LE SPECTATEUR
La fenêtre est la log-e obscure d'où tu vois Un théâtre infini s'espacer devant toi; Toi-même tu en es l'unique personnag-e. Et la pièce se joue autour de ton visage ; Sur la scène un voyage éternel de couleurs Répand tantôt le froid et tantôt la chaleur, Tes yeux répètent l'ombre et chantent la lumière, Tantôt leur orbe noir semble plein de poussière, Et tantôt fa prunelle éclatante reluit Comme dans le soleil un oiseau qui s'enfuit. Nul n'applaudit jamais, la salle est comme vide, A tes pieds un flot noir roule une nuit liquide Avec un sourd murmure, indifférent et las Qui vient de spectateurs que tu n'aperçois pas. On ne voit plus ton corps ; seul ton visage pâle Réfléchit attentif au-dessus de la stalle
l'immobile départ iS'S
Où tu es immobile et comme prisonnier.
Nul orchestre, nul chant ; seul un bruit singulier Dans la ténèbre froide où ton j^este s'incline Rjthme l'heure profonde au sang de ta poitrine. .
l84 PROF[LS d'or et de CENDRE