IMPORTANCE DES MYTHES ET DES ÉPOPÉES
SOUS triple serrure! On lui a fait le plus ^rand tort de ravoir ainsi mise à la portée de tout le inonde... La Chanson de Roland n'a pas de commencement, car la trahison de Ganelon y est sans cause; elle n'a pas de fin, car... Elle n*a pas de centre... » (Brunetière \ Études critiques). Donc la Chanson de Roland est un poème sans queue ni tête; et puisqu'elle ne mérite pas le piédestal sur lequel on Ta hissée, les bylines russes méritent -elles davantage de Tétre, hissées? I^s slavophiles eux-mêmes se moqueraient de nous. Relevons quelques aveux :
A. Tout le fatras des poésies populaires ne vaut pas un sonnet vraiment littéraire. (Biélinski.)
B. Aucune différence nette dans Texpression... Formes et tournures conventionnelles, dès longtemps moulées et invariablement répétées. (Porphiriev.)
C. Quand donc, petite mère Russie, entendras-tu un mot raisonnable, vivant, juste? Ces balivernes, imaginées par des ivrognes... (Pogosskï, dans son Musicien,)
D. Indigence de faits... Monotonie de ces traditions.. .Beaucoup de ces bylines sont grossières, brutales, même cyniques (OsTRor.oRSKi). Et cet auteur reconnaît qu'il faut, pour lire ces épopées avec sens, « tailler, abréger, choisir » et que c'est \h un grand travail. Bref, les accommoder au goût des honnêtes gens, ce qu'entreprirent les premiers collecteurs de ces chants, Fopov, Tchoulkov, entre autres; le comte Tolstoï à son tour; preuve que l'original leur semblait indigeste. Chez nous, M. Léon Gaulier a des raisons personnelles d'aimer l'épopée du moyen âge; néanmoins ses héros lui paraissent « des visages stupidement impassibles. Le sang humain no circule pas dans ces corps qui ont des ressorts au lieu de veines et au lieu d'Ame ^ >» Que