LA FIEVRE
Ta douleur est un song-e triste où l'heure fuit.-.
A tes yeux aveuglés, pour parfaire la nuit,
Pose, ô mortel souffrant, le bandeau, où halète,
Rejointe en tes deux mains ta tristesse inquiète,
Que leur fièvre à ta fièvre apporte un peu d'oubli,
Que l'heure sonne en vain ses instants abolis...
Pour ton reg-ard fermé l'espace est sans limite,
Tu n'es plus qu'une vie où le sang précipite
Ses rythmes inégaux qui dépassent le temps...
Ah ! quel sanglot vaudrait ce calme haletant
Qui s'étend sur ton corps comme un sommeil étrange!
La nuit est un jardin secret et lourd de fanges
Où tu serres, malade en toi-même enlisé,
Ton front entre tes doigts comme un miroir brisé.
l'immobile départ 187