‹ Profils d'or et de cendreChapitre 84 sur 87 · SOIRS D'AUTREFOIS · texte numérisé non relu

SOIRS D'AUTREFOIS

Parfois je pense à vous dans le présent silence, 0 beaux soirs d'autrefois, qui couriez au matin D'un seul bond, emportant dans votre inconscience Mon cœur ivre déboire à votre sombre vin.

Combien j'aimais alors votre douce amertume, La chambre où je rêvais était votre cadeau, Et, joyeux d'être seul, j'oubliais votre brume... Le monde s'arrêtait aux plis de mes rideaux.

est des bassins noirs, verdis, couverts de mousse, )ù l'eau ne chante plus près des marbres éteints, )n l'orag-e illumine et la pluie éclabojsse Un chant mélancolique, éphémère et lointain.

Ainsi suis-je aujourd'hui; feu qui n'est plus que cendre, Miroir brisé, miroir, où, visage blessé, Je demande au passé qui ne peut plus m'entendre Les beaux rires dansants que je lui ai laissés.

Douceur de s'accouder le soir près de la lampe, Et d'écouter les pas s'en aller un à un, Et puis, comme une fleur qu'on caresse à ses tempes, Goûter la solitude et le temps opportun.

Savoir que de beaux vers viendront sans qu'on le veuille, Puisque on est jeune, triste et seul, pensivement! Sentir le fruit tomber sans que la main le cueille, Désir sans amertume... anéantissement...

Mais être seul, rêver d'oubli, trop se connaître, Mais avoir trop longtemps souffert en se taisant, Avoir caché sa vie au plus profond de l'être. Rechercher le passé dans un vide présent!

0 miroir douloureux ! pauvre miroir des heures, 0 visage qui suis l'histoire des saisons, 0 cœur qui ne crois plus aux plus sublimes leurres. Infini d'une nuit qui n'a plus d'horizon !

L IMMOBILE DEPART

C'est le même silence, et c'est la même lampe ! 0 beaux fruits d'ombre et d'or, mystérieux verger, Votre brise caresse encor parfois mes tempes, Mais je pars la main vide, ainsi qu'un étrang-er. . .

PROFILS D OR ET DE CKNr»RE

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