L'AUBE
L'aube vient à pas lents tremper d'eau ma lumière Qui vacille et faiblit dans le jour incertain, Les roses d'hier soir sont mortes dans le verre, Leurs pétales tombés ont glissé sur mes mains.
La chambre a l'air de vivre un lendemain de fête Par ses fleurs effeuillées et sa lampe qui meurt. Ah ! de quels rendez-vous et de quelles conquêtes Dans cette aube qui naît te souviens-tu, mon cœur ?
Tu t'es toute la nuit grisé de tes m.ensong'es. Les mots qui t'enchantaient pâlissent maintenant, Et, danseur revenu du carnaval des songes, Tu t'éveilles devant le matin frissonnant.
l'immobile DEPART 2O7
Tu n'as eu de ce bal que l'heure déchirée
Où les masques tombés roulent sur les parquets !
Sauras-tu en goûter la tristesse enivrée,
Et, privé de sa joie, adorer son reg-ret ?
0 SOiMMEIL !
0 sommeil, dans le lit où ta nuit va m'étendre, Je ne désire plus ni l'amour ni l'espoir... 0 mes rêves d'antan, ne heurtez plus au soir Le sombre vol de votre cendre !
Un papillon de nuit, prisonnier de ces murs, Se cog-nera jusqu'au matin contre leur pierre: On dirait le son mat et profond de la terre
Tombant sur un cercueil obscur...
0 rêveur, si la joie échappe à ta pensée, Si tu la veux en vain, ne t'en étonne pas ! Le soleil changée peu, mais d'infinis trépas L'ombre mortelle est nuancée I
l'immobile départ 209