‹ Profils d'or et de cendreChapitre 70 sur 87 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

Ne rentre pas encor, passant, lève la tête Vers la fenêtre éteinte oii ta chambre s'endort, Rappelle-toi qu'elle est ton unique conquête Et regarde un instant ton rêve du dehors I

Dans le cadre de pierre où les tient la muraille, Les carreaux bleus et noirs attendent qu'au retour L'or pur de tes flambeaux cisèle la médaille, Dont ton profil obscur fixera le contour.

L'ombre qui jusqu'ici te suivit dans la rue Arrêtera soudain son temps mystérieux, Aiguille qui marquait une heure disparue Sur les murs, sur la terre, et parfois sur les cieux.

Regarde et redis-toi : Cette étroite lumière Sera toute ma vie aux regards des passants ! Pourtant je serai plus dans son or solitaire Que dans leur foule obscure où je demeure absent.

Là-haut, sur les objets, aux fils blancs du silence Des souvenirs se sont tramés autour de moi, Souvenirs sans douleur, sans regrets, sans ofiFense, Que les jours ont noués doucement à mes doigts.

Et pour me consoler on dirait que les choses Mortes ont conservé Tiramobile décor Des heures sans désir, et des rêves sans cause. Que mon âme a ravis aux péchés de mon corps.,

L IMMOBILE DÉPART I7I

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