l'été ressemble à son reflet.

J'entends passer dehors toute une fuite d'ailes, Une fuite d'oiseaux, d'insectes, de frelons. Qui viennent se heurter aux vitres du salon Où la lumière chaude et sèche se cisèle,

On ne sait plus si c'est la pluie ou bien le vent... Qu'importe, lèvent fuit ou l'averse s'égoutte Et le soir s'embellit encore de ce doute Où deux frissons divins passent, se poursuivant !

LA DKMBURE TRANSPARENTE

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