TU ADMIRES, DONC TU N'IMITES PAS
adopte avec frénésie. On nommerait aisément plus d'un poëte et plus d'un critique qu'elle a improvisés grands critiques et grands poètes le jour où ils ont déserté l'art contemporain, et qui sont glorifiés surtout d'avoir été lâches et traîtres.
Il y a d'autres esprits qui ne veulent pas de cette gloire-là. Il y a ceux qu'on n'intimide pas, ceux qui disent leur pensée sans regarder s'ils y gagnent ou s'ils y perdent, ceux qu'on ne fait pas taire. On peut les appeler comme on voudra, ils n'atténueront pas leur admiration, ils l'exagéreraient plutôt, ils ne déserteront pas le génie, ils le chercheront, ils le fréquenteront , ils iront à lui en public. Et ils donneront cela comme une preuve de leur indépendance, car on n'évite dans la rue que ses créanciers. Ils savent bien que Dante peut acclamer Virgile à chaque tercet sans que la Divine Comédie soit Ylùiéide, et ils se contenteraient à la rigueur d'être les Dante de Victor Hugo.