‹ Profils d'or et de cendreChapitre 67 sur 87 · L'HOMME AUX CARREAUX · texte numérisé non relu

L'HOMME AUX CARREAUX

Ton geste est incertain, ta forme est indécise,

Je ne vois rien de toi que ton ombre aux carreaux

Dont le halo léger et frissonnant précise

Autour de ton dessin' l'éclair de tes flambeaux.

Tu crois vivre et tu n'es déjà qu'une poussière

Aux yeux indifférents du passant qui te voit,

Et qui ne sait de toi que ton geste éphémère,

Infime humanité au fond d'un cadre étroit.

Songe que tes sanglots, ton travail et ta joie

Ne sont pas davantage au delà de la chair,

Que même dans le temps, seul ton corps qui se ploie

Te montre un avenir de plus en plus désert,

Et songe que le geste éternel est le même,

Et que tu l'as appris sans même le savoir,

Et qu'un jour étendu dans son dessin suprême,

Sur les carreaux brûlant pour toi leur dernier soir.

l64 PROFIL d'or et de CENDRE

Tu seras cependant aux reg-ards de la rue Une ombre plus lointaine et que nul ne saura, Par la forme plus vag'ue aux fenêtres parue Que la prochaine nuit rien ne te survivra.

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