L'HOMME AUX CARREAUX
Ton geste est incertain, ta forme est indécise,
Je ne vois rien de toi que ton ombre aux carreaux
Dont le halo léger et frissonnant précise
Autour de ton dessin' l'éclair de tes flambeaux.
Tu crois vivre et tu n'es déjà qu'une poussière
Aux yeux indifférents du passant qui te voit,
Et qui ne sait de toi que ton geste éphémère,
Infime humanité au fond d'un cadre étroit.
Songe que tes sanglots, ton travail et ta joie
Ne sont pas davantage au delà de la chair,
Que même dans le temps, seul ton corps qui se ploie
Te montre un avenir de plus en plus désert,
Et songe que le geste éternel est le même,
Et que tu l'as appris sans même le savoir,
Et qu'un jour étendu dans son dessin suprême,
Sur les carreaux brûlant pour toi leur dernier soir.
l64 PROFIL d'or et de CENDRE
Tu seras cependant aux reg-ards de la rue Une ombre plus lointaine et que nul ne saura, Par la forme plus vag'ue aux fenêtres parue Que la prochaine nuit rien ne te survivra.
l'immobilk départ i65