LES BALCONS
Vous qui courbez ici la poupe romantique Amarrant la maison aux arbres du jardin, 0 balcons ! quel adieu vous rend mélancoliques, Et se penche et s'accoude à votre obscur dessin ?
De Tarabesque en fer une rose pâlie Qui levait vers le soir ses pétales ouverts, S*effeuille, et Ton dirait qu'un doig^t lég-er délie Son cœur sentimental aux inconnus offert.
IJu'à vos carreaux fermés la chambre soit éteinte, pu qu'une lampe y brûle, ou qu'y sonne une voix, palcons, du cadre fin qui trace vos enceintes e sens tomber du soir un éternel émoi.
l44 PROFILS d'or et de CENDRE
Un secret a paré votre sombre harmonie! Des adieux dispersés se retrouvent en vous, Et vous représentez une attente infinie, Balcons, inconscients et muets rendez-vous !
Le song-e qui poursuit les couleurs et les formes Donne à chaque décor un autre sentiment, Et chacun selon lui aperçoit et transforme Sur vous une pâleur dont son rêve est l'amant.
Sentimentalité ! pitié vers nous des choses ! Vous prêtez aux présents vos cœurs mystérieux ! Vers celui qui n'eut rien vous effeuillez la rose.., Et d'un amour menteur il moissonne l'adieu !
LA DIMEURB TRANSPARENTE 1^5