LA DERNIÈRE CHAMBRE
Voyag-eur revenu de ton propre mensong^e. Tu ne reverras plus tes îles d'autrefois, Rêveur qui ne crois plus au mystère des songes Et dont le souvenir même n'a plus de voix ! Le miroir s'est éteint dans tes paupières closes, Tu ne vois plus en lui qu'une chambre de nuit, Dont le rideau fermé cache à ceux qui reposent L'anxieuse douleur du fils qui leur survit. Triste chambre que trop de g-ens ont habitée, Qui dorment aujourd'hui loin d'elle, dans l'oubli, Et qui pensant toujours à ceux qui l'ont quittée A fermé pour jamais les noirs rideaux du lit ! Comme un vase brisé où seules des fleurs sèches Peuvent survivre encore à l'absence de l'eau. Gomme une lampe éteinte où des cendres de mèche Ont trop souvent brûlé la veille du tombeau...
l'immobile départ i85
Chambre du souvenir ! où des voix résignées Font entendre parfois un murmure sans mots, Semblable au bruit léger d'une source éloignée, Poussière qui répond à la mort de l'écho ! Et sur ce seuil désert, voyageur immobile, Les yeux toujours remplis d'un unique décor, Tu ne peux oublier combien il est fragile Et qu'il n'attend que toi pour mourir plus encor.
i86 PROFILS d'or et de cendre