‹ Profils et types de la littérature russeChapitre 32 sur 148 · NAÏVETÉ DES PETITS-RUSSIENS · texte numérisé non relu

NAÏVETÉ DES PETITS-RUSSIENS

SOUVENIR DE l'iNVASIOîI *

Au temps où les Tartares criméens behourdaient avec les riverains russes, trois Cosaques, n'estimant horions et riottes à joie, enfilèrent la venelle. L'un se tapit derrière une meule de foin, en plaine; l'autre rampa dans un pertuis, et le tiers vilain tira ses grègues sur un arbre. Oyant belle meule, les mécréants boutent dessus et fourragent à brassées pour empifîrer leurs montures. Le Cosaque à croupetons les guignait et se guermentait en son estimative, si quMl cria : « Foin des butors! c'est scandale et leur fait n'est que moquerie! Qui oncques fourrage à brassées? Quiers la fourche, butor! » Les Tartares grippèrent l'aubaine et, le gars se trémoussant comme un beau diable, ils le festoyèrent d'un banquet de nazardes entrelardé de doubles chiquenaudes, quand soudainement entendirent braire en chrétien : « Cancres, ôtez-vous de là! Vous serez battus si vous ne le laissez, et aurez de ma main un masque sur votre paillard visage! » Et derechef fut un Cosaque troussé au col. A tant le tiers compagnon se fâcha, personnage vieux et de sens rassis, lequel, tout marri du meshaing des pauvres roupicux et déconfits, s'avisa de les semondre et de vaticiner dans les branches, n'étant muet et sourd de naissance : « Ah, les fols enragés, faisant abus de langage! Était-ce point piailler à contre-sens? Dictez Amen et faites chut! Mahom vous guette... » Lors fut déniché Toiseau sans plumes.

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