‹ Profils d'or et de cendreChapitre 61 sur 87 · PAYSAGE · texte numérisé non relu

PAYSAGE

La maison se rendort entre ses portes closes, Ses murs semblent plonger dans de profonds canaux, Et tout finit ensemble, et les fleurs et les choses Flottent comme au hasard sur l'infini de l'eau.

On sent rôder l'odeur de ces villes perdues Où tout est pâle, gris, monotone, amorti, Des arbres dépouillés déchirent Tétendue Gomme les mâts épars de bateaux eng-loutis.

La plaine toute entière est une ville morte Où les jardins seraient des gerbes de roseaux, Où les feuilles meurtries et que le vent emporte Seraient les reflets d'or des lampes aux carreaux !

l48 PROFILS d'or et de CENDRE

Et cependant l'hiver, immobile et paisible, Dans son jardin g-lacé réunit lentement Les cygnes de la neige, et surveille invisible L'eau trouble où pâlira leur vol, divinement.

LA DEMEURE TR4NSPARENTE 1^9

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