‹ Profils d'or et de cendreChapitre 8 sur 87 · LE CLOITRE · texte numérisé non relu

LE CLOITRE

Regarde : le chemin où nous étions tantôt, , Sous les arbres rejoints dans une voûte obscure, Est comme un cloître où sous des colonnades pures Des gens vont en priant pour la plaine en repos.

Tout y est transparent, et parmi les poussières Des fruits d'or sont tombés où mûrit le sommeil. Et le soleil couchant entre ses doigts vermeils Sur les carreaux en croix modèle la lumière.

Il a déjà quitté les bois qui sont là-bas, Et dont le vent bruit conime une eau délivrée, Mais il laisse aux maisons encore inaltérées Cette route dorée entre leurs murs lilas.

Il a voulu pour ceux qui se tournent encore Avant de pénétrer dans la nuit qui les prend, Ce paysage où tout est presque transparent, Et qui semble posé sur un ciel qu'on igfnore.

Il a voulu prêter aux paysans qui vont, Sans le savoir sur le chemin crépusculaire, Cette ombre qui les fait, prêtres involontaires, Pencher sur l'horizon un g^este de pardon.

Et tous deux, arrêtés au milieu de la route, Voyant tantôt la nuit, tantôt ce jour song-eur, Nous taisons reg-ardant les noirs arceaux d'un chœur Où peut-être se plaint un Dieu que nul n'écoute.

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