‹ Profils et types de la littérature russeChapitre 49 sur 148 · VOYAGEURS RUSSES : ANTOINE, STÉPHANE, ETC · texte numérisé non relu

VOYAGEURS RUSSES : ANTOINE, STÉPHANE, ETC

volumes, il semble n'avoir pas attaché plus d'importance qu*àun fait-divers. De Baudoin, roi de Palestine, il loue la complaisance (à cause de la lampe) et parle d'autre chose. Le chef des Croisés, le guerrier au glaive vengeur, l'intéresse moins que le sacristain, bon enfant, sensible au petit pourboire, utTio Majo, — et voilà la gloire et ses fumées !

Le succès du livre est attesté par les nombreuses copies et par les imitations. Porpbiriev (1, 414) mentionne An^ loine, qui visita Constantinople à la fin du xii° siècle, quatre ans avant le sac de cette ville par les Croisés. Les Byzantins exhibèrent à cet archevêque (de Novogorod), naïf à l'excès, les Tables de Moïse, une boite de manne recueillie par Aaron, une planche du cercueil divin, la scie du menuisier qui fabriqua la Croix, une des trompettes fatales à Jéricho et devant resservir au Jugement dernier, la canne que Moïse brandit sur la mer Rouge, une croix taillée dans le cep planté par Noé et autres merveilles dignes du récit de Boccace*.— Stéphane^ pèlerin du xiv® siècle, les retrouve revues et augmentées, ne les suspecte mie, dit sa joie de revoira Byzance des compatriotes réputés défunts, sagement occupés à copier des manuscrits pour le compte de lu Russie, mais plaint le perpétuel pourboire exigé dans les églises (PoRPUiRiEv, I, 464). Pas un mot non plus sur la politique. Après lui, apparaît la formule voyager pour affaires.

« Basile (\\i\ visita Jérusalem en 1465, était un laïque, un commerçant ; il mentionne les fortifications, les marchés, les moulins. » [Ibid,^ 501.) — Le voyage en Italie du prêtre Siméon rompt l'indifTérence de la Russie aux choses de l'Occident ; les rues canalisées, les fontaines publiques, les horloges, etc., lui révèlent une civilisation nouvelle, un confort supérieur aux dorures. Un de ses compagnons, Abraham, évéque de Sousdal, décrit un mystère joué à Florence, TAnnonciation de la Très-Sainte Vierge (Porpuihiev,

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