‹ Profils d'or et de cendreChapitre 59 sur 87 · LA PORTE SUR LA PLAINE · texte numérisé non relu

LA PORTE SUR LA PLAINE

Une femme est debout sur le seuil de sa porte,

Un réseau de lumière environne sa nuit,

Son geste est arrêté, sa forme est comme morte

Dans le cadre vivant où sa lampe reluit.

Elle semble debout sur la campag-ne entière,

Poussiéreuse statue, humanité du soir,

On dirait que son ombre ayant quitté la terre

S'élève devant elle et la revêt de noir.

Qu'importent sa beauté, ses reg-ards ou son âge?

Et qu'importe sa vie? Elle est plus que cela,

Son âme ténébreuse a bien mieux qu'un visag-e.

Et sans rien regarder elle voit au delà...

Qu'importe ce qu'elle est ? Elle est l'âme des plaines,

Et dans le cadre étroit et lumineux du seuil,

Je crois voir à ses pieds mourir, vagues lointaines,

D'innombrables sommeils et d'innombrables deuils !

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