‹ Profils de théatreChapitre 5 sur 32 · BLA>CHE BARRETTA · texte numérisé non relu

BLA>CHE BARRETTA

fille, d'une grâce et d'un esprit tout parisiens. Oui, vraiment Avignonnaise, et son compatriote, M. de Pontmartin, nous a souvent dit qu'il retrouvait en M"^ Barretta la finesse aiguisée et la séduction alerte de ses jolies payses de Villeneuve-lès-Avignon .

M"* Barretta grandissait, d'ailleurs, à Paris, en se disant que c'était bien tentant et bien charmant, le théâtre, et que cette M"* Sarah avait bien de la chance, qui savait déjà, elle, combien vous grise un bravo ! Blanche Barretta se contentait encore des applaudissements récoltés à sa pension et des compliments du curé de sa paroisse.

Elle voulait pourtant mieux que cela. Elle voulaitêtre actrice pour tout de bon. Les parents s'y opposaient tout en la laissant jouer, dans le Supplice d'une Femme, à la Comédie-Française même, le rôle de la petite fdle qui traverse le drame en montrant son gentil sourire. Puis, M"* Barretta entrait au Conservatoire, et M. Régnier la regardait déjà comme une des élèves qui lui feraient le plus d'honneur. Avec quelle bonté et quelle sûreté de coup d'œil il la consolait, lorsque M"*^ Barretta attendant, méritant un premier prix, n'en obtenait qu'un second, contre toute justice ! (( Console-toi, mon enfant, disait

l'excellent professeur, c'est Tavenir qui te donnera ce prix-là, et sous une autre forme ! »

Il avait raison.

M*'" Barreta fut engagée à TOdoon après le concours, et elle y débuta avec M"' Broisat, qui en était alors à ses premiers pas, à Paris, dans une pièce de ce pauvre Plouvier, qui se débattit toute sa vie entre le réalisme et la fantaisie, sans savoir choisir.

M"** Barretta jouait une gentille pensionnaire au couvent, dans la Salamandre, d'Edouard Plouvier; elle montrait bientôt la grâce et la mutinerie d'une toute jeune lille dans le Gilbert, de Paul Ferrier; puis fort remarquée dans le Petit Marquis, de Goppée et d'Artois, elle était vraiment fort touchante encore, et d'une grâce particulière dans la jeune fille qu'empoisonne V Aïeule, lors de la reprise du drame fameux de d'Ennery et Charles Edmond.

Déjà, M''^ Barretta avait, auprès du public parisien, gagné sa cause. Elle était aimée et classée. On se souvient de cette espèce de tournoi entre M''^ Reichemberg, M"^ Legault et M"^ Barretta jouant, toutes les trois : F Ecole des Femmes, M"^ Reichemberg, au Théâtre-Français, M"* Legault, au Gymnase, et M"* Barretta, à l'Odéon. Les revues de fm d'année s'en mêlèrent et nous

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