IVAN IV
IVAN IV. — LE STOGLAV. — LE DOMOSTROÏ. — LE PRINCE KOIJRBSKL — L'HISTOIRE SUCCÈDE A LA CHROiNIQUE. - BORIS GODOUiNOV.
Quand tout dans le monde va de mal en pis, qui de nous n'a souhaité voir un Hercule surgir et taper dans le tas? Les coups de massue assénés en plein Jour contentent^ après les infamies commises dans l'ombre. Tombe la foudre et que lesgredins tremblent!... Sans louer les tyrans, sans éprouver pour eux la. pitié suprême de V. Hugo, j'avoue que je pardonne souvent au despote en faveur du justicier. Comptez ce que coûtèrent à la France les rois aimables, depuis la sainteté de Louis IX jusqu'à la bonhomie de Louis XVI ! Leur règne est une course à la ruine; tandis que sous Louis XI, froidement féroce, sous Richelieu impitoyable, le pays prospère. 11 ne s'agit pas d'être bon ; car la charité se fait toujours aux dépens de quelqu'un; il s'agit d'être juste. Un roi bon est bien près d'être un roi fainéant.
C'est pourquoi un historien russe écrit loyalement : Le mieux commence avec Ivan le Terrible,.. Par leur cupidité^ leur mépris du bien public j de la vie et de V honneur d' autrui, les Chouïski et consorts [les boïars) ont préparé le fléau : Ivan le Tenûble » (Soloviev). En effet I Enfant, il ne voit autour de lui que crimes et fourberies; ses instituteurs le traînent dans les plaisirs vils et tapageurs, l'enivrent ; puis, pour le contraste, lui marchandent la nourriture *, le mettentàgenoux durant de longues heures, l'épouvantent par la description des chaudières bouillantes de l'enfer ; puis quand le pauvret, terrorisé par les cauchemars^ sue la fièvre, ils