‹ Profils et types de la littérature russeChapitre 17 sur 148 · Ben Jousou, daus Volpoue · texte numérisé non relu

Ben Jousou, daus Volpoue

littéraire triomphe parallèlement. Français échaudé devrait rtre plus métiant. Quel enthousiasme jadis pourOssian, pour ce « monstre informe, qui s'abattit comme une épidémie sur le siècle énervé »> (G(ethe). Que de sottises débitées gra-

vement sur ce barde ! Elait-elle assez sincère et régénératrice, cette épopée ! L'Ame du Peuple (Foi, Sincérité, etc.) y soufflait en ouragan. Tn beau jour on découvrit la supercherie. Macpherson aussi avait eu la foi... dans la bêtise humaine; il a dû tant rire qu'il s'abrégea Texislencc. Et lesCAan/s sla\)ps î L'histoire date de 1822, d'hier. <« Si je visite le Danube et l'Adriatique, je vendrai peut être bien mes Impressions de voyage ; mais si je vends d'abord mes Impressions, j'aurai de l'argent pour voyager ^». Ainsi raisonna Mérimée, et il publia La Guzla^ Choix de porsies illyriques, recueillies dans la DnlmatiP^ la Croatie^ la Uomie et fHe.rzé^ govine. Exclamations enthousiastes des amis de l'Ame du Peuple ; joie des savants devant ces documents précieux. Les slavophiles eux-mêmes, Mieçkiewicz à leur tête, ne doutèrent pas de l'authenticité, et Pouchkine traduisit, dix ans après, cet amusant pastiche.

Cela ne prouve pas, certes, que les épopées russes soient une supercherie littéraire; mais cela prouve que les poésies dites populaires sont un tel ramassis de lieux communs, que l'imitation en est banale. « Les poèmes nationaux tournent dans un cercle étroit. Ils sont donc monotones, exprimant toujours un seul et même état borné », écrivait (iœthe, précisément en iS22. Que les Husses goûtent ou vénèrent ces bvlines, à merveilh* ! Mais il faut avoir la lovauté d'affirmer que les Français ne trouveront dans vos platitudes ni l'utile ni l'agréable. Partout de même. Prenez notre plus célèbre byline : des gens très habiles nous ont exalté La Chanson de /{(tland^ l'ont introduite dans les programmes univemtaires; tout allait être régénéré. Eh bien, voici l'opinion d'un écrivain non moins habile mais plus franc : « Tant que cette Iliade carlovingienne n'était pas traduite, l'illusion était possible... Que ne l'a-t-on enfermée

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